Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Accueil

  • : Ath en Transition
  • : Et si notre réponse au pic du pétrole, aux changements climatiques et aux crises économiques ressemblait plus à une fête qu'à une marche de protestation ?
  • Contact

logo-transition-network.gifAth en Transition fait partie du Transition Network, avec plus de 1100 villes et territoires dans le monde. C'est une progression extraordinaire que le mouvement citoyen et mondial de la transition connaît depuis la fin 2006.

Le mouvement se structure maintenant aussi chez nous avec le Réseau Transition Wallonie - Bruxelles.

Agenda

15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 18:15

retour-terre-0804dm-Grece-A.jpgLe retour à la terre, version grecque

En raison de la crise et du plan de rigueur imposé au pays, de nombreux Grecs quittent les grandes villes pour se lancer dans l’agriculture. Une tendance qui concerne toutes les générations, note I Kathimerini.

 

“Je voyais ça comme un cauchemar, comme la pire des choses qui puisse m’arriver.” C’est ce que Kostas pensait de la vie à la campagne il y a encore quelques années. Cet enfant de la ville se voyait davantage en train de débattre du futur de la peinture moderne dans une galerie d’art plutôt qu’à la taverne du village à discuter du prix des engrais. Et pourtant, voilà près de deux ans maintenant qu’il a décidé, pour ses 45 ans, de tout changer. Son travail, son domicile – et, surtout, de quitter Athènes. “Dans le secteur de la publicité, où je travaillais, les budgets ont été divisés par trois. Aujourd’hui, je ne roule pas sur l’or, mais je vois les choses venir, tranquillement.” Depuis deux ans, Kostas est à la tête d’une petite exploitation agricole de plantes aromatiques à Fthiotida, dans le centre du pays. Pour cela, il a suivi une formation, il a appris à travailler la terre, à s’occuper des plantes et à surveiller les bulletins météo des journaux télévisés.

Les emplois dans l’agriculture ont augmenté de 7 % en Grèce entre 2008 et 2009

Kostas n’est pas un cas isolé. Les emplois dans l’agriculture ont augmenté de 7 % en Grèce entre 2008 et 2009, selon un récent sondage réalisé en Europe par l’organisme Paseges pour le développement de la main-d’œuvre agricole. Cela signifie concrètement que 38 000 Grecs ont décidé d’une manière ou d’une autre de se consacrer à la production agricole et de changer de mode de vie. Des dizaines d’e-mails de ces “nouveaux agriculteurs” arrivent chaque jour dans les bureaux de cet organisme. Leurs questions sont souvent les mêmes : ils veulent apprendre comment on plante, sème, récolte… Et surtout quoi. Avec la crise économique qui s’installe durablement dans le pays, ces demandes se multiplient.

Cette décision n’est pas prise à la légère

Si l’on en croit les statistiques, cette décision n’est pas prise à la légère ; la tendance concerne surtout des personnes d’âge mur (dans la catégorie des 45-64 ans) et surtout dans l’ouest du pays et en Thessalie [nord-est de la Grèce]. Pour les analystes, c’est un cas d’école, la mobilité étant le propre des moins de 40 ans. Mais la plupart de ces nouveaux agriculteurs ne voient pas d’avenir dans leur carrière actuelle ; ils cherchent un complément de revenus ou veulent améliorer leur retraite.

C’est le cas de Manolis, retraité depuis 2009, qui habite près de Sparte, dans le Péloponnèse. A cause du plan de rigueur imposé à la Grèce depuis un an par l’Union européenne et le Fonds monétaire international, sa retraite a été sérieusement diminuée. Il a donc décidé de s’occuper des olives et des oranges qui poussent sur les terres familiales. “L’activité ne rapporte pas des masses, dit-il. Mais, au moins, ça nous aide à payer la fac pour notre fille.”

 


Traditionnellement, l’activité agricole était classée dans la catégorie des emplois précaires. Mais, en temps de crise, tout change. Xenofontas Ktenas l’a bien compris. Depuis un an, cet ancien commerçant s’est reconverti lui aussi dans la production de romarin, dans la région d’Agrinion [dans l’ouest du pays], où il a loué dix hectares. “Les affaires marchent bien, je ne me plains pas”, témoigne-t-il.

Les jeunes comme le reste de la société se reconvertissent

Mais la crise touche aussi de plus en plus durement les générations plus jeunes. Résultat, les jeunes comme le reste de la société se reconvertissent. Dans le nord de la mer Egée et dans les îles Ioniennes, par exemple, ils sont de plus en plus nombreux à se consacrer à l’agrotourisme. De fait, le choix de l’agriculture n’est pas anodin. Pour la première fois en Grèce, le “paysan” n’est plus étiqueté comme un inculte, un grossier personnage aux capacités intellectuelles limitées. Aujourd’hui, c’est un professionnel sérieux qui sait ce qu’il veut. “Par mon nouveau travail, j’ai rencontré plein d’agriculteurs instruits, des gens qui parlent plusieurs langues et voyagent à l’étranger pour s’informer”, reprend Kostas. “J’ai réalisé que les gens, sur la place du village ou dans une ville de province, ont les mêmes informations que dans la capitale. Alors, je suis en train de tourner définitivement la page de ma vie athénienne”, conclut-il.

 

Article de Tania Giorgopoulou, publié le 08.04.2011 sur www.courrierinternational.com.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires