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  • : Ath en Transition
  • : Et si notre réponse au pic du pétrole, aux changements climatiques et aux crises économiques ressemblait plus à une fête qu'à une marche de protestation ?
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logo-transition-network.gifAth en Transition fait partie du Transition Network, avec plus de 1100 villes et territoires dans le monde. C'est une progression extraordinaire que le mouvement citoyen et mondial de la transition connaît depuis la fin 2006.

Le mouvement se structure maintenant aussi chez nous avec le Réseau Transition Wallonie - Bruxelles.

Agenda

19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 11:12
Capture d'écran - 19082014 - 11:13:38 Le site d'Ath en transition a déménagé depuis janvier 2014... Pour des informations sur nos activités, projets... rendez-vous sur www.athentransition.be Ce blog ne sera plus mis à jour et devient donc de fait une archive, la publicité qui s'y trouve régulièrement nous est imposée par Overblog depuis l'été 2014.
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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 13:43
« Créer une économie résiliente », Le Soir du 12/11/2013

Cet article est extrait du journal Le Soir du 12 novembre 2013. Si vous participez à une initiative de transition, vous aurez compris que si Josué consacre son temps et sa passion à favoriser le développement des initiatives de transition (formations, ateliers, conférences...), il n'est pas "à la tête" du mouvement des Villes en Transition" à Bruxelles et en Wallonie, mais plutôt au service de leur dynamique.

Nous reproduisons ici l'article de Frédéric Delepierre avec son autorisation.

PORTRAIT
La maison d’Irchonwelz est en chantier. Sur la table de Josué, des carreaux de carrelage.
« Je suis à la recherche d’enduit, lance le père de famille. Du bio, bien entendu. » S’il a emménagé dans cette bâtisse à rénover avec femme et enfants, Josué, c’est notamment pour une raison qui correspond à ses aspirations.
« Nous avons un grand jardin dans lequel nous allons pouvoir cultiver un potager bio en famille. » L’une des lignes de conduite que s’impose ce psychologue de formation, à la tête du mouvement des « Villes en Transition », à Bruxelles et en Wallonie, qui donne aussi des formations à l’étranger.


« Le mouvement des Villes en Transition est né en 2006, dans le village de Totnes, en Grande-Bretagne, en réaction à la flambée des prix pétroliers et à la raréfaction des ressources naturelles. L’ambition des adhérents est d’amener la population en douceur dans le monde de l’après-pétrole. Quartier par quartier. Le but est notamment d’expliquer aux gens comment se passer d’énergie fossile en ayant un impact sur l’effet de serre. »


Changer de vie

Pas de militantisme : « Il est trop souvent culpabilisant. On y oppose les gens au lieu de
construire une alter
native, dit Josué. Chez nous, à Ath, comme ailleurs, nous démarchons des gens de profils, d’âges et de formations différents. Nous leur demandons quelles seraient, selon eux, les initiatives qui pourraient réduire la consommation
d’énergie. Nous les informons sur les enjeux lors de soirées thématiques. A eux ensuite de développer des projets au travers de groupes locaux, de quartiers. Pas
question pour nous de jouer les leaders, les gourous. Le but est aussi de retisse
r des liens. »


Pas question pour les Villes en Transition d’opérations coup de poing. La « révolution » doit se faire en douceur. « Nous recherchons les petites actions qui auront le plus grand résultat, explique Josué Dusoulier. Nous favorisons la création de potagers collectifs, de bourses d’échange de savoirs, d’ateliers de permaculture et des groupes d’achats solidaires. » Ath a aussi son Repair’ Café ouvert une fois par mois. « Chacun peut y venir
pour y faire réparer gratuitement ses semelles de chaussures, ses jouets ou son vélo. Pourquoi jeter ce qui peut être rép
aré ? »
Sur le même principe, une donnerie est organisée trois fois par de ce dont on n’a plus besoin : vaisselle, livres, vêtements, DVD.

« A l’heure de la surconsommation, nous voulons montrer qu’une autre économie est possible, une économie résiliente, reprend Josué. Un peu partout, nous constatons d’ailleurs que des adhérents se prennent au jeu. Ils veulent quitter leur activité professionnelle pour créer leur propre projet d’économie locale. A Ath, une épicerie s’ouvre cette semaine et ne vendra que des produits locaux. A Liège, les “transitioners” veulent bâtir une ceinture alimentaire autour de la ville, pour relocaliser les maraîchers. A Grez-Doiceau, ils veulent créer une coopérative qui va construire une micro-brasserie et une boulangerie artisanale. »

A travers le monde : plus de 1.800 initiatives de transition dans 45 pays.

www.reseautransition.be

■ FRÉDÉRIC DELEPIERRE

PHOTO : Josué applique son message à la lettre en cultivant ses légumes et en se déplaçant à vélo quand il le peut. © DOMINIQUE DUCHESNES.

Créer une économie résiliente - Le Soir du 12/11/2013

Créer une économie résiliente - Le Soir du 12/11/2013

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 07:00
UtopiaL'émission Utopia (RTBF - La Première), était consacrée ce vendredi 25 octobre aux Initiatives de Transition. Après un survol de l'historique du mouvement, l'émission présente ses principaux objectifs et caractéristiques à travers des exemples d'initiatives en Belgique et dans le monde. Ré-écoutez l'émission ci-dessous:
Présentation de l'émission sur le site d'Utopia
Projetons-nous 50 ans dans l’avenir : quel monde voulons-nous léguer à nos enfants et petits-enfants ? C’est sur cette question qu’est né le Mouvement de Transition en Grande-Bretagne, c’était en septembre 2006 dans la petite ville de Totnes. Il s’agit de passer de la dépendance du pétrole à la résilience locale en créant un avenir meilleur et moins vulnérable devant les crises écologiques, énergétiques et économiques qui menacent, ce qui passera donc aussi par une relocalisation de l’économie et un investissement citoyen pour trouver les solutions adaptées aux besoins de chacun. Toutes les initiatives sont bienvenues, et contagieuses si possible, on en parle avec:

JOSUE DUSOULIER, formateur, facilitateur et conférencier sur les Initiatives de Transition, co-fondateur d'Ath en transition et du Réseau de transition Wallonie-Bruxelles.

FRANCOIS-OLIVIER DEVAUX, ingénieur civil, docteur en sciences appliquées, il travaille sur le projet européen Ticket to Kyoto pour réduire les émissions de CO2 du transport public. Il a participé au lancement de betransition, un collectif visant à promouvoir la réflexion sur une transition personnelle et sociétale.

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 08:58

Comment nos inégalités polluent la planète

 

S’il existe de nombreuses bonnes raisons de vouloir sauver nos démocraties de leur corruption par les inégalités, la raison écologique est peut-être la plus fondamentale.

Cet enjeu écologique de la crise contemporaine des inégalités peut d’abord être compris de manière micro-écologique. Du côté des riches, l’économiste et sociologue américain Thorstein Veblen (et sa « « consommation ostentatoire ») nous apprend que le désir d’imitation des modes de vie des plus fortunés par la classe moyenne peut conduire à une épidémie culturelle de dégradations environnementales. Du côté des pauvres, Indira Gandhi, seul chef d’Etat présent au sommet fondateur de Stockholm en 1972, nous enseigne que « la pauvreté et le besoin sont les plus grands pollueurs » : la pauvreté conduit dans le monde en développement à des dégradations environnementales insoutenables mais rendues nécessaires par l’urgence sociale de survivre. Ces dégradations résultent d’un arbitrage perdant à moyen terme entre bien-être présent et futur : les ressources naturelles constituant de fait le véritable patrimoine de la majorité des habitants des pays pauvres, leur dégradation se traduira à terme par un appauvrissement des populations. L’éradication de la pauvreté est donc un objectif écologique à condition qu’elle ne soit pas considérée comme un simple rattrapage sur le mode de l’hyperconsommation mais qu’elle entre dans le cadre d’une redéfinition de la richesse et de ses indicateurs.

Il est encore plus intéressant de raisonner de manière macro-écologique, en considérant les effets dynamiques de la relation entre riches et pauvres et non seulement les comportements isolés des uns et des autres. Cinq mécanismes apparaissent alors.

 

1) L’inégalité accroît inutilement un besoin de croissance économique potentiellement nuisible à l’environnement

Le raisonnement est ici intuitif : plus la création de richesses d’un pays est accaparée par un petit nombre, plus le reste de la population aura besoin de compenser cet accaparement par un surcroît de développement économique. Le besoin de croissance économique sera donc inutilement gonflé par l’inégalité. La situation des Etats-Unis au cours de la période la plus récente est à cet égard particulièrement frappante. Les données produites par les économistes Emmanuel Saez et Thomas Piketty pour la période 1993-2011 montrent qu’un pourcent de la population américaine a accaparé soixante-quinze pourcents de la croissance économique. Une meilleure répartition des revenus aurait permis de diminuer la croissance totale nécessaire à la satisfaction des besoins de l’immense majorité des Américains, alors même que cette croissance n’est pas aujourd’hui, c’est un euphémisme, orientée vers l’économie verte (susceptible de minimiser les dégradations environnementales engendrées par le développement humain).

 

2) L’inégalité accroît l’irresponsabilité écologique des plus riches au sein de chaque pays et entre eux

L’inégalité, en accroissant l’écart de revenu et de pouvoir entre les habitants d’une même société ou de deux pays différents, aggrave l’incitation à l’externalisation des coûts propre au capitalisme, au niveau national comme international. Parce que l’écart entre les riches et les pauvres s’accroît, il est plus facile de transférer les dommages environnementaux des riches (individus et pays) vers les plus pauvres. L’inégalité de revenu et de pouvoir agit alors comme une dés-incitation à la responsabilité écologique ou, si l’on préfère, comme un accélérateur d’irresponsabilité écologique.

Prenons l’exemple concret d’une entreprise confrontée à un choix de production : elle peut d’un côté vouloir réduire l’impact écologiquement nuisible de sa production ou de l’autre vouloir minimiser le coût économique de la compensation du dommage qu’elle causera. L’inégalité de revenu et de pouvoir agira doublement pour inciter l’entreprise à localiser sa production dans une zone socialement défavorisée, où les habitants disposent de faibles revenus et de faibles capacités de mobilisation : d’une part, parce que la disposition à payer pour la qualité environnementale y sera faible (la compensation d’un éventuel préjudice écologique sera également minime) ; d’autre part, parce que le risque d’une action collective qui pourrait s’opposer à cette production dommageable sera limité par la faible puissance politique des habitants. Le raisonnement vaut au plan international et constitue l’arrière-plan de nombreux épisodes catastrophiques tragiquement humains, qu’il s’agisse du désastre chimique de Bhopal en décembre 1984 ou de la pollution du Delta du Niger aujourd’hui.

 

3) L’inégalité, qui affecte la santé des individus, amoindrit la résilience social-écologique des sociétés et affaiblit leurs capacités collectives d’adaptation

De nombreux travaux de recherche confirment aujourd’hui l’impact néfaste des inégalités sur la santé physique et mentale des régions et des nations (voir notamment les travaux britanniques pionniers de Richard Wilkinson et Michael Marmot et la recherche contemporaine sur les « inégalités sociales de santé »).

La notion de résilience, aujourd’hui très répandue dans les travaux scientifiques de différentes disciplines et dans le débat public, désigne au sens large la capacité d’un système à tolérer un choc et revenir à l’équilibre après celui-ci sans changer de nature. La vulnérabilité aux désastres dits « naturels » ou aux crises écologiques au sens large, est souvent décrite comme la résultante de l’exposition au choc et de la sensibilité à celui-ci, ces deux éléments constituant l’impact potentiel du désastre sur un individu ou une collectivité. Il faut ensuite soustraire de cet effet potentiel la capacité d’adaptation et la résilience pour avoir une idée de l’impact final du choc écologique sur les populations. Sur chaque terme de cette équation (exposition, sensibilité, résilience, adaptation), l’inégalité de revenu et de pouvoir produit un effet négatif. Les inégalités conduisent en somme à un décuplement des dommages sociaux engendrés par les chocs écologiques.

 

4) L’inégalité entrave les capacités d’action collective susceptibles de préserver les ressources naturelles

Selon la « logique de l’action collective » (le cadre théorique formulé par l’économiste Mancur Olson), un petit groupe d’individus riches, convaincus qu’ils seront ceux qui en tireront le plus grand profit, serait prêt à assumer le coût élevé de politiques environnementales ambitieuses. Les plus riches ont en effet pour eux, sur le plan logistique, l’avantage du petit nombre. Un groupe plus large, dont les revenus seraient plus hétérogènes, ne saurait, dans la perspective d’Olson, trouver les moyens de s’organiser efficacement pour protéger l’environnement.

Ce modèle, qui pourrait laisser penser que l’inégalité est favorable à la préservation des ressources naturelles, a pourtant été doublement démenti, de façon très convaincante. De nombreuses études montrent d’une part que l’inégalité est dans les faits défavorables à une gestion soutenable des ressources communes, en désorganisant et en démobilisant les communautés humaines. Les travaux d’Elinor Ostrom ont par ailleurs montré que les bonnes institutions, qui permettent aux communautés de préserver à long terme les ressources naturelles essentielles à leur développement, sont, au contraire de ce que la logique de l’action collective pourrait laisser croire, fondées sur des principes de justice et de réciprocité.

 

5) L’inégalité réduit la sensibilité des plus modestes aux enjeux environnementaux et la possibilité de compenser les éventuels effets régressifs des politiques environnementales

Plus les inégalités de revenu sont importantes et moins il est aisé de sensibiliser les individus les plus défavorisés aux enjeux écologiques, enjeux qui supposent de projeter son bien-être dans le temps et de s’abstraire en partie des difficultés du présent. Dans une société où la pauvreté et la précarité s’accroissent, la sensibilité environnementale décline… naturellement. Ce problème de l’acceptabilité politique est encore renforcé par la contrainte budgétaire publique. Car l’inégalité rend également plus complexe, voire impossible, la mise en œuvre de mécanismes de compensation efficaces pour contrer les éventuels effets régressifs de certaines politiques environnementales (la taxation du carbone par exemple). Plus la pauvreté et la précarité s’accroissent et plus la compensation sociale des politiques environnementales s’avèrera coûteuse.

 

Des inégalités environnementales aux inégalités sociales : le cycle de l’injustice

Si les inégalités de revenu et de pouvoir contribuent puissamment à nos crises écologiques, elles s’incarnent aussi dans la montée en puissance des inégalités environnementales. Ces dernières sont multiples, on se concentrera ici sur deux de leurs dimensions : l’inégalité face aux désastres dits « naturels » et l’inégalité face aux nuisances et aux pollutions.

L’inégalité sociale devant des catastrophes non pas « naturelles » mais social-écologiques – dès lors que, de plus en plus, leurs causes et leur impact sont déterminés par les sociétés humaines – est bien documentée : la canicule ayant frappé Chicago en 1995, la canicule de 2003 en France et en Europe ou encore l’ouragan Katrina en 2005 furent autant de révélateurs et de catalyseurs de l’inégalité sociale.

L’inégalité humaine n’est pas moins grande face aux nuisances et aux pollutions quotidiennes de l’environnement. C’est d’abord vrai au plan mondial, les études de l’OMS montrant que l'environnement affecte de manière significative plus de 80% des principales maladies et déterminent notamment les facteurs déclencheurs des maladies chroniques, qui représentent désormais près des deux tiers des décès annuels sur la planète. Le médecin et chercheur Paul Farmer (Harvard) montre dans ses très nombreux travaux comment de nombreuses maladies sont, dans le monde en développement, des « symptômes biologiques de lignes de fracture sociales ». C’est ensuite vrai en Europe, où la Commission Marmot a établi en 2010 qu’un écart de dix ans dans l’espérance de vie pouvait séparer les habitants des quartiers les plus favorisés des quartiers les plus défavorisés au Royaume-Uni. C’est enfin vrai en France, où deux types de résultats commencent à être articulés et soumis à l’attention des responsables politiques : le lien entre pollutions et mortalité et morbidité (voir sur ce point les travaux de l’INVS) et le lien entre exposition aux pollutions et indicateurs de défaveur sociale (voir les travaux de Julien Caudeville à l’INERIS et les résultats du projet Equit’Aréa).

La combinaison dynamique des dimensions sociale et environnementale de l’inégalité donne le vertige. Les travaux sur les effets de la pollution atmosphérique dans la région de Los Angeles donnent à voir le lien entre exposition aux pollutions et résultats scolaires, via les maladies respiratoires qui se développent chez les enfants (l’asthme en particulier). Plus vertigineux encore, les résultats obtenus par la chercheuse de Princeton Janet Currie, qui propose une véritable théorie de la perpétuation social-écologique de la pauvreté : les enfants issus de familles défavorisés (appartenant souvent, aux Etats-Unis, aux minorités ethniques) ont de fortes chances de naître en mauvaise santé du fait de l’environnement malsain dans lequel la grossesse de leur mère se sera déroulée, cette faiblesse sanitaire infantile se traduisant par des scolarités heurtées et des parcours professionnels difficiles. L’injustice se perpétue alors en cycle, d’inégalités environnementales en inégalités sociales.

 

Des inégalités environnementales aux inégalités politiques : la démocratie par l’écologie ?

Ce lien entre inégalités et environnement n’est pas seulement une fatalité : il peut s’avérer un puissant levier politique. Le combat pour la justice environnementale aux Etats-Unis a permis à la lutte pour les droits civiques de franchir dans les années 1980 et 1990 un cap social. De même, en Europe et en France, la reconnaissance des inégalités environnementales permettrait une véritable refondation des politiques sociales et de l’Etat providence. Un pays incarne mieux que les autres cette voie écologique vers le progrès politique : la Chine.

On ne peut qu’être frappé de la continuité écologique entre l’URSS et la Chine contemporaine, à ceci près que le développement de cette dernière s’appuie sur un modèle économique plus ouvert (même s’il est loin d’être libéral) et nettement plus dynamique, qui inflige à l’environnement un impact décuplé. Le cas de la Chine constitue une combinaison particulièrement toxique sur le plan écologique d’autoritarisme politique et de capitalisme débridé. Il illustre également le fait qu’un développement économique sans contrepoids démocratique peut progressivement conduire à un sous-développement humain par insoutenabilité écologique.

Cette insoutenabilité écologique, dans laquelle l’explosion des inégalités sociales joue un rôle certain, remet en effet en cause les perspectives de long terme de la Chine en matière de développement humain, ce que reconnaissent d’ailleurs depuis peu les dirigeants chinois. Ainsi l’actuel Ministre de l’environnement Zhou Shengxian s’interrogeait-il en février 2011 à haute voix en amont du Congrès National du Peuple: « si notre territoire est détruit et que nous perdons notre santé, quel bien notre développement nous fait-il ? ». Selon le Ministre lui-même, on dénombrerait annuellement en Chine plusieurs dizaines de milliers de mouvements populaires contre les inégalités environnementales.

Deux évènements récents laissent penser que l’ampleur de ces inégalités environnementales peut ouvrir une brèche de transparence dans l’autoritarisme politique chinois au plan national et local. D’abord, les autorités de Pékin se sont vues récemment contraintes d’informer la population des niveaux alarmants atteints par la pollution atmosphérique dans la ville. Cette décision résulte de la pression combinée des habitants et de l’ambassade des Etats-Unis à Pékin, qui, via Twitter informe quotidiennement depuis deux ans ses ressortissants sur le niveau de dangerosité de la pollution aux particules fines. L’autre évènement est la publication récente d’une liste de « villages-cancer » par le gouvernement chinois, villages dont la prévalence anormale de cancers résulte de pollutions environnementales (en particulier du système hydraulique, dégradé par le secteur dit « industriel-rural »). Trente ans après son irruption aux Etats-Unis, la justice environnementale est devenue en quelques années un sujet incontournable dans la Chine contemporaine. Et si la Chine se démocratisait par l’écologie ?

 

De l’écologie-moralité à l’écologie-sécurité

Cette recherche sur la relation complexe et cruciale entre inégalités sociales et crises écologiques se développe et se diffuse, comme en témoigne le rapport des Nations Unies sur le développement humain consacré à cette question fin 2011. Parmi les nombreuses mesures qui permettraient de répondre à ce défi, la conception et la mise en œuvre de politiques social-écologiques apparaît comme une priorité à la portée des responsables politiques à tous les niveaux de gouvernement en France, en Europe et au-delà.

L’approche social-écologique propose au fond de passer d’une écologie-moralité à une écologie-sécurité. Elle suggère que l’écologie ne consiste pas à accabler les humains pour leurs outrages à la Nature mais à les protéger de leur inconséquence.

 

 

Ce texte a été initialement publié le 4 juin 2013 sur le site suivant : http://think-tank.fnh.org/content/pour-une-approche-social-ecologique-ou-pourquoi-nos-inegalites-polluent-planete

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 13:25
Sortie d'un nouveau livre pour la transition : "The power of just doing stuff""

Après le manuel de transition (disponible en prêt à la bibliothèque d'Ath) et le Transition companion, voici le dernier livre de Rob Hopkins : "The power of just doing stuff - how local action can change the world" (Traduction libre : "le pouvoir de juste passer à l'action - comment l'action locale peut changer le monde").

 

Plus compact que les précédent, ce livre est une introduction inspirante et enthousiasmante aux initiatives de transition, un réseau mondial de mouvements citoyens locaux. Il est actuellement disponible en anglais ici. Et en prêt dès que je l'aurai lu :-)

 

Bonne lecture !!

Josué

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 08:00

Nous vous relayons ici la newsletter de Thierry Janssen pour ce mois de mai 2013.

Nous la trouvons très en phase avec les préoccupations et le projet des initiatives de transition.

Thierry Janssen 2009

===

 

Bonjour,


En ce printemps, je soumets ce petit schéma à votre réflexion.


Celui-ci décrit le changement de paradigme que nous vivons actuellement.


 

 

"

 

Évoluer d'une culture de compétition, d'opposition et d'exclusion vers une culture de coopération, d'union et d'intégration.

 

Faire de l'argent non plus un but mais un moyen.

 

Arrêter de pallier aux manques en créant du manque; créer de l'abondance en partageant ce qui abonde.

 

Faire taire la voix de nos ego apeurés; nous apaiser pour goûter l'essentiel.

 

Ne plus s'illusionner dans la sophistication; se rassurer dans la simplicité.

 

Balayer nos peurs et connaître la joie.

 

Tout un programme !

 

Un changement de civilisation. Peut-être même un changement d'âge pour l'humanité.

Un choix. À moins que cela devienne une nécessité.

Une obligation.

 

Bien amicalement,

signature_transparente.png

 


ThierryJanssen.com

 

Source : http://www.thierryjanssen.com

 

 

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 08:00

velo-ou-pas.jpg

 

Si vous envisagez de remplacer votre voiture par un vélo, alors il est important de connaître l’impact de cette décision. Vous trouverez ci-dessous 10 effets secondaires du vélo que votre vendeur de vélos ne vous dira pas.

 

1. La perte de poids. Si vous essayez d’être gros, le vélo n’est pas bon pour vous. Le vélo est connu pour éliminer les calories provenant des réserves de graisse du corps.


2. Le ralentissement de la respiration. Les gens qui utilisent régulièrement le vélo ont besoin de plus de temps entre chaque respiration, que ce soit quand ils font du vélo ou quand ils sont en période de repos.


3. La réduction du stress et de l’agressivité. Les gens qui vont au travail à vélo sont moins susceptibles d’être agressifs, ce qui peut poser problème pour la survie dans le monde d’aujourd’hui.


4. Ponctualité. La possibilité de naviguer dans le trafic urbain, en prenant des raccourcis dans des endroits où les voitures ne peuvent pas passer, tout en évitant les embouteillages de l’heure de pointe, laisse souvent les cyclistes dans l’ennui lorsqu’ils doivent attendre l’arrivée de leurs collègues.


5. La stimulation mentale sans caféine. Ceux qui utilisent régulièrement le vélo ont la sensation naturelle d’être alerte et bien éveillé, et ne peuvent donc pas justifier la pause café en début de matinée.


6. Sentiment d’invincibilité. Les personnes qui sont leur propre moyen de transport ont souvent la dangereuse impression qu’elles peuvent réaliser quoi que ce soit.


7. La pratique du vélo peut conduire à d’autres activités. Rouler à vélo encourage la curiosité, l’exploration, et peut même provoquer une dépendance à la volonté de découvrir le monde.


8. Une joie extrême. Les cyclistes réguliers ont du mal à comprendre la colère des automobilistes, et se tiennent donc à l’écart du passe-temps populaire qui consiste à maugréer sur la circulation. Des sourires trop fréquents peuvent provoquer des rides d’expression sur le visage.


9. Perte de sensation. La pratique régulière du vélo rend insensible au froid, à la pluie, aux intempéries et même à la chaleur.


10. Mauvais pour la croissance économique. La pratique du vélo diminue les profits des compagnies pétrolières et des constructeurs de voitures tout en limitant la pollution et les problèmes de santé publique. Or, la pollution (et la dépollution qui va avec) et les problèmes de santé publique (dont les accidents de la route) participent à la croissance du PIB.


Source: http://bicicletasciudadesviajes.blogspot.com.es/

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 18:00

allan-savory.jpeg

« La désertification est un joli mot pour la terre qui se transforme en désert », commence Allan Savory dans ce puissant discours. Et de manière terrifiante, ça arrive à peu près aux deux tiers des prairies dans le monde, en accélérant le changement climatique et en poussant des sociétés pastorales à sombrer dans le chaos social.

 

Allan Savory a consacré sa vie à arrêter cela. Il croit maintenant -- et son travail à ce jour le montre -- qu'un facteur surprenant peut protéger les prairies et même récupérer les terres dégradées qui était autrefois des déserts...

 

Vous voulez en savoir plus ? Allan Savory nous explique dans cette vidéo (ici avec des sous-titres en français)...

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 08:00

surface-production-proteines.jpg  

 

Les protéines végétales présentent des atouts non négligeables: elles permettent aux végétariens de satisfaire leurs besoins en acides aminés, et elles sont un excellent moyen de réduire notre consommation de viande qui, en cas d’excès, est la cause de maladies cardiovasculaires, d’hypercholestérolémie et de cancers digestifs (colon). L’environnement est également un grand bénéficiaire d’une alimentation moins riche en produits carnés. Il faut 15kg de protéines végétales pour produire 1kg de protéines de bœuf: la consommation de viande est plus coûteuse pour la planète qu’une alimentation végétarienne (consommation d’eau, de céréales et autres aliments pour le bétail, occupation de terres agricoles…).

 

 

Les aliments végétaux les plus riches en protéines

 

Les céréales: le blé contient 13% de protéines, le riz 8%, l’orge 13%, le millet 13%, le sarrasin 10% (avec les 8 acides aminés essentiels), le maïs 8% (mais absence d’un acide aminé essentiel, le tryptophane), le seigle 11%, l’avoine 12% (riche en lysine), et le quinoa 14% (avec les 8 acides aminés essentiels).

 

Les légumineuses: les lentilles renferment 25% de protéines, les pois cassés 24%, les fèves 25%, les haricots secs 21%, les pois chiches 20%… Les légumineuses sont en outre riches en minéraux (fer, calcium) et en oligo-éléments (zinc, cuivre, manganèse). Les pois chiches et les fèves, par exemple, contiennent autant de calcium que le camembert!

 

Les graines germées: qu’il s’agisse de graines germées de céréales ou de légumineuses, le processus de germination augmente de près d’un tiers la teneur en protéines, qui sont de surcroît mieux assimilables que dans les graines non germées.>

 

Les produits à base de soja ont, outre une teneur élevée en protéines, l’avantage d’être riches en acides gras essentiels, et sans cholestérol. Le plus connu est le tofu (8 à 15g de protéines pour 100g), mais le tempeh est également un produit savoureux à découvrir, qui renferme environ 19% de protéines, ainsi que de la vitamine B12 (qui fait souvent défaut dans les régimes végétariens). Il est fabriqué à partir de fèves de soja cuites, écrasées et fermentées avec un champignon, Rhizopus oligosporus. Le tempeh, comme tous les produits à base de soja fermenté, ne contient pas de phyto oestrogènes.

 

proteines vegetalesLe seïtan: c’est un dérivé du blé. La farine de blé est pétrie avec de l’eau, puis lavée, de façon à en extraire le gluten. On obtient une pâte très riche en gluten (ensemble de protéines: gliadines, gluténines…), qui est cuite dans un bouillon, puis conditionnée. Le seïtan ressemble à de la viande, aussi bien visuellement qu’au niveau de la texture. Avec 30% de protéines, son apport protéique est même plus important que celui du boeuf (17% de protéines) ou des oeufs (13%). Très pauvre en lipides, il est très digeste (sauf pour les allergiques au gluten, bien évidemment!).

 

Les graines oléagineuses font également partie des aliments végétaux riches en protéines: elles en contiennent entre 8 et 19%. Noisettes, noix, amandes… Idéales pour un en-cas sain et nourrissant, en dessert ou au petit déjeuner: faites-leur une place dans vos menus, d’autant que leur teneur en minéraux et oligo-éléments (fer, calcium, zinc, magnésium), ainsi qu’en vitamine E et en acides gras essentiels les rend très intéressantes d’un point de vue nutritionnel.

 

Les champignons sont aussi une bonne source de protéines végétales (environ 3%).

 

Quelques compléments alimentaires 100% naturels riches en protéines

 

La spiruline (en poudre ou en comprimés) figure parmi les compléments les mieux pourvus en protéines (60 à 70%), elle est aussi riche en vitamine B12;

 

La levure de bière permet aussi d’équilibrer les apports protéiques, avec 46% de protéines;

 

Le germe de blé (en paillettes) en renferme 28% (avec une bonne teneur en lysine, qui augmente de 50% durant la germination);

 

Les extraits secs de plantes sauvages telles que l’ortie, la mauve, la bourse à pasteur ou le chénopode blanc (24 à 40% de protéines sur extrait sec).

 

Le jus d’herbe d’orge, en poudre ou en comprimés, est également riche en acides aminés.

 

 

Associer céréales et légumineuses pour un apport complet en acides aminés

 

L’une des règles d’or lorsque l’on souhaite avoir une alimentation végétarienne équilibrée en acides aminés essentiels, c’est d’associer, au cours d’un même repas, les céréales et les légumineuses. En effet, il manque souvent aux céréales un acide aminé essentiel (la lysine), et avec les légumineuses, c’est la méthionine qui fait défaut. En les consommant ensemble, on apporte à l’organisme les 8 acides aminés essentiels dont il a besoin. Ce type d’association existe d’ailleurs dans les traditions culinaires de tous les continents: soja et riz en Chine, pâtes (blé) et haricots secs en Italie, riz et lentilles en Inde, semoule (blé) et pois chiches en Afrique du Nord, maïs et haricots rouges en Amérique du Sud…

 

 

Assimilation du fer: pensez à la vitamine C

 

Le fer contenu dans les produits végétaux (fer non héminique) est moins bien assimilé que le fer d’origine animale (fer héminique). Pour améliorer sa biodisponibilité, et donc son assimilation, pensez à consommer lors de vos repas des aliments riches en vitamine C: assaisonnement au jus de citron, persil, brocolis, ou tout simplement un fruit (agrumes, kiwi ou fraises, qui sont les plus riches en vitamine C, mais, à défaut, tout fruit de saison fera l’affaire).

 

 

Un article de C. Desfemmes paru initialement sur http://www.aromatic-provence.com/

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 08:00

rodale-institute.jpg L'institut Rodale de Pennsylvanie a publié une étude comparative sur 30 ans dans la province canadienne du Saskatchewan. Contrairement aux idées reçues, l'agriculture biologique a surpassé l'agriculture conventionnelle dans chaque mesure.

 

Au dernier décompte, il ya environ 1500 agriculteurs biologiques au Saskatchewan. Ils évitent les engrais synthétiques et sprays toxiques qui sont le pilier de fermes conventionnelles. La pensée conventionnelle sur l'agriculture - qui répète que nous devons tolérer les produits chimiques toxiques, car l'agriculture biologique ne peut pas nourrir le monde - est erronée.

 

En fait, des études comme les essais de Rodale (Farming Systems Trial) montrent que, après une période de transition de trois ans, les rendements biologiques ont égalé les rendements conventionnels. Qui plus est, l'étude a montré que les cultures biologiques ont été plus résilientes. Ainsi, le rendements de maïs biologique était de 31 pour cent plus élevé que les cultures conventionnelles dans les années de sécheresse. Ces rendements sont remarquables par rapport aux aliments génétiquement modifiés (GM) "tolérant à la sécheresse", variétés, qui ont montré des augmentations de seulement 6,7 % à 13,3 % par rapport aux variétés classiques.

 

agriculture-biologique-surpasse-conventionnelle.gif

 

Plus important que le rendement, du point de vue de l'agriculteur, c'est le sujet du revenu, et en bio il est nettement supérieur. La comparaison sur 30 ans a montré que les systèmes bio ont été presque trois fois plus rentable que les systèmes conventionnels. Le rendement net moyen pour les systèmes biologiques a été de 558$/acre/an contre seulement 19/acre/an pour les systèmes conventionnels (NDR : 1 acre = 0,4 ha). Le revenu beaucoup plus élevé reflète la "prime biologique" perçues par les agriculteurs et que les consommateurs acceptent de payer. Mais même sans un supplément de prix, l'étude des systèmes biologiques de l'institut Rodale a montré qu'ils sont plus compétitifs que les systèmes conventionnels en raison des coûts d'intrants légèrement inférieur.

 

La récolte de céréales les plus rentables a été le blé de culture biologique avec 835$/acre/an. Fait intéressant, la culture intensive de maïs conventionnel a été la moins rentable, avec juste 27$/acre/an. La comparaison avec les cultures OGM était frappante, elle fait écho à une étude de l'Université du Minnesota, qui montre que les agriculteurs qui ont cultivé les variétés OGM gagnaient moins d'argent sur une période de 14 ans que ceux qui ont continué à cultiver des cultures non OGM.

 

Surtout, l'étude de l'institut Rodale, qui a débuté en 1981, a trouvé que l'agriculture biologique est plus durable que les systèmes conventionnels. Ils ont trouvé, par exemple, que:

 

  • les systèmes biologiques utilisaient 45 pour cent moins d'énergie que les systèmes conventionnels;
  • que l'efficacité de la production était de 28 pour cent plus élevée dans les systèmes biologiques, alors que les systèmes conventionnels de culture sans labour sont les moins efficaces en termes de consommation d'énergie.
  • que la santé des sols dans les systèmes biologiques a augmenté au fil du temps tandis que les systèmes conventionnels demeurent essentiellement inchangées. Une mesure de la santé des sols est la quantité de carbone contenue dans le sol. Le carbone remplit plusieurs fonctions essentielles: agissant comme un réservoir de nutriments des plantes, il lie les particules de sol entre elles, maintient la température du sol, fournit une source de nourriture pour les microbes (etc.) Les essais ont comparé différents types de systèmes biologiques et conventionnels; résultat ; l'augmentation du carbone était la plus élevée dans le système de fumure organique, suivi par le système de légumineuses biologiques. Le système conventionnel a montré une perte de carbone dans les dernières années.
  • que les champs bio ont augmenté la recharge des eaux souterraines et réduit le ruissellement. Les volumes d'eau infiltrés dans le sol ont été 15-20 % plus élevé dans les systèmes biologiques.

 

L'agriculture biologique contribue également à soutenir les communautés rurales en créant plus d'emplois, une étude de l'ONU montre que les fermes biologiques crééent 30% d'emplois de plus par hectare que les conventionnelles. Plus d'argent dans l'agriculture biologique va rémunérer la population locale, plutôt que les intrants agricoles.

 

Un article issu de www.fnab.org

d'après un article du Journal Starphoenix, septembre 2011

 

 

 

 

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