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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 16:23

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Manière de voir n°115 / Février - mars 2011

Numéro coordonné par Philippe Rekacewicz et Pierre Rimbert

 

Dans les moteurs de l’avenir

A l’avant-scène, une profusion d’informations contradictoires sur la fin du pétrole, le boom des énergies vertes et le bruit des éoliennes. Dans les coulisses, un ballet réglé d’intérêts : les forgerons de l’ordre mondial s’affairent. Spectacle à fronts renversés ? Comprendre le grand jeu de l’énergie dont dépend l’avenir de l’humanité implique une démarche volontariste : on s’arrête, on réfléchit. Et, comme disait le dessinateur Gébé en 1970 dans la bande dessinée L’An 01, ce n’est pas triste.

 

Trois traits caractérisent le paysage énergétique global. En premier lieu, les connaissances fiables dont nous aurions besoin pour peser sur les choix de demain sont confisquées au public ; elles gisent dans les coffres d’Etats et d’entreprises. Ensuite, les investissements nécessaires à la mise en œuvre d’une nouvelle filière sont si lourds qu’ils engagent un pays sur plusieurs générations. Dès lors, les intérêts économiques priment — même lorsqu’ils fusionnent avec d’autres considérations d’allure plus présentable : aux questions géopolitiques, aux débats éthiques, aux controverses climatiques répondent presque toujours les profits des multinationales.

 

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le « pic » pétrolier aurait été atteint en 2006 (1). Mais il faut se méfier des effets d’annonce. Dans ce domaine, on ment et on bluffe pour influencer les marchés et justifier des investissements irrationnels. La perplexité est aussi de mise quand l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) (2) affirme que les coûts de l’électricité solaire et éolienne rejoignent ceux du courant d’origine nucléaire ou fossile. Difficile d’oublier que les énergies dites « vertes » constituent le nouveau Graal des industriels. Les géants de l’économie mondiale tiennent désormais deux fers au feu : d’un côté, les « renouvelables » ; de l’autre, les hydrocarbures.

 

Car l’extraction des ressources fossiles prospère encore. Dynamisées par une Asie émergente assoiffée de matières premières, la production et la consommation de charbon explosent. « La croissance économique de la Chine et de l’Inde — gourmande en pétrole et en charbon — est en train de transformer le système énergétique mondial, écrivait l’AIE en 2007 (3). Les retombées de la hausse “effrénée” de la demande d’énergie sont à la fois incompatibles avec l’impératif de renforcer la sécurité des approvisionnements et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. » Il n’est donc pas surprenant qu’en décembre 2009 la planète ait trébuché sur le chemin de Copenhague.

Contrairement au négoce des clarinettes, le commerce de l’énergie est condamné à tenir compte des enjeux stratégiques qu’il contribue lui-même à créer. Gazoducs et oléoducs doivent répondre à des critères de sécurité maximum pour irriguer les cœurs économiques. Au-delà du calcul classique de rentabilité, les sommes engagées intègrent une dimension politique (acheter la bienveillance des Etats) et stratégique (composer avec l’histoire et les équilibres mondiaux). Pour éviter les zones dangereuses, s’assurer le contrôle des routes, prévenir l’interruption des approvisionnements, les grandes puissances se livrent des batailles épiques dont les pages qui suivent dressent le panorama.

 

L’emprise des peuples sur leur avenir énergétique peut donc paraître bien frêle et la perspective d’une planète à neuf ou dix milliards d’êtres humains obligera à rationaliser un secteur esclave des absurdités du marché. Les termes de la réflexion associant long terme et effets indirects (pollution, stockage) sont déjà posés : faut-il choisir entre les « fossiles » et les « renouvelables » ? Le nucléaire, très cher et dangereux, sera-t-il encore nécessaire ? Le réseau idéal est-il plutôt local ou plutôt transcontinental ? Déjà, des réponses s’amorcent : le bouquet énergétique sera à la fois renouvelable et fossile ; il comportera un important volet d’économie d’énergie. Les petites unités de production décentralisées cohabiteront avec les grandes.

 

(...)

 

 

Pour en savoir plus sur le sujet


 

 

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