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logo-transition-network.gifAth en Transition fait partie du Transition Network, avec plus de 1100 villes et territoires dans le monde. C'est une progression extraordinaire que le mouvement citoyen et mondial de la transition connaît depuis la fin 2006.

Le mouvement se structure maintenant aussi chez nous avec le Réseau Transition Wallonie - Bruxelles.

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 08:00

ensemble-cest-mieux.jpg« Sois le changement que tu veux dans le monde » (Gandhi)

L’écologie pratique, cela se pratique au quotidien... Mais il faut bien dire que ce n’est pas toujours simple. La société de consommation est diablement efficace, elle nous écarte de la remise en question nécessaire qui doit nous mener à une société plus soutenable, plus juste et plus heureuse. 

Si seuls, on va parfois plus vite, ensemble, on va plus loin...

Dans les initiatives de Transition, on se regroupe afin d'avancer en additionnant les forces de chacun, en annonçant ses besoins, en partageant ses projets, ses expériences, ses difficultés, ses réussites, ses joies...

Le défi que nous relevons est parvenir à "vivre ensemble sur une même planète", alors que nous sommes si différents (et en même temps tellement pareils).

Il n’est donc pas étonnant que des résistances, des questions et des difficultés apparaissent... et que des conflits éclatent parfois. Mais nous voulons que ces conflits deviennent des moments qui permettent d'avancer ensemble.

L’écoute active, les jeux de rôles, les cercles de parole, les principes de la prise de parole, la méthode du consensus, l'outil n°9 du manuel de transition "organiser des réunions productives", la sociocratie, l'intelligence collective... sont des moyen de favoriser l'avancée du groupe, la participation de tous, une communication non violente, une meilleure connaissance de soi-même et des autres, et de dépasser les obstacles. Cet article présente un de ces outils qui permettent aux membres d’un groupe de progresser ensemble dans leur démarche et vers leur objectif, de manière non violente, coopérative et autonomisante.

Quelques principes de base de la démocratie participative au consensus

La démocratie participative au consensus est basé sur une organisation de groupe "horizontale", non-hiérarchique. Au sein du groupe, il n'y a pas de "chef". La parole de l'un a autant de poids que la parole d'un autre. Quelle que soit l'expertise, le diplôme, l'âge, la fonction, etc... Seul le groupe décide de ce qui est pertinent et à retenir, ou pas.

Ce système, quand il est appliqué, a pour avantage de laisser une place à chacun pour s'exprimer, sans que le groupe ne porte de jugement sur ce qui est dit. On y tiens compte de tous les avis pour les prises de décision, et on les intègre autant que possible au consensus, par la création collective d'une solution neuve et innovante. Il n'y a donc pas de lutte pour imposer ses idées au reste du groupe, pas de clivages et de prises de pouvoir entre les défenseurs de la solution "A" et ceux de la solution "B". Au contraire, le groupe intègre les objections comme étant celles de tout le groupe, et de l'intelligence collective naît une solution originale, intégrant les dissensus à la propositon de départ qui deviendra une solution "AB".

Ce système implique aussi le respect des principes de la communication non-violente.

000consensus157201.jpgQuelques règles pour la disposition du groupe

Idéalement, on se dispose tous en cercle pour être physiquement sur un pied d'égalité. La psychologie sociale a en effet mis en évidence que la positon physique a une énorme influence sur la position hiérarchique au sein du groupe. Par exemple, si une personne est debout et les autres assises, la personne qui est debout aura un leadership sur la réunion de par sa position.

De même, une table rectangulaire ou allongée donne une position de « chef de la tablée », il s'agit de la personne qui se trouve sur le petit coté de la table, et qui de cette manière voit et est vu de tous. Il faut également éviter les dispositions en plusieurs rangées. Car dans ce cas ceux qui sont derrière auront moins de chances de se faire entendre. De même, si une personne se met à l'écart du groupe, elle ne participera pas à sa dynamique, elle s'exclut physiquement, et risque aussi de ne pas être porteuse des décisions du groupe.

La prise de parole

On demande la parole en levant la main, et on attend que le donneur de parole nous la donne.

Les fonctions tournantes

On désignera dès le début de la réunion : un animateur, un donneur de parole, un rapporteur et un maître du temps. Ces postes seront occupés par des personnes différentes, car il est difficile d'occuper plusieurs postes, surtout si le nombre de participants dépasse cinq ou six. De plus, certains postes visent à en modérer d'autres, il est donc important de respecter la répartition des tâches.

Ces fonctions sont désignées pour le temps de la réunion, et sont donc tournantes d'une réunion à l'autre en respectant les souhaits de chacun (il n'y a donc pas d'obligation à animer, par exemple). Elles peuvent changer de personne en cours de réunion. Les membres du groupe peuvent, uniquement si nécessaire, donner un « coup de main » à un animateur débutant, ou s'ils remarquent que quelque chose lui a échappé, mais doivent tenir compte de ses remarques, pour le bien et le bon fonctionnement du groupe (par exemple : demande de respecter les règles du groupe, etc). Le groupe peut et doit également s'assurer que l'animateur respecte lui-même les règles du groupe, et demander un recadrage au besoin, voire un remplacement si cela ne se passe pas bien.

  • L'animateur : il présente l'ordre du jour, assure le passage en revue et le traitement de chaque point, reformule afin de faire avancer le débat, propose les consensus dès qu'il les sent proches et les « acte ».
  • Le rapporteur : il réalise un rapport documenté et décisionnel de la réunion. C'est à dire qu'on ne recopie pas tout ce qui a été dit, qui l'a dit, etc. On y note les arguments et les informations importants car ils ont mené à une décision, sans préciser qui du groupe a porté cette idée. Le rapport acte les décisions prises, les listes de chose à faire, etc.
  • Le maitre du temps : il est le gardien du timing. Il signale quand on dépasse le temps imparti pour traiter tel point, et quand il reste 5 minutes pour ce point. Il signale l'heure des pauses, l'heure de reprise, etc.
  • Le donneur de parole : il note les demandes de parole, les acte à la personne demanderesse par un petit signe de tête, distribue la parole en fonction des priorités (ordre dans lequel elle a été demandée). Il y a également d'autres règles pour déterminer la priorité : 1.point technique, 2.brève, 3. proposition ou main levée d'une personne n'ayant pas encore pris la parole ou ayant très peu parlé (« usager faible »), 4. main levée d'une personne ayant déjà beaucoup pris la parole.

03-17-reunion.gif

Comment débuter la réunion ?

Avant de commencer quoi que ce soit, on réparti les rôles. Ensuite, on approuve le rapport de la fois dernière. On rassemble les dernières objections, les dernières demandes de modification. Le rapport une fois acté et/ou modifié sera rendu public ou envoyé à tous les membres du groupe.

  • On décide de l'ordre du jour ensemble, en étant attentif à ce qu'il soit réaliste. On reporte les points rejetés à la réunion suivante. Ceci est à indiquer dans le rapport.
  • On discute en groupe du temps imparti à chaque point de l'ordre du jour. Ce timing sera ensuite à faire respecter par le maitre du temps.

 

 

Les prises de décision au consensus

  • Les prises de décision se font au consensus : dès qu'une proposition est émise, on fait un sondage pour voir ce que le groupe en pense, puis on fait un tour de table, ou on demande s'il y a des objections (*). Si aucune objection n'est soumise, il y a consensus (tout le monde est d'accord). Si quelqu'un objecte, ou a une remarque à formuler, une demande de précision, etc, celles-ci sont écoutées et prises en compte par le groupe. Le groupe essaie de voir, en proposant des ajustements successifs s'il est possible d'intégrer les objections à travers la création d'une solution adaptée et originale.
  • Faute de consensus franc, on passe alors au consentement (personne n'est contre, personne ne s'oppose fermement et définitivement, et ceux qui ne sont pas emballés peuvent tout de meme « vivre » avec cette solution).
  • En extrême recours seulement, ou pour des questions sur lesquelles il n'est pas possible de trouver un consensus (questions ouvertement oui/non, ou trop idéologiquement connotées par exemple), on passe alors au vote à main levée. Mais cela reste et doit rester exceptionnel, quand la cohésion du groupe en dépend, par exemple, et qu'on se retrouve dans une impasse après avoir tout tenté pour arriver à un consensus-consentement.

(*) Les objections doivent être argumentées. Il ne s'agit pas d'uniquement critiquer en disant « je ne suis pas d'accord, je m'y oppose », mais d'expliquer pourquoi on fait une objection. Elle doit donc être constructive et que le groupe puisse en tenir compte. C'est le « pourquoi » qui est important, et non le fait d'être contre, car c'est lui qui permettra de créer la solution originale.

mains.jpgLes gestes de communication non-violente

  • Demander la parole : lever la main, attendre le signe du donneur de parole (oui, je t'ai vu, j'ai noté ton tour), et ensuite baisser la main.
  • Une brève : deux doigts levés, un de chaque main : quand on a quelque chose à rajouter, pour éclaircir le débat, et qui ne prend pas plus de 20 secondes : poser une question, proposer un très bref éclaircissement, etc. En aucun cas ce signe ne peut être utilisé pour demander une parole normale pour donner son avis. Ce geste est prioritaire.
  • Point technique : on place ses 2 mains en forme de T. Pour régler un point urgent qui nécessite d'interrompre la discussion, et qui n'a rien à voir avec le débat en cours, mais est de l'ordre de la gestion d'éléments extérieurs. Ex: il pleut et il faut se mettre à l'abri ; le barman est là pour prendre commande ; le maitre du temps veut donner le timing. Ce geste est prioritaire.
  • Proposition : faire un P avec ses mains. On a une proposition concrète à faire, qui peut faire avancer le schmilblick, et sur laquelle le groupe peut alors se positionner clairement (consensus-objections-amendement). Ce geste est prioritaire car permet de faciliter et de faire avancer le débat, et d'aboutir à une prise de décision, ce qui est le but.
  • Dire « je suis d'accord » : on agite les mains en l'air (applaudissement dans le langage des sourds muets).
  • Pour les sondages uniquement, dire « je ne suis pas d'accord » : on agite les mains vers le bas. On essaie d'éviter ce feed-back autant que possible quand quelqu'un parle car cela contrevient à la règle qui demande qu'on explique pourquoi on est pas d'accord. Si on n'est pas d'accord avec ce qu'une personne vient de dire, on demande la parole, on le dit et on explique pourquoi.
  • Pour les sondages uniquement, dire « bof bof, moyen » ou « je ne sais trop qu'en penser » : agiter les mains devant soi dans un mouvement ondulatoire. Cela sera traité également par l'animateur comme une objection.

Entre les réunions, pour préparer les suivantes

Autant que possible, on fixe en groupe la date et le lieu de la prochaine réunion. On discute du prochain lieu, si nécessaire. On désigne un responsable de la réunion suivante. Il sera chargé de créer et gérer le sondage pour la prochaine réunion (si la date n'a pas été fixée en réunion), d'annoncer au groupe la date et le lieu. Il envoie, quelques jours avant la réunion un mail de rappel avec la date, le lieu.

Le rapport, une fois rédigé par le rapporteur, est envoyé à tous les membres présents à la réunion pour amendement. Le rapporteur récolte les amendements, les intègre au rapport, et renvoie ce rapport amendé au groupe. Les amendements doivent être directement insérables dans le texte, sur base de la règle des objections constructives (un petit mot en bas du rapport qui dit : « c'est n'importe quoi », ou « je ne suis pas d'accord avec telle décision  » n'est pas considéré comme une objection constructive ). Si nécessaire, un deuxième tour d'amendement peut avoir lieu, afin de s'assurer que le rapport rencontre un consensus. Si d'autres amendements sont proposés, le rapporteur les intègre à nouveau, et renvoie aux membres présents.

Il est préférable que le rapporteur donne une date limite pas trop serrée mais suffisante pour l'amendement des rapports (Ex: une à deux semaines), afin que le rapport définitif soit prêt pour la prochaine réunion et que ça ne traine pas des lustres, au risque de finir aux oubliettes. 

Remarque : les amendements doivent uniquement servir à acter de manière la plus objective et complète possible ce qui s'est passé à la réunion. On ne peut pas amender un rapport pour modifier une décision qui a été prise par le groupe, ou pour essayer d'influencer une décision.

 

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