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logo-transition-network.gifAth en Transition fait partie du Transition Network, avec plus de 1100 villes et territoires dans le monde. C'est une progression extraordinaire que le mouvement citoyen et mondial de la transition connaît depuis la fin 2006.

Le mouvement se structure maintenant aussi chez nous avec le Réseau Transition Wallonie - Bruxelles.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 10:01

DELLO_SOS-FAIM110.jpgLe dimanche 14 octobre dernier, j'ai été invité à intervenir pour parler des Initiatives de Transition lors d'échanges qui ont suivi la projection du très bon film "Cultures en Transition" au Festival AlimenTerre, organisé par SOS Faim à Bruxelles.

 

Plusieurs intervenants étaient présents à côté de moi : Christine Mahy, la secrétaire générale du RWLP (réseau Wallon de lutte contre la pauvreté), Juliette Ogbonnikan, rizicultrice au Bénin et Mohamed Gueye, journaliste et rédacteur en chef du Quotidien (Dakar).

 

Toutes ces personnes ont livré des témoignages très intéressants, notamment Juliette Ogbonnikan au sujet de techniques agroécologiques pour la culture du riz, ayant de meilleurs rendements, permettant un meilleur développement social et plus de souveraineté alimenterre que les techniques industrielles. Christine Mahy quand à elle a mis en évidence le fait que des personnes en situation précaire mettent en place des aletrnatives intéressantes mais prennent des risques par rapport à la loi et ne sont pas toujours en mesure de se défendre.

 

J'ai retenu ici le témoignage de Mohamed Gueye, qui nous a parlé du "délestage", un phénomène très présent en Afrique et qui nous en dit plus sur les défis énergétiques :

 

DELLO_SOS-FAIM108.jpg"Je suis Mohamed Gueye, je suis journaliste, rédacteur en chef d'un journal qui s'appelle le Quotidien, à Dakar. C'est un journal d'informations générales.

 

Parlons de « délestage », c'est un phénomène qu'on connaît dans beaucoup de pays d'Afrique, d'Afrique subsaharienne plus particulièrement. Ça va du Sénégal et a un moment ça a même touché l'Afrique du Sud, c'est dire l'ampleur de ce problème là. En fait, il s'agit de la crise énergétique, le peuple africain souffre de ce problème qui fait que la plupart du temps nous tirons notre électricité de l'énergie thermique, c'est à dire du pétrole. C'est un produit dont beaucoup de pays africains ne disposent pas en suffisance, donc il arrive que les turbines tournent à vide et qu'on ne parvienne pas à satisfaire la demande nationale. Ce qui fait que dans certaines grandes villes d'Afrique, il y a des coupures d'électricité qui durent jusqu'à 10h de temps.

 

C'est un phénomène qu'on a commencé à appeler délestage, qui consiste pour les compagnies d'électricité à priver d'électricité une partie d'une ville, un quartier ou plusieurs quartiers pour pouvoir fournir en suffisance d'autres quartiers. Et comme ça à tour de rôle dans plusieurs quartiers, ce qui fait qu'on dit dans le jargon « on a délesté ici pour pouvoir lester un autre quartier » et ainsi de suite.

 

C'est un phénomène courant qui ne concerne pas que les pays pauvres, parce que contrairement à ce qu'on pourrait penser, un pays comme le Nigeria, le grand Nigeria, d'Afrique noire, premier producteur africain de pétrole en souffre, et en souffre terriblement, tout simplement parce que parfois les décisions politiques ne sont pas toujours prises au bénéfice des populations. Le Nigeria, avec ses millions de barils par jour, n'a pas de raffinerie qui puisse raffiner son propre pétrole. Ce qui fait qu'il vend son pétrole brut à l'étranger et achète du pétrole raffiné pour pouvoir faire tourner ses centrales thermiques. Et il arrive comme dans beaucoup de pays d'Afrique qu'il y ait des ruptures de stock. Et le Nigeria, est l'un des pays les plus gravement affecté en Afrique noire, aussi drôle que ça puisse paraître".

 

Il est intéressant de constater que nous, belges, ne possédons pas de puits de pétrole sur notre territoire, et pourtant nous bénéficions pour le moment de carburant et d'énergie sans se poser la question de sa provenance, alors que des pays producteurs, comme le Nigéria, vendent leur production à l'étranger mais ne peuvent pas satisfaire leur demande intérieure.

 

Selon de plus en plus de spécialistes, nous entrons maintenant dans une période où le pétrole va être de plus en plus cher, et de plus en plus rare. Avec la rareté de cette source d'énergie, les autres types d'énergie vont aussi être de plus en plus chères. Ce phénomène sera amplifié par le fait qu'une partie d'entre elles se dirigent également vers un épuisement progressif et donc plus de rareté et des prix plus élevés (gaz, uranium...).

 

Subirons nous ce phénomène de délestage ou choissirons nous de nous préparer à la situation en diminuant progressivement nos besoins en énergie ? Les Initiatives de Transition, dont celle que nous avons démarré à Ath en 2010, ont choisi de considérer cette situation comme une opportunité et agissent pour planifier "la descente énergétique" et augmenter la résilience du territoire en relocalisant ce qui peut l'être avec la vision d'un avenir préférable au présent...

 

Et si planifier chez nous la descente énergétique et la relocalisation était aussi une façon pour nous d'aider ces pays à résoudre leurs problèmes énergétiques et leurs problèmes de souveraineté alimentaire ?

 

Josué Dusoulier

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