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logo-transition-network.gifAth en Transition fait partie du Transition Network, avec plus de 1100 villes et territoires dans le monde. C'est une progression extraordinaire que le mouvement citoyen et mondial de la transition connaît depuis la fin 2006.

Le mouvement se structure maintenant aussi chez nous avec le Réseau Transition Wallonie - Bruxelles.

Agenda

24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 12:19

AeT-Cultures-en-transition-IMG_9547.jpg Voici un compte rendu des échanges avec la salle à la suite de la projection en avant-première du film "Cultures en transition", à Ath, en présence de son réalisateur, Nils Aguilar.

 

 

Public : Le reportage à Cuba (NDR : qui a connu un pic pétrolier avant l'heure) est encourageant car ils avaient peu de moyens et ont trouvé des solutions. C'est inspirant pour nous.

Rem : Ils en sont arrivés là par obligation !

 

Nils : Le vrai défi ici, c’est de le faire alors qu’on y est pas obligé, qu’on est pas dos au mur, avec le sourire.

Nils nous explique que le film a pris 4 ans pour naître, l’envie de le réaliser est née à la lecture du livre de Claude et Lydia Bourguignon « Le sol, la terre, les champs » et d'autres de ses interventions dans des reportages, qui lui ont fait prendre conscience de l’urgence de la situation. Au début le sujet était la souveraineté alimentaire, il a ensuité découvert la transition et c’est naturellement qu’il en est venu à en parler dans le film.

 

Public : Le film parait court (1h05) et est très dense, il y a beaucoup d’informations. Comment le lien entre la transition et Cuba s’est-il fait ?

 

Nils : Ce qui s’est passé à Cuba n’est pas directement lié aux initiatives de transition, même si les solutions apportées sont parfois du même ordre. Le terme "transition" a été évoqué quelques fois, cela s’est fait naturellement sur base de solutions collectives. 

Historiquement, Cuba fonctionnait avec le bloc soviétique sur base de troc sucre contre pétrole. C’est la chute du bloc soviétique a entrainé une chute de 80% de l’offre pétrolière à Cuba du jour au lendemain. Il a donc fallu chercher des agronomes se passant de pesticides et de pétrole par nécessité.  C'est très instructif pour nous car nous allons progressivement avoir moins de pétrole ici aussi.

 

Public : Il faut que le film soit accessible aux jeunes, projeté dans les écoles, est-ce prévu ?

 

Nils : Je n’ai pas voulu faire un film pédagogique, pour enfants, cela aurait ralenti le film car c'est très difficile. Le film vise un public adulte, avertit car mon but et qu’ils puissent lancer au plus vite des initiatives de transition. (Il va être projeté dans une école supérieure de la réion Liégeoise). Nils conseille un autre film « agroforesterie produire autrement » qui a plus pour but de toucherun public d'agriculteurs. (NDR : le film "Voyage entre sol et terre" est aussi très intéressant pour un public d'agriculteurs ou d'intéressés).

 

AeT-Cultures-en-transition--IMG_9556.jpgAth en transition : Il y a un centre de recherche agricole qui pratique l'agroforesterie à Strée (région de Huy). Dans la transition, tous les âges sont importants. Les âgés ont aussi un rôle important également. Ils sont des ressources communautaires car ils ont vécu dans un monde où on consommait beaucoup moins d’énergie et ont donc beaucoup à nous apprendre. On a besoin de toutes les générations pour la transition.

 

Public (agriculteur) : On a vu le film, on rentre chez soi et après ? On a déjà fait beaucoup de choses à Ath (Ex : Coprosain) Mais au niveau global, ça continue… L’agriculture paysanne fond au soleil ! Demain on aura plus de pétrole mais aujourd’hui l’agriculture industrielle en dépend énormément ! Les terres doivent être léguées à des jeunes qui ont des projets en agroécologie et agroforesterie, c’est de là que des changements importants pourront venir.

 

Public : Le film parait comme une évidence. Mais si des gens ont envie, comment est-il possible de se lancer, il faut gagner sa vie ? Le phénomène de la transition s’adresse à d’autres gens que les agriculteurs, aux citadins, aux ruraux,…

 

Nils : Le but du film et d’encourager un changement de l’agriculture, de toucher les paysans qui bossent en conventionnel. La politique agricole commune (PAC) a entrainé l’élimination des arbres et des haies mais les choses ne sont pas figées. En 2004, la PAC va connaître une nouvelle réforme. 2013 doit être une année de changement. (Lobbying politique du libre échange). Les assoc doivent sensibiliser sur cette date.

 

Public : Comment se mettent en place les monnaies locales ?

 

Nils portrait carré copie pour festivalsNils : Le mouvement des villes en transition possède un trésor d’outils pour engager la résilience. La monnaie locale est un outil puissant pour que les richesses d’une région ne soient pas drainées vers des paradis fiscaux. Concrètement, une monnaie locale est gérée par une association locale et soutient l'économie et les associations locale. A Mons, le groupe local Finance Ethique a lancé le "ropi" en partenariat avec une école. L’argent récolté sert à financer des projets allant dans le sens de la transition (permaculture,…).

En temps de crise les régions qui ont une monnaie locale fonctionnent mieux, elles ont une meilleure résistance. (Les réseaux mondiaux dépendent du pétrole)

Astuce de la monnaie locale : Elle n’est pas capitalisée, c’est une monnaie "fondante", il ne faut pas la garder sous l’oreiller mais elle sert à faciliter les échanges au niveau local.

 

Public : Il faut que cette monnaie soit reconnue par tout le monde…

 

Nils : Toutes les monnaies ont la valeur que l’on veut bien leur donner. Les commerçants sont partenaires, mais cela ne fonctionne pas dans tous les commerces, il faut une certaine éthique. (Commerce équitable, Bio, artisanal,…)

On remarque que les commerçants fonctionnant avec une monnaie locale augmentent leur clientèle.

 

Ath en transition : Un autre avantage de la monnaie locale est la cohésion sociale, cette monnaie a une identité locale assez forte (Ex : ROPI à Mons, tire son nom d’un personnage emblématique de la ville).

On ne doute pas qu’Ath il soit possible de trouver une monnaie locale faisant référence à l’identité culturel,…

 

Public : En 14 – 18 il existait les jetons communau, cela ressemble à une monnaie locale. Aujourd’hui il existe aussi les systèmes d’échange locaux (SEL) qui consiste à échanger son temps (ex à Ath : Bouts de fiSEL).

En Allemagne, ils n’ont pas le droit de payer les employés en monnaie locale, par contre, certaines entreprises paient les congés payés et la prime de fin d'année en monnaie locale. Il est parfois aussi possible de payer ses taxes communales en monnaie locale. En Angleterre il y a déjà 80 villes qui possèdent une monnaie locale.

Quelqu'un propose de baser la valeur de la monnaie locale sur celle d'un arbre. un arbre planté ne connaît pas d'inflation.

 

AeT Cultures en transition IMG 9522Public : Il faudrait que les politiques soutiennent des projets : accès à des terres, il manque de l’argent, des lieux (un projet permaculture à Ath est en route, contactez nous si vous êtes intéressés). Il y a des gens qui veulent faire ça, si il y a du soutien (épargne) ça peut démarre assez vite.

Y a-t-il une implication des administrations communales ? (Ex de la prise de position de la ville d’Ath contre l’élevage intensif de Porc à Oeudeghien) + Agenda 21 qui est positif, il y a des propositions concrètes et ambitieuses.

 

Public agriculteur : Les industriels encadrent des agriculteurs en difficultés en fixant les conditions financières. Ensuite, les agriculteurs sont piégés, ils ont les mains liés à leur banque. Ils ont des terres mais ce n’est plus eux qui les cultivent, ils louent à des industriels qui détruisent leurs terres.

 

Public : Les CPAS ont des terres il faut demander de les remettre à des initiatives de transition. Les règles appliquées il y a 50 ans pour préserver l’agriculteur ne sont plus d’actualité. Il faut changer les lois. On a besoin des politiques

 

Public (point de vue différent) : Les citoyens n’ont pas les moyens de faire changer la loi ! Mais ils peuvent bâtir des choses qui fonctionnent et cela va s’imposer petit à petit. Voyons ce que l’on peut faire maintenant et non pas ce qui n’a pas été fait. Ce qu’il faut c’est une redistribution des terres à des fins plus salutaires, nous vivons dans un système dominé par la spéculation. Il ne faut pas attendre que les politiques décident d’aller à l’encontre de cela, ils ne vont pas risquer de se faire foutre dehors ! Ce qu’il faut, c’est prendre en main les solutions locales, il faut agir avec nos moyens. Il ne faut pas attendre que des solutions viennent d’en haut, cela n’arrivera jamais.

 

Ath en transition : La transition est un processus catalyseur, facilitateur de solution positives. On ne s'y bat pas contre ce qui ne nous plaît pas, mais pour des projets concrets et avec une vision positive. Celle d'un avenir préférable au présent. Il y a déjà de très beaux projets dans la région d'Ath et la transition veut les amplifier. Et il y en a d'autres, complémentaires, qui émergent ou vont émerger.

Tout le monde est bienvenu pour participer et/ou lancer des initiatives. Si vous avez un projet de transition à proposer, nous le ferons connaître pour que le groupe se crée. Vous pouvez aussi rejoindre un projet en cours. Faites nous signe et/ou abonnez-vous à notre newsletter :-)

 

Merci à Nils Aguilar de nous avoir présenté son film, à la Maison Culturelle d'Ath de nous avoir permis d'utiliser la salle du cinéma l'Ecran et à tout le monde d'être venu et d'avoir participé aux débats !

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Published by Ath en Transition - dans Les projets d'Ath en transition
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