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  • : Et si notre réponse au pic du pétrole, aux changements climatiques et aux crises économiques ressemblait plus à une fête qu'à une marche de protestation ?
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logo-transition-network.gifAth en Transition fait partie du Transition Network, avec plus de 1100 villes et territoires dans le monde. C'est une progression extraordinaire que le mouvement citoyen et mondial de la transition connaît depuis la fin 2006.

Le mouvement se structure maintenant aussi chez nous avec le Réseau Transition Wallonie - Bruxelles.

Agenda

15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 09:41

Affiche-ATH2030-Concours-Nouvelles.jpg

 

Voici une visualisation d'un avenir possible et positif après la transition. Elle a été  écrite pour le concours de nouvelle organisé par la MCA dans le cadre de sa campagne "Ath 2030".

 

Dis, Grand’Père, comment vous avez fait ?

Nouvelle basée sur un texte d’introduction de Michel Voiturier intitulé “Printemps Sauvage”.

Texte d'introduction :

 

Comme lors de chaque changement de saison, les services communaux chargés de la décoration de la ville s’étaient démenés. Chaque rue, place, rond-point d’Ath et des villages d’alentour avaient été garnis de fleurs et plantes les plus divers. La cité avait l’air d’être au printemps avec quelques semaines d’avance.

Une véritable toilette écologique. Un signe que dans la cité, il y avait, en dépit, des drames qui secouaient la planète, de la misère d’une partie de la population, une sorte d’évident plaisir à être d’ici. Oui, c’était bien là l’image que les responsables avaient envie de donner aux citoyens du cru comme aux visiteurs de passage.

Cependant, les vicissitudes de l’économie mondiale, gangrenée par les spéculateurs irrationnels et les mécanismes fous des marchés, engendrèrent une vague quasi mondiale, en tout cas européenne, de réclamations, insoumissions, revendications, protestations dont l’accumulation se cristallisa en une grève massive et générale à travers les pays de l’Union.

Cela dura d’abord un mois. Plus personne donc pour s’occuper de l’arrosage et de l’entretien des éléments floraux dispersés sur le territoire athois. Par bonheur, la météo, très belge, comptabilisa une statistique affolante de jours de pluie qui ne découragea pas les grévistes et profita aux floralies.

Un matin, les gens qui sortaient de chez eux pour glaner de la nourriture ou pour manifester constatèrent que, partout, les plantations avaient commencé à s’étendre. Sur le macadam, dans les caniveaux, sur les façades parfois, dans les parkings, sur les trottoirs. 

 

...début de notre visualisation...

 

”Tout ça, c'était il y a quinze ans, en 2015”, dit Grand-Père, la voix tremblante, visiblement ému d'évoquer ces souvenirs à ses petits enfants, Valentin et Clara.

Il continua son histoire... “C'était le début d'un mouvement, qui était jusque là minoritaire, et qui a fini par nous permettre de vivre mieux. Cela a eu un effet très positif sur la vie dans notre ville.

Ce mouvement a permis un changement pas à pas. L'ancien monde que vous n’avez pas connu était très égoïste et très dur. Il était dominé par l’argent et les gens avaient peu d’importance. Cet ancien monde polluait et détruisait la vie sur Terre, beaucoup d’espèces de plantes et d’animaux disparaissaient, et on devait toujours travailler et courir partout, on n’avait pas beaucoup de temps pour la famille et les amis. Par rapport à maintenant, les athois n’étaient pas très heureux... Dans le monde d'aujourd'hui, on vit beaucoup plus en harmonie avec nous même et avec la nature, le partage des richesses est aussi beaucoup plus juste.

 

C'est grâce à ces grands changements qui ont commencé il y a 20 ans qu'aujourd'hui, en 2030, vous avez la chance de grandir dans une ville où l’on a le temps d'être ensemble. On est bien plus heureux qu’avant et on a maintenant confiance en l'avenir”.

 

Clara demanda alors: “Grand’Père, c’était quoi ces histoires de gens qui sortent dans la rue et voient plein de plantes?”

 

“Oui, Clara”, répondit Grand’Père avec un sourire bienveillant, “j’y viens tout de suite. Ce jour là, en sortant dans la rue, les gens se sont demandés d'où venaient ces plantations qui remplaçaient les routes et embellissaient les façades des maisons. Ils ont remarqué également que de belles affiches représentant des photos de nature ou des œuvres d'art avaient été placardées en lieu et place des panneaux publicitaires”.

 

C'est à ce moment que Grand-mère est intervenue pour dire ceci : « Vous savez les enfants, votre grand père ne le dit pas, mais lui et moi, nous avons participé au lancement de ce grand mouvement !».

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Les enfants ouvrirent grand les yeux d'étonnement. Ils regardèrent leurs grands parents avec curiosité et admiration.

Grand’Père et Grand’Mère étaient fiers de voir la réaction de leurs petits enfants. Grand-mère proposa alors de continuer l’histoire plus tard et de profiter du beau temps de ce samedi pour aller se promener et faire quelques emplettes tous ensemble, en cuistax à assistance électrique.

 

Grand’père ajouta : “c’est depuis une dizaine d’années que ces véhicules sont devenus le principal moyen de locomotion pour les courtes distances en famille. Il est vrai que cela va moins vite et moins loin que les voitures d’avant, mais c'est aussi beaucoup moins dangereux et beaucoup plus convivial. Cela s’entretient facilement et ne pollue pas à l’utilisation. Et on pédale en plus. Les enfants, c’est pas bon ça? Et puis, de toutes façons, les carburants, c’est bien trop cher et rare aujourd’hui. On a laissé ça aux pompiers, aux médecins, aux urgences de la vie. Et pour aller plus loin, les bus et les trains sont faciles à utiliser et pas chers”.

 

La promenade en cuistax emmena d'abord Clara, Valentin et leurs Grands-Parents en centre ville. Il faut dire que depuis qu'il n'y a presque plus de voitures, la plupart des routes sont maintenant réservées aux piétons et cyclistes. Le macadam et les pavés ont laissé la place, le long des chemins de promenade, à des vergers-potagers collectifs où les parfums de fruits et de fleurs flattent les narines. Il y a aussi beaucoup plus d’aires de jeux pour les enfants, des endroits pour la lecture ou le repos, des kiosques pour les fanfares et autres groupes de musiciens qui s'y produisent ou donnent des cours de musique. On a également vu se multiplier les terrains de sports en ville, ainsi que des zones pour la vente de produits des fermes environnantes. Il y a même des espaces dédiés à divers types d’expressions artistiques : arts de rue, peinture, dessin... La rue est devenu un véritable lieu de vie et de rencontre.

 

A la demande de Grand’Père, ils s’arrêtèrent un instant. Il tailla une bavette avec un ami d’enfance assis, là, sur un banc tandis que les enfants faisaient un tour sur le nouveau manège solaire.

 

Ils reprirent leur chemin jusqu’à la Tour Burbant : “Regardez les enfants, que voyez vous sur le mur ensoleillé de la tour ?” demanda Grand’Mère.

 

Clara répondi : “Ouais ! Les fraises sont mûres sur le mur... On peut aller en cueillir Grand’Mère ?”

 

Elle répondit : “Mais bien sûr c’est fait pour ça. Mais regardez plus haut ! Que vois-tu Valentin ?

 

 

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Valentin : “Waouh... Des zharicots de murs, super...! ”.

 

Clara ajouta :“Regarde là, sur l’affiche, il y a un concert cet après-midi. On viendra, dis ?”

 

En effet, depuis une dizaine d’année, les habitants du quartier font pousser fruits et légumes le long des murailles et dans des potagers en carré. Ces activités donnent une nouvelle jeunesse au site culturel où l’on aime aussi se retrouver aux différentes époques de l’année... Selon la rotation potagère, bien sûr!

 

La prochaine étape emmène nos amis à l'Esplanade : Clara a reconnu une copine de classe, elles se sont précipitées ensemble vers les toboggans pendant que Valentin fonçait sur les balançoires de la grande plaine.

Ils glaneront ensuite quelques framboises savoureuses dans les vergers qui jouxtent les terrains de jeux. Grand mère quant à elle en a profité pour aller chercher une amie d'enfance qui vit dans un des habitats collectifs du quartier où jeunes et vieux vivent en belle harmonie. C’est une chouette occasion de parler quelques minutes sur un banc, d'où elles regardent les enfants... Les jeux sont souvent suivis de belles histoires racontées aux petits par les mères-grands.

 

Pendant ce temps là, Grand’Père est allé chercher du jus de pomme et un peu de vin de fruits récoltés sur place par la coopérative « cofruitsains », qui s'est installée à côté depuis que le parc s'est petit à petit transformé en un verger de promenade. Avec le climat qui s'est réchauffé, de nouvelles variétés poussent maintenant par ici. A côté des traditionnelles pommes et poires, on trouve aujourd’hui dans les parcs et le long des chemins des prunes, des tomates de toutes tailles, couleurs et saveurs, des abricots ainsi que diverses variétés de framboises, cassis, groseilles, fraises... Ou encore des noix, châtaignes, noisettes... Que du plaisir pour le palais, que d’odeurs ennivrantes!

 

De retour, non sans avoir dégusté un bon verre de Gouyasse bio en rigolant avec quelques copains, Grand-Père s’est assis pendant quelques minutes sur le banc à côté de Grand-Mère et son amie. Il sera bientôt midi, les parents de Clara et Valentin vont revenir de leur travail !

 

Grand’Mère dit à son amie : “Quel bonheur depuis que le travail à mi-temps s'est généralisé... il y en a pour tout le monde aujourd’hui... et quel plaisir pour les parents de voir les enfants grandir et de pouvoir s’en occuper sans courir tout le temps comme avant...”.

 

Son amie ajoute : “C’est vrai qu’au départ on avait peur de voir notre niveau de vie baisser. Heureusement qu’avec le retour de la solidarité dans les quartiers et l’augmentation des échanges de services avec les voisins, c’est finalement le contraire qui s’est produit, on vit bien mieux aujourd’hui, et on a besoin de moins d’argent”.

 

“Oui”, dit Grand’Père, “on peut aussi jardiner et acheter ce qui est nécessaire pour pas cher. La ville a bien fait de faire le choix de favoriser l’installation de coopératives qui regroupent des maraîchers et des cultivateurs de céréales proches de la ville et dans les villages. Aujourd’hui notre Cité des Géants est presque autosuffisante pour son alimentation qui est bien meilleure... Si on ajoute le choix qui a été fait de favoriser le retour de haies, de bois et de forêts en bordure de la ville et dans les villages comme à Mainvault et à Ormeignies, et de demander aux habitants de les gérer de façon durable dans les comités de village et de quartier ! Maintenant le chauffage des maisons est facile et meilleur marché. On peut même ramasser du bois mort gratuitement. Quel plaisir !”.

 

Grand’Mère approuve et ajoute que même si certains regrettent un peu les appareils électroniques et la facilité de consommation d'avant, ils reconnaissent qu'ils sont surtout heureux d'avoir retrouvé le plaisir d'être ensemble et de vivre plus harmonieusement dans un même quartier.

 

L’amie de Grand’Mère intervient à son tour : “Savez-vous aussi qu’ils ont dû recycler la moitié du personnel de la police en entraîneurs sportifs?... La délinquance, on n’en parle presque plus!“

 

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Il est maintenant midi sonné. Le papa et la maman de Clara et Valentin doivent terminer leur matinée de travail à la coopérative pépinière athoise du Faubourg de Bruxelles.

 

Cette entreprise a pris la place d'une ancienne zone commerciale. Il faut dire qu'avec la diminution progressive du nombre de voitures, les grands parkings et les surfaces commerciales ont été réaffectés à des entreprises locales: serres et pépinières de légumes s’y sont installées en pleine ville.

 

Plus besoin de voiture pour faire ses achats, ni de camions pour le transport. Ouf, on respire aujourd’hui!

 

On y trouve par exemple des légumes à repiquer, de la farine des moulins de Moulbaix et d’Ostiche, mais aussi des œufs issus des poulaillers nourris avec les restes de cuisine ou avec du grain des fermes environnantes. On y élève aussi quelques canards et lapins en plein air, mais ce n’est plus comme au temps où on mangeait de la viande tous les jours...

 

Toute cette nourriture locale et bon marché est maintenant biologique et de saison depuis que l’on a montré que les engrais et pesticides ne sont pas nécessaires. Ces changements dans la qualité de l'alimentation et de la vie se sont accompagnés d'une augmentation de la biodiversité et d’une diminution spectaculaire des maladies et des dépenses de sécurité sociale, c’est le Ministre de la Santé, de la Nature et des Finances qui doit être heureux!

 

L’heure du retour a sonné ! Grand’Mère et Grand’Père saluent leur amie et appellent les enfants pour rentrer à la maison. En chemin, ils longent la Dendre et le canal Ath-Blaton où l’eau est maintenant tellement propre qu’à côté des pêcheurs, certaines zones sont aussi réservées aux jeux d’eau et à la baignade.

 

Clara demande : “Hé, on pourra venir faire un tour en Pédalo cet après-midi ? Il fait tellement beau !”

 

Et Valentin qui répond : “ Ah non, moi je voudrais aller au concert, je ne veux pas aller dans l’eau, je ne sais pas nager !”

 

Grand’Mère leur répond qu’il faudra en parler avec Papa et Maman, car cet après-midi elle voudrait faire de la peinture avec ses amies et que Grand’Père donne des cours de jardinage à la maison de quartier.

 

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La maison est en vue, Papa et Maman sont déjà arrivés. Ils sont au potager pour prendre quelques feuilles de salade, de menthe et des tomates pour le dîner. Clara et Valentin courent les embrasser. Grand’Père ouvre une bouteille de jus de pomme de l’Esplanade et une bouteille de vin de fruits. On sort la table, les chaises et le parasol. Le repas promet d’être savoureux.

 

Le temps passe agréablement. Grand’Père et Grand’Mère vont quitter la famille pour se rendre à leur activité de l’après-midi.

 

Au moment de les embrasser, Valentin demande : “Mais Grand’Père? dans ton histoire ce matin, tu ne nous a pas dit comment vous aviez fait pousser si vite les plantes dans les rues et sur les maisons ?”

 

Grand’Père échangea un regard malicieux avec Grand’Mère et dit « Ça, c'est une autre histoire... que je vous raconterai une prochaine fois... ».

 

JD.

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Published by Ath en Transition - dans Les projets d'Ath en transition
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