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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 12:19

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Un article de Coraline Bertrand, paru initialement le 9/04/2011 sur www.rue89.com.

 

L'urbanisation croissante et l'intensité de l'activité humaine entravent la libre-circulation des espèces animales et végétales. Les communes tiennent à conserver des espaces verts, mais elles les gèrent souvent de manière systématique et peu écologique. Ce qui nuit à la qualité de l'eau, appauvrit la biodiversité et tend à uniformiser les paysages.

La gestion différenciée

Pour gérer « durablement » les espaces verts, un concept d'écologie urbaine a poussé : la gestion différenciée.

Initiée en France il y a une dizaine d'années, cette gestion douce favorise des modes d'entretien plus adaptés à l'environnement : associations des cultures, emploi limité des phytosanitaires (herbicides, insecticides), transformation des déchets en compost, tolérance aux herbes folles…

La gestion différenciée valorise les espaces verts et permet d'améliorer la qualité de l'eau, de la faune et de la flore.

Comment la mettre en pratique

Partout dans l'Hexagone fleurissent des initiatives. Les régions Bretagne et Nord-Pas-de-Calais sont, dans ce domaine, particulièrement dynamiques.

Dans le Nord, Grande-Synthe (25 000 habitants) fait figure d'élève modèle. Capitale de la biodiversité 2010, la ville a adopté la gestion différenciée dès les années 1990.

Edith Dhainne, technicienne au service espaces publics et nature, fait le point :

« On est passé de 250 à 400 hectares à gérer avec le même nombre d'agents. D'où la recherche d'autres méthodes d'entretien. Aujourd'hui, la commune compte plusieurs zones naturelles d'intérêt écologique, floristique et faunistique : le Puythouck, le Prédembourg, les salines, le jardin public et la ceinture Boisée. »

La commune adapte l'entretien de chaque espace vert à sa fonction. Pour les entrées de ville, les services techniques ne fauchent plus que deux fois par an, laissant à ces espaces un aspect champêtre. Pour les parcs et jardins de prestige, les horticulteurs choisissent avec précision des espèces adaptées au climat et aux sols. Enfin, ils interviennent le moins possible sur les massifs, prairies et sous-bois. C'est une révolution : on laisse, ici et là, la nature libre de reprendre ses droits !

Cette approche a un impact concret sur la biodiversité. Grande-Synthe compte six espèces florales protégées et 26 espèces de papillons de jour. « Cela peut paraître modeste mais à notre niveau, c'est énorme. » se réjouit Edith Dhainne.

 

Autre fleuron de cette nouvelle approche : Rennes, capitale de la Bretagne, pratique la gestion différenciée depuis 1983. Dans ce domaine, la ville montre l'exemple. Proche de l'objectif « zéro phyto », la ville a banni les insecticides sur les voiries. Et les agents communaux n'utilisent plus aucun herbicide, excepté dans les cimetières.

La ville a également tenu à associer ses habitants avec l'opération « embellissons nos murs ». Les Rennais sont autorisés à développer leur petit coin de verdure, en plantant devant chez eux, sur le trottoir. Mais attention : il est interdit d'utiliser désherbant et autres produits chimiques.

Cyrille Lomet, directeur des jardins, suit cette expérience avec attention :

« On recense près de 200 foyers concernés. Cela sensibilise le grand public et l'habitue à la végétation en ville. »

Mais pour l'instant, cela n'a qu'un impact très limité sur la qualité de l'eau. « Les produits phytosanitaires sont encore très utilisés par les particuliers, les copropriétés, les agriculteurs… La ville ne peut agir seule. ». Cyrille Lomet espérait de meilleurs résultats. Il sait qu'il doit continuer de travailler à la prise de conscience de la population.

(NDR : voir aussi le Plan climat-énergie de la ville de Rennes).

 

 

Ce qu'il reste à faire...

Pour diffuser les bonnes pratiques, l'association Plante & Cité s'est associée à neuf municipalités (Besançon, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Orléans, Paris et Rennes). Ensemble, elles élaborent un référentiel commun afin de lancer, courant 2011, un label Gestion écologique des espaces verts.

 

Le passage à la gestion différenciée nécessite une forte implication des élus et des jardiniers : formation, achat de matériel, élaboration de plans d'entretien et communication auprès des habitants… Cela représente forcément un investissement et un changement radical des pratiques comme des mentalités. Certaines communes hésitent à s'engager dans cette « révolution verte ».

 

Mais pour les convaincre, les partisans de la gestion différenciée ont un argument de taille. Contrairement aux idées reçues, cette gestion ne coûte pas plus cher qu'une gestion classique. Elle permet une meilleure répartition du travail et valorise le personnel communal. L'heure de la réconciliation entre la ville et la nature a sonné !

 

Photo : la roseraie du parc du Thabor à Rennes, en septembre 2009 (Lucile Sourdès/Rue89).

 

 Pour voir l'article sur le site : rue89_logo.gif

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