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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 00:01

permajardin.jpgArticle de Virginie Hess complété de nouveaux liens, initialement paru sur www.iewonline.be le 5 mai 2011.

 

La permaculture est une démarche qui a pour but la conception, la planification et la réalisation de sociétés humaines écologiquement soutenables, socialement équitables et économiquement viables . Elle se fonde sur trois aspects éthiques fondamentaux : prendre soin de la terre, prendre soin de l’Humain et partager équitablement les ressources.

 

Apparue dans la foulée du choc pétrolier de 1973, la notion de permaculture est née de la réflexion de Bill Mollison et David Holmgren, deux écologistes australiens préoccupés par les problèmes environnementaux naissants et désireux de créer un nouveau système agricole qui soit durable. Ils s’inspirent pour cela des travaux d’un agriculteur japonais, Masanobu Fukuoka, qui expérimente l’agriculture « sauvage ». Selon ce dernier, « la raison pour laquelle les techniques perfectionnées semblent nécessaires est que l’équilibre naturel a été tellement bouleversé par ces mêmes techniques que la terre en est devenue dépendante ».

 

Selon Mollison et Holmgren, il faut quitter le système agricole industriel qui perturbe l’équilibre naturel et renforcer ce dernier, le faire fructifier. L’idée est donc de développer une agriculture qui prenne la nature pour modèle en intégrant les activités humaines dans les écosystèmes. Cela passe par la mise en œuvre d’une production soutenable, très économe en énergie, respectueuse des êtes vivants et de leurs relations réciproques, et qui laisse le plus de place possible à la nature sauvage.

permaculture-il-01_biodynamic.jpgSimplicité potagère

Concrètement, la démarche permaculturelle consiste à cultiver la terre en veillant à respecter le rythme des saisons, à favoriser la vie du sol, à ne pas employer de pesticides ni d’engrais de synthèse, à utiliser le moins d’énergies fossiles possible, à assurer une production locale et abondante. Ce qui implique, entre autre, d’utiliser tout ce qui existe comme ressources sur place : les éléments naturels (vents, eaux, reliefs, bois et bosquets) sont des ‘outils’ à utiliser dans le projet d’un ‘permaculteur’ . On veille à récupérer l’eau de pluie, à valoriser les déchets par un système de compostage, à stocker les graines, à aménager l’espace à l’aide de matériaux naturels locaux, etc.

 

En permaculture, chaque élément constitutif d’un système assure plusieurs fonctions et interagit avec les autres éléments, comme dans les écosystèmes naturels. Ainsi, la plantation d’arbres fruitiers de variété locale va jouer un rôle à plusieurs niveaux : bienfait esthétique, production de nourriture, protection et amélioration de la biodiversité, apport d’ombre et d’humidité, point d’attraction pour les insectes pollinisateurs, etc.

 

La mission de l’humain consiste donc à favoriser au maximum les liens utiles entre chaque composante du système. L’observation de la nature lui permet de déceler les spécificités, notamment de son sol . Les potagers en permaculture ont d’avantage l’aspect de jardins où se côtoient fleurs, arbres et légumes, plutôt que de parcelles alignées en bon ordre géométrique.

 

Dans une optique de relocalisation et de partage des ressources, l’écoulement du surplus de production est distribué en priorité au voisinage. Une manière aussi de recréer des réseaux de solidarité.

Bien plus qu’une pratique agricole

Outre la reconnexion au vivant, la redécouverte du lien immémorial entre l’humain et sa terre nourricière, le retour des connaissances en production alimentaire, la permaculture permet également de sortir de l’exclusion et d’apprendre à mener un projet ensemble. Les valeurs de solidarité, de tolérance et de bonne entente entre les jardiniers sous-tendent la démarche.

 

La permaculture est de plus en plus pratiquée. Diverses initiatives apparaissent ça et là, portées le plus souvent par des collectifs d’habitants volontaires qui se partagent un terrain. Citons notamment les potagers partagés de Schaerbeek ou de Tour-et-Taxis à Bruxelles, ou encore le projet Graines de Vie à Nethen qui a notamment participé, en collaboration avec Grez en Transition, à l’organisation du festival de permaculture installé à Grez-Doiceau du 20 au 22 août 2010, un festival qui a rassemblé un millier de personnes. D’autres projets sont déjà plus avancés, comme le potager des fraternités ouvrières à Mouscron où la permaculture est pratiquée depuis 30 ans.

 

images.jpegCertaines friches urbaines sont ainsi reconquises et aménagées par les habitants de quartiers denses à la recherche d’un coin de nature, d’un lieu de rencontre et de convivialité. La plupart des villes et communes disposent de terrains abandonnés qu’elles pourraient mettre à disposition des citoyens afin de favoriser les initiatives du genre. Repenser l’aménagement des quartiers dans cette perspective déboucherait sur des cités plus vertes, plus conviviales, donc viables.

 

Bien qu’elle ait démarré d’une réflexion sur les pratiques agricoles, la permaculture s’inscrit aujourd’hui dans une démarche plus globale pour un développement durable, basée sur une approche nouvelle et originale de la relation entre les sociétés et leur environnement. En reposant sur la persistance d’une culture de l’autonomie, des valeurs communautaires et sur la mémoire de certains savoir-faire, elle est capable de contribuer à l’évolution d’une culture populaire de la durabilité, et ceci à travers l’adoption de solutions très pratiques permettant aux gens de se prendre en main. Ce faisant, elle invite chacun à anticiper de manière positive et avec créativité les grands bouleversements écologiques et énergétiques de demain.

 


 

En savoir plus  :

 

 

 

La permaculture
- Bill Mollison, David Holmgren, Permaculture 1, une agriculture pérenne pour l’autosuffisance et les exploitations de toutes tailles, Debard, 1978 en anglais, 1986 en français.
- David Holmgren, L’essence de la permaculture. En téléchargement libre sur http://www.permacultureprinciples.com/fr
- Patrick Whitefield, Graines de permaculture, édité et traduit par Passerelle Eco, 96p.

 

Sources :

- Wikipédia
- FUKUOKA, M., La révolution d’un seul brin de paille : une introduction à l’agriculture sauvage, Paris, Guy Trédaniel, 2009, p.45
- Graines de vie

 

Article paru dans La lettre des CCATM n°61 du 29 avril 2011 que vous pouvez télécharger en cliquant ici !

Pour en savoir plus...

Plus d'informations sur la permaculture, l'agroécologie, l'agroforesterie :

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