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  • : Ath en Transition
  • : Et si notre réponse au pic du pétrole, aux changements climatiques et aux crises économiques ressemblait plus à une fête qu'à une marche de protestation ?
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logo-transition-network.gifAth en Transition fait partie du Transition Network, avec plus de 1100 villes et territoires dans le monde. C'est une progression extraordinaire que le mouvement citoyen et mondial de la transition connaît depuis la fin 2006.

Le mouvement se structure maintenant aussi chez nous avec le Réseau Transition Wallonie - Bruxelles.

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 14:33

Un article de Sabine Verhest mis en ligne le 11/10/2011 sur www.lalibre.be. Nous y avons ajouté quelques liens intéressants dans le texte.

 

Rob-pict_365697.jpgRob Hopkins est le père de la Transition, mouvement qui essaime dans le monde. L’avenir passe par la reconstruction d’une économie locale.

Imaginez une ville où l’on paie les produits du cru avec une monnaie purement locale; c’est à Totnes et bien d’autres encore. Imaginez une communauté où l’on gère sa propre centrale énergétique; c’est à Bath par exemple. Imaginez des tas d’autres initiatives qui pensent local pour dépasser les crises écologiques, énergétiques et économiques. Des tas d’idées pour réduire la consommation de pétrole et de gaz, reconstruire une économie locale solide et durable. Bienvenue dans le monde de la Transition, un mouvement né au Royaume-Uni en 2006 à l’initiative de Rob Hopkins, pour passer de la dépendance au pétrole à la résilience locale.

 

Rencontre avec un homme qui ne prend jamais l’avion, un père qui aime passer du temps avec ses enfants, un professeur en permaculture qui n’a rien d’un gourou.

 

Depuis le lancement de votre mouvement en 2006, de quoi êtes-vous le plus fier ?

Je suis fier du fait qu’il ait essaimé. Au départ, on ne savait pas si la mayonnaise allait prendre à Totnes (où le mouvement a commencé, NdlR) et, maintenant, il fonctionne dans 34 pays du monde (*) avec des centaines de projets. De petits projets individuels, on est passé à des projets de plus en plus importants, comme la création de monnaies locales.

La Transition serait une sorte d’Etat dans l’Etat ?

En quelque sorte. Le modèle actuel s’effondre rapidement, avec la crise économique, la dépendance pétrolière, etc. Nous avons vraiment besoin d’en sortir, mais cela ne peut se faire via des gouvernements qui continuent à dire que le pic pétrolier n’est pas un problème, que la croissance économique va revenir et que tout ira bien. On a besoin de quelque chose de différent et la Transition peut jouer un rôle très important à cet égard.

Comment cela s’exprime-t-il concrètement ?

A Bath, par exemple, ils ont créé une compagnie énergétique, la Bath & West Community Energy, dans laquelle ils totnes-pound-images.jpgmettent 11 millions de livres (13 millions d’euros) pour l’étendre à toute la ville en cinq ans. Cela va générer 350 000 livres par an, qui seront réinjectées dans des projets de communauté. A Totnes, nous avons des rues en Transition. Le gouvernement veut réduire les émissions de CO2 et donne de l’argent pour mettre des panneaux photovoltaïques sur le toit. Mais l’argent épargné est dépensé pour aller en vacances en avion et émettre plus de carbone encore. Avec les rues en Transition, on réfléchit ensemble entre voisins à la consommation d’énergie ou d’eau par exemple. Dans beaucoup d’endroits, on se penche aussi sur la nourriture, la manière de reconnecter les villes avec les terres des alentours. Dans une ville anglaise, ils ont installé une ferme pour fournir la nourriture à leurs commerces communautaires. Et à Brixton, ils ont mis en circulation des billets de banque qu’on ne peut dépenser que dans les commerces locaux. On peut même les utiliser pour payer ses taxes au Conseil municipal.

Voyez-vous un intérêt à l’euro, qui est un peu l’idée opposée ?

Il n’est pas en grande forme pour le moment Cela dit, nous avons besoin d’une devise nationale ou internationale forte, mais aussi d’une monnaie locale forte. Elles sont complémentaires. Beaucoup d’argent quitte les communautés et une monnaie locale permet à l’argent de rester et de circuler pour développer l’économie locale.

Voyez-vous quelque chose de positif dans la mondialisation ?

Bien sûr, en termes de découverte et de compréhension des cultures par exemple. C’est la mondialisation économique qui pose problème. Chaque année, le Royaume-Uni exporte un million et demi de kilos de patates vers l’Allemagne et importe un million et demi de kilos de patates d’Allemagne. Quelle différence y a-t-il entre ces patates qui circulent dans tous les sens ? Je ne vois pas. C’est l’énergie bon marché qui a rendu tout cela possible. Mais si l’on dépasse un certain seuil, la mondialisation commence à s’inverser. En 2008, quand les prix ont tellement augmenté, il était, pour la première fois en trente ans, moins cher pour les Etats-Unis de produire de l’acier que de l’importer de Chine. Les choses changent et nous devons nous y préparer.

Que signifie relocaliser l’économie concrètement ?

Il ne s’agit pas d’ériger de grandes barrières autour de nos villes. Ma ville, Totnes, compte 10 000 habitants. Nous ne sommes pas capables de produire des voitures ni des ordinateurs, mais bien notre nourriture, notre énergie, nos matériaux de construction. Cela implique de former les gens, de créer de nouvelles entreprises, de renforcer l’économie locale. On n’a en tout cas pas besoin d’exporter autant de patates qu’on en importe ! Imaginez l’économie locale comme un seau troué : tout l’argent fuit par les trous, mais nous pouvons les boucher et renforcer notre économie.

Dans vingt ans, où voyez-vous la Transition ?

Ces idées de résilience et de relocalisation seront peut-être devenues des lieux communs. Et peut-être que plus personne n’appellera cela Transition. J’espère que l’accent sera mis sur des politiques soutenant les économies locales et que celles-ci seront la source principale d’emplois. Je suis pour un processus qui permette de reconstruire les communautés, de revenir les uns vers les autres. Nous sommes devenus tellement indépendants et séparés les uns des autres Cette révolution-ci se passera beaucoup plus vite que la révolution agricole et la révolution industrielle. Ce sera une réalisation historique.

 

(*) Y compris en Belgique : voir sur www.entransition.be

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