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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 12:30

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Le système économique actuel est régulièrement identifié comme une des causes importantes des problèmes sociaux, environnementaux et climatiques. Selon Bernard Liétaer, le système contient en lui-même les causes structurelle des multiples crises économiques observées dans le monde.

Même si la réflexion de Tim Jackson sur la "prospérité sans croissance" est un élément de remise en cause salutaire qui contient des propositions concrètes, le système est pourtant peu remis en cause par les décideurs.

 

L'article qui suit présente un livre qui contient des propositions concrètes pour une autre économie, une économie citoyenne au service de l'intérêt général.

L’économie citoyenne – ou quand l’intérêt général s’invite dans le bilan des entreprises.

Conçu avec le soutien de nombreuses PME et le mouvement ATTAC, un nouveau modèle économique a vu le jour en Autriche - ni communiste, ni capitaliste. Christian Felber prône une troisième voie indépendante et démocratique dont les principaux acteurs sont les citoyens eux-mêmes. Comment s’y prendre pour entraver l’engrenage catastrophique des crises économiques à répétition ?

Soutenu par de nombreux économistes alternatifs en Europe, ce nouveau modèle convainc de plus en plus de personnes.

Christian Felber, membre d’ATTAC (Autriche), écrivain considéré comme l’une des voix essentielles de la critique altermondialiste en Autriche et chargé de cours à l'université, il intervient très souvent en public pour prôner un changement radical de l'économie. Il a fondé un mouvement incitant les entreprises à faire, chaque année, le bilan de leurs efforts citoyens (écologiques, sociales, solidaires, démocratiques).

Comment transformer l’économie en évitant les écueils du communisme et d’autres totalitarismes

Dans ce livre publié en France aux éditions Actes Sud, porté par les expériences concrètes et diverses d’une centaine d’entreprises, nous apprend donc comment transformer l’économie en évitant les écueils du communisme et d’autres totalitarismes. L’économie citoyenne repose sur des valeurs susceptibles de réunir l’adhésion d’un grand nombre de personnes, puisque ce sont les mêmes que celles qui font la réussite de nos relations sociales : confiance, coopération, respect, démocratie, solidarité (selon des études scientifiques récentes, il apparaît que ce qui satisfait et motive le plus l’être humain, c’est l’établissement de bonnes relations sociales).

Quel est cet "intérêt général" que l’entreprise citoyenne s’engage à favoriser ?

Sa définition serait établie au cours d’une convention démocratique et ancrée dans la Constitution. Les entreprises en rendraient donc compte dans un nouveau type de "bilan" qu’elles devraient présenter chaque année, en plus du bilan financier : le bilan citoyen. Y apparaissent seulement des critères qu’on peut concrètement évaluer selon des valeurs fondamentales : responsabilité sociale, durabilité écologique, cogestion démocratique, solidarité envers tous les acteurs concernés (les salariés, mais aussi les fournisseurs, les acheteurs, les clients…). Grâce à des "points citoyens", ce bilan rend exactement compte des actions en faveur de l’intérêt général. Les entreprises qui ont cumulé, dans leur bilan citoyen, le plus de "points citoyens", se verraient attribué, par la loi, des avantages - ce qui leur permet de couvrir plus facilement leurs frais (parfois plus élevés) : imposition et droits de douane plus faibles, crédits plus avantageux, priorité pour les marchés publics et les programmes de recherche…

En pratique ?

Découvrez ici les 15 piliers du modèle de l'économie citoyenne

Un cadre juridique devrait ensuite inciter l’intérêt général, les biens collectifs, et la coopération. Les enjeux de la réussite au sein de l’entreprise seraient donc redéfinis. Jusqu’à présent perçu comme un objectif à atteindre, le capital devient, dans ce nouveau modèle économique, un simple moyen. Il ne sert plus qu’à réaliser le but que l’entreprise s’est fixé(la production de biens, les services, l’agriculture, etc.). Garantir le revenu de tous les employés est l’un de ces buts. Un revenu maximal est instauré (par exemple 20 fois le salaire minimum légal).

 

Les bénéfices de l’entreprise peuvent être utilisés pour des investissements (à valeur ajoutée sociale et écologique), le remboursement de crédits, redistribués aux salariés ou utilisés pour des crédits sans intérêts aux entreprises associées. En revanche, il n’est pas prévu que les bénéfices soient distribués à des personnes qui ne travaillent pas dans l’entreprise, ni utilisés pour l’achat hostile (OPA) d’autres entreprises, ni pour l’investissement sur des marchés financiers (ces marchés n’existent plus).

 

Grâce à ce modèle, les inégalités de revenus et de patrimoines seront réduites. En même temps que le revenu, le patrimoine de chacun et la possibilité de transmettre un héritage seront limités, sans pourtant tomber dans l’austérité communiste.

 

Les grandes entreprises de plus de 250 salariés deviennent partiellement la propriété des salariés et de la communauté et, au-delà de 5.000 salariés, à 100 %. Les citoyens sont représentés par les députés élus dans les "parlements économiques régionaux". Le gouvernement n’exerce aucune main mise sur les entreprises publiques. Ceci vaut également pour la troisième catégorie juridique de propriété que le modèle propose. A côté d’une grande majorité de (petites) entreprises privées et quelques grandes entreprises de propriété mixte, il existerait des "coopératives de service public" – entreprises du domaine de l’éducation, de la santé, du social, de la mobilité, de l’énergie et de la communication.

La "banque" est, elle aussi, une coopérative et sa gestion se fait de façon démocratique.

Elle aussi est au service de l’intérêt général et, comme les autres coopératives de service public, elle est contrôlée par la souveraineté démocratique et non par le gouvernement. Ses principaux services sont les suivants : l’épargne sécurisée, des crédits bons marchés, des crédits à risque de caractère écologique ou social, ainsi que des comptes courants gratuits.

 

La démocratie représentative sera ainsi complétée par la démocratie directe participative. De nouvelles matières seront étudiées dans les écoles pour préparer les citoyens à leur implication dans les affaires économiques et sociales.

Plus de 150 entreprises soutiennent déjà le modèle

Lors de la parution du livre, une page Internet traduite en français a été mise en ligne sur laquelle figurent tous les entreprises soutenant le modèle – actuellement plus de 150 entreprises de six pays ("pour signifier que ce modèle n’a pas été élaboré seulement dans une tour d’ivoire visionnaire, mais également par la pratique entrepreneuriale", précise l’auteur) : www.gemeinwohl-oekonomie.org (site en français).

 

Vu l’actuel débat sur les aspects pervers du système économique, ce livre constitue une denrée rare de nos jours : une utopie "réaliste". Basée sur d’authentiques expériences, elle invite à l’engagement de tous les acteurs de la vie économique et sociale pour sortir de la situation catastrophique dans laquelle se trouve actuellement l’économie occidentale.

felber_portrait.jpgL’AUTEUR

Christian Felber, né en 1972 à Salzbourg, a étudié les langues romanes, les sciences politiques, la sociologie et la psychologie à Vienne et à Madrid. Considéré comme l’une des voix essentielles de la critique anti-mondialiste en Autriche, où il fut l’un des co-fondateurs d’Attac, il combat le néo-libéralisme en proposant des modes d’actions démocratiques. Ecrivain, chargé de cours à l’Université, il intervient très souvent publiquement au sujet d’un changement radical de l’économie. Par ailleurs, il est danseur contemporain. Auteur de plusieurs ouvrages traduit dans plusieurs langues, son dernier essai L’économie citoyenne est le premier à être traduit en français.

RÉFÉRENCES

L’économie citoyenne : un nouveau mouvement a vu le jour de Christian Felber - Éditeur : Actes Sud - Date de publication : Avril 2011 - 224 pages - Traduit de l’allemand par : Olivier MANNONI - ISBN 978-2-7427-9698-4

 

Un article largement inspiré de www.cdurable.info : cdurable.jpg

 

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