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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 08:00

pict 456306 Le réchauffement climatique modifiera le contenu de nos assiettes. Des fermiers devront se convertir à de nouvelles cultures. Ou déménager.

 

Vous aimez les patates ? Vous mangerez des bananes. Vous appréciez le blé ? Vous découvrirez l’orge. Les aléas climatiques amèneront de nombreuses populations dans le monde à devoir revoir le contenu de leur assiette. A la demande du Comité de la sécurité alimentaire des Nations unies, le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) a évalué les effets du changement climatique sur 22 produits alimentaires et trois ressources naturelles dans le monde en voie de développement. Conclusion : mieux vaut aimer le manioc, l’orge, le millet, les pois ou les lentilles.

 

La hausse des températures et la modification de la pluviométrie auront un impact indéniable sur l’avenir de l’agriculture. "Le changement peut être à la fois bon ou mauvais", explique Philip Thornton dans le rapport rendu public la semaine dernière. En haute altitude, le réchauffement pourrait doper les cultures, alors que, dans les zones tropicales et subtropicales, les récoltes risquent de chuter de 10 à 20 % d’ici à 2050. Sur une Terre qui avance inexorablement vers les dix milliards d’habitants, maintenir la quantité et la qualité de la nourriture est un "défi exceptionnel", nécessitant d’améliorer le rendement tout en s’adaptant au changement climatique, non sans oublier de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

 

Le défi se révèle d’autant plus grand que le blé, le maïs et le riz qui, selon l’Organisation de l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), fournissent la moitié des calories consommées dans le monde, se trouveront fort affectés. Si, dans certaines régions, on envisage de développer des espèces résilientes aux changements climatiques, dans d’autres, il faudra bien les remplacer.

 

mais.jpgC’est la voie que devront emprunter des cultivateurs de maïs, alors que la demande dans le monde développé doublera d’ici à 2050, selon le Centre international d’amélioration du maïs et du blé. Cette espèce originaire du Mexique est utilisée dans l’alimentation humaine et animale, ainsi que dans la fabrication d’éthanol, mais elle ne se révèle pas très adaptable et les récoltes devraient par exemple chuter de 10 à 20 % en Afrique. "Sans variétés pouvant survivre à des températures plus élevées, le seul choix des fermiers qui voudraient continuer à cultiver du maïs est de se déplacer vers des régions plus froides", selon Philip Thornton.

 

La pomme de terre et le soja ne sont pas mieux armés pour sauver les estomacs. Que cultiver dès lors ? Certaines plantes peuvent supporter des températures élevées, mais s’avèrent sensibles aux variations de précipitations. D’autres peuvent tolérer des inondations occasionnelles, mais sont vulnérables à des niveaux nouveaux ou croissants de parasites et de maladies provoqués par des températures plus élevées. "Certaines variétés de banane", indiquent les experts, devraient ainsi trouver une place accrue dans les assiettes, pour autant que les pluies ne faiblissent pas. Le millet également, qui est susceptible de s’étendre dans les zones sèches. Le manioc aussi, qui tolère de nombreux stress, "allant de la pauvreté des sols à la chaleur et à la sécheresse". Ou encore l’orge, qui est riche en micronutriments et connu "pour sa capacité à supporter la salinité des sols, en plus de la chaleur et de la sécheresse".

 

Mais réorienter l’agriculture pour survivre au changement climatique, "c’est davantage que planter des graines tolérant des temps plus chauds", ajoutent les experts. Cela nécessite aussi une résistance aux insectes et maladies, pour la pomme de terre par exemple (avec les risques que fait peser le mildiou) ou l’igname, un aliment de base en Afrique de l’Ouest. Et cela nécessite la préservation de la qualité des sols. Actuellement, dans le nord de l’Afrique et en Asie centrale, des petits fermiers cultivent alternativement du blé et des fèves qui apportent des protéines pour leur alimentation et de l’azote pour les sols. Or, le changement climatique pourrait affecter cette façon naturelle de faire, et ses bienfaits, étant donné que les fèves sont sensibles à la chaleur et à la sécheresse.

 

Une chose est claire, c’est que "les cultures risquent de ne plus être en mesure de se développer là où elles ont poussé pendant de nombreuses générations", avec tout ce que cela entraîne comme conséquences. Le défi qui se présente au monde agricole est aussi culturel.

 

Un article de Sabine Verhelst paru le 08/11/2012 sur www.lalibre.be

 

 

 

 

 

 

 

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