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  • : Ath en Transition
  • : Et si notre réponse au pic du pétrole, aux changements climatiques et aux crises économiques ressemblait plus à une fête qu'à une marche de protestation ?
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logo-transition-network.gifAth en Transition fait partie du Transition Network, avec plus de 1100 villes et territoires dans le monde. C'est une progression extraordinaire que le mouvement citoyen et mondial de la transition connaît depuis la fin 2006.

Le mouvement se structure maintenant aussi chez nous avec le Réseau Transition Wallonie - Bruxelles.

Agenda

10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 17:29

Benoit-Thevard.jpeg  

Benoît THEVARD, ingénieur conseil en énergie, était invité le vendredi 2 mars 2012 par Nantes en transition. A cette occasion, il a répondu à quelques questions. Nous vous présentons son interview dans cet article.

 

Ce spécialiste des hydrocarbures, ancien travailleur de l'industrie aéronautique, parcourt la France pour apporter des éléments rationnels et scientifiques à son auditoire sur la fin du pétrole bon marché et ses conséquences.

 

Benoît Thevard est également membre de l'Institut Momentum et anime le blog : "Un avenir sans pétrole ? Pour préparer plutôt que subir, tous en marche vers la Résilience". Dans sa région, il est membre de Châteauneuf-sur-Loire en Transition.

 

Avec la fin du pétrole, avons-nous atteint le pic de croissance ?

 

 

 


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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:39

090567« Notre produit, c’est le doute. » Les lobbys industriels (industrie du tabac, de l’énergie, du pétrole…) ont, à coup de milliards de dollars, élaboré une stratégie destinée à éviter toute réglementation de santé publique ou environnementale qui aurait pu nuire à leurs intérêts. Une stratégie toute simple, qui a consisté à nier en bloc les preuves scientifiques de la dangerosité du tabac, du DDT, de la réalité du trou de la couche d’ozone, des atteintes environnementales des pluies acides…


Discréditer la science et les scientifiques, semer la confusion : grâce à l’aide d’un petit groupe d’« experts indépendants » et de médias naïfs ou complaisants, cette stratégie a fonctionné et fonctionne toujours. Pour preuve : le réchauffement climatique – un des enjeux les plus importants pour la planète et ses habitants – continue, en dépit des innombrables travaux menés à son sujet, en dépit de ses effets qui commencent à se faire sentir, d’être taxé de… gigantesque supercherie.


Enquête aussi implacable qu’incroyable, l’ouvrage témoigne de l’importance des faits scientifiques dans le débat public, et conduit à une réflexion profonde sur la vulnérabilité de la société mondiale – la tactique, mise au point outre-Atlantique, s’exportant bien – face aux « marchands de doute ».


Naomi Oreskes (lire ici une interview) est professeur d'histoire des sciences de la Terre à l'Université de Californie, San Diego. Ses recherches concernent la géophysique, des questions environnementales telles que le réchauffement climatique, et l’histoire des sciences.
Historien des sciences au Jet Propulsion Observatory, à la Nasa, Erik Conway étudie les interactions entre les politiques nationales, la recherche scientifique et les mutations technologiques.

Traduction de Jacques Treiner (à écouter ici dans Nuwa), physicien théoricien, professeur émérite à l'Université Pierre-et-Marie Curie et enseignant à Sciences Po Paris.

 

Auteur : Naomi Oreskes et Erik M. Conway
Collection : Essais et documents
ISBN/EAN : 978-2-7465-0567-4 / 9782746505674

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 10:40

hln.jpgIl est désormais acquis que la transition vers une ère où le pétrole sera rare et onéreux devra passer par une consommation plus sobre de biens fabriqués localement ou autoproduits. Mobilité, chauffage des bâtiments, alimentation, … sont les premiers postes auxquels nous pensons spontanément. Par contre, le placard dans lequel nous rangeons nos produits d’entretien ménager attirera, à coup sûr, beaucoup moins notre attention.

 

Et pourtant, ces derniers peuvent aisément être fabriqués à base d’ingrédients naturels, respectueux, et de l’environnement, et de notre santé tout en étant peu onéreux. Coluche nous ventait sarcastiquement les vertus de cette poudre à lessiver qui lavait « plus blanc que blanc »… Pas loin de 30 années se sont écoulées et « on » tente toujours de nous faire croire que de mystérieuses molécules parviennent à rendre encore plus propre un linge pourtant déjà « plus blanc que blanc ». Personne n’est dupe, bien sûr. Mais tout le monde achète ces produits soit disant de plus en plus efficaces alors que la formule de base n’a pour ainsi dire pas changé depuis des lustres. Ah, la magie (blanche ?) de la publicité, fille du sacro-saint marketing…

 

 

Franchement, est-ce que notre linge est réellement plus propre que celui de nos grand-mères ? Non, bien sûr.

 

Alors, pour commencer, jetez 3 poignées de savon de Marseille et +/-150gr de cristaux de soude (pas utile si vous utilisez de l’eau de pluie) dans le tambour de votre machine à laver avant de le remplir de linge. Dans le bac à lessive, versez 2 à 3 cuillères à soupe de bicarbonate de soude pour le linge de couleur. Pour le blanc, utilisez plutôt, en même quantité, du percarbonate de soude. Pour remplacer l’adoucissant, 1 cuillère à soupe de vinaigre et quelques gouttes d’huile essentielle (de tea tree, par exemple) feront l’affaire. Placez ensuite votre linge ainsi que 5 vieilles balles de tennis pour brasser et battre le linge et c’est parti ! Voilà pour la recette de base du produit lessiviel dont les quantités pourront être adaptées, en fonction de la dureté de l’eau et du niveau de salissure du linge. Petit bémol toutefois, en cas de tâches difficiles, il y a lieu d’appliquer au préalable, au cas par cas, un traitement spécifique comme, par exemple, de l’alcool dénaturé à 70° pour les tâches de rouge à lèvre.

 

Et ce substitut lessiviel n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, des produits ménagers qu’il est nous est loisible de fabriquer nous même et très facilement avec des ingrédients que l’on trouve couramment en droguerie (et même en grande surface).

 

Si le cœur vous en dit, retrouvez de plus amples informations sur l’autoproduction de produits d’entretien via l’excellent document « Le Grand Ménage : Recettes écologiques et économiques pour l’entretien de la maison » téléchargeable gratuitement sur le site http://raffa.grandmenage.info/

 

Bon nettoyage !

Laurent DELVAUX

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 18:46

preter-son-jardin-puis-partager-ses-re-1518692.jpg« Savez-vous planter chez nous ? »

Sous ce jovial intitulé en forme de clin d'oeil à une chansonnette, un site internet propose de mettre en relation des propriétaires de jardins et des personnes souhaitant jardiner... Pour partager un lopin de terre, des expériences et des récoltes. Rencontre avec Pasquier, un Boulonnais séduit par le concept.


Quand il a découvert via facebook le site de « Savez-vous planter chez nous ? », Pasquier Cognacq a tout de suite trouvé que c'était une « très très bonne idée » et s'est dit « pourquoi pas moi ? ». Il faut dire que cet ex-cadre administratif fraîchement retraité, enraciné dans le petit village de Bazinghen depuis 5 ans après avoir longtemps vécu à Roubaix, est toujours « curieux de voir ce qui se fait en matière d'économie durable » et séduit par l'idée de « sobriété joyeuse », très dans l'ère du temps, qui rime avec réflexion sur la société de consommation, convivialité et partage.

 

L'idée de prêter un bout de son jardin à quelqu'un qui n'en a pas pour partager ensuite le fruit de la culture ne pouvait donc qu'enthousiasmer cet adepte des jardins familiaux. « J'ai un petit potager dont j'aime m'occuper mais j'ai beaucoup d'activités », explique-t-il. (...) un coup de main serait le bienvenu. Surtout s'il permet d'échanger des savoir-faire et de passer de bons moments

Intéressés par le partage de jardin à Ath ou dans les environs ?

Inscrivez-vous sur ce site et contactez-nous afin de favoriser le développement de ce système !!

ensemble. Voire - autre avantage très concret - de travailler le jardin pendant les vacances. « Il pourrait s'agir d'un ancien qui serait content de retrouver un bout de terrain ou de transmettre une expérience, ou, inversement, d'un jeune qui n'a jamais jardiné... ». Pasquier Cognacq, qui s'est inscrit il y a quelques semaines, n'a en effet pas encore trouvé le candidat pour faire pousser avec lui pommes de terre, tomates, choux de Bruxelles, radis et autres framboises et fraises dont ses petits-enfants sont si friands. Et pour une bonne raison : le site de « Savez-vous planter chez nous » est récent et plutôt méconnu. Dans le Boulonnais, notre Bazinghinois est le seul inscriCapture-du-2012-06-13-14-37-06.pngt peut-être même dans tout le Pas-de-Calais ! « J'espère que cet article donnera envie à d'autres de faire la même chose ! » conclut Pasquier, qui aimerait que son exemple essaime et soit comme une graine qui donne beaucoup de fruits.

 

Si vous êtes intéressés par la proposition de Pasquier Cognacq ou souhaitez vous inscrire, consultez le site : www.plantezcheznous.com Ce site donne aussi de précieux conseils de jardinage.

 

Par Emmanuelle Dupleux sur www.lavoixdunord.fr

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 10:39

discours-chef-seattle-L-1.jpgLe discours du chef Seattle

Patrimoine commun de l’humanité

les Amérindiens vouaient un respect sans limites à la nature qu’ils considéraient comme la mère protectrice, leurs permettant de vivre à l’abri de tout besoins existentiels.

Chassés et anéantis par l’homme "civilisé", certains d’entre eux ont émis des doutes quant à l’Avenir d’une Planète « entre des mains civilisées ». Certains de ces discours sont parvenus jusqu’à nos jours, se révélant souvent être prononcés par de véritables visionnaires. Parmi ces paroles et discours, il en est un, prononcé en 1854 par le Grand Chef indien Seattle.

 

Ce discours connut diverses traductions par des missionnaires et par des militaires. Il s’en suivit deux formes de censures, l’une religieuse, l’autre stratégique. Six versions différentes de ce célèbre discours ont été confrontées par "les éditions du Petit Bois"  afin de tenter d’en sortir un texte qui puisse être un reflet de l’original. Toutes les remarques seront donc les bienvenues sur leur site pour continuer ce travail.

 

Nous vous proposons la lecture de ce texte qui rappelle que l'homme fait partie de la nature, même si dans notre société occidentale, il semble l'avoir oublié.

 

Le chef indien répond à la demande de vendre ses terres aux blancs et de s’installer avec les siens dans une réserve. Il prononça ce discours au représentant du gouvernement fédéral en 1854.

 

« Le ciel au-dessus de nos têtes, qui a pleuré des larmes de compassion sur mon peuple pendant des siècles et des siècles, qui nous paraît immuable et éternel, est soumis au changement. Aujourd’hui, il est clair, demain il sera peut-être couvert de nuages.

 

Le grand chef à Washington nous a envoyés un message disant qu’il veut acheter notre terre !

 

Il nous envoie également des paroles d’amitié et de bonne volonté. C’est très gentil de sa part car nous savons qu’il n’a guère besoin de la nôtre, d’amitié. Il n’empêche que nous allons examiner son offre car nous savons que si nous n’acceptons pas de vendre, l’Homme Blanc peut venir avec des fusils et prendre notre terre. Son peuple est innombrable, il est comme l’herbe qui recouvre les grandes prairies. Mon peuple est peu nombreux, il ressemble aux arbres épars d’une plaine balayée par la tempête. Nous souhaitons aujourd’hui que les hostilités entre nous ne puissent jamais être ré ouvertes. Nous aurions tout à y perdre. Le grand chef blanc nous fait savoir qu’il souhaite acheter notre terre mais qu’il désire nous en laisser assez pour que nous puissions vivre confortablement.

 

Comment ? Comment peut-on acheter ou vendre la voûte du ciel, la chaleur de la terre ? Cette idée nous semble étrange : la fraîcheur de l’air et le scintillement de l’eau ne nous appartenant pas, comment pouvez-vous nous les acheter ? Chaque parcelle de cette terre est sacrée aux yeux de mon peuple, chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière ou chaque bourdonnement d’insecte sont sacrés dans la mémoire de mon peuple. La sève qui court à travers les arbres charrie les souvenirs de l’Homme Rouge. Les cendres de nos pères sont sacrées, leurs tombeaux sont terres saintes pour nous.

 

Vous errez loin des tombes des vôtres, sans regrets. Votre religion a été écrite sur des tables de pierre, afin de ne pas l’oublier. L’homme rouge n’a jamais pu ni la comprendre, ni s’en souvenir. Notre religion est faite des traditions de nos ancêtres, elle est inscrite dans le cœur de mon peuple. Ainsi les collines, les arbres et chaque poignée de notre terre nous sont sacrés. Les morts des blancs oublient le pays de leur naissance dès qu’ils s’en vont se promener parmi les étoiles. Nos morts à nous n’oublient jamais cette terre magnifique, ils continuent de l’aimer et brûlent d’une affection tendre et indulgente pour les vivants au cœur solitaire qu’ils reviennent souvent visiter pour les guider, les consoler et les réconforter.

 

Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous.

 

Les fleurs parfumées sont nos sœurs. Le cerf, le cheval et l’aigle sont nos frères. Les crêtes rocheuses, la rosée dans les prés, la chaleur du poney et l’homme, tous appartiennent à la même famille. Le grand chef à Washington nous demande donc beaucoup en voulant acheter notre terre. Il nous dit qu’il nous réserve un endroit où nous pourrons vivre confortablement parmi les nôtres, il sera notre père et nous seront ses enfants. Mais cela peut-il se produire un jour ?

 

Votre dieu n’est pas notre dieu. Votre dieu aime votre peuple et hait le mien, il a abandonné ses enfants rouges, pour peu qu’ils soient aussi ses enfants. Notre dieu, le grand mystère, semble lui aussi nous avoir oubliés. L’Homme Rouge n’a cessé de reculer devant l’Homme Blanc ; pareil à la brume, qui sur la montagne fuit devant le soleil du matin. Bientôt votre peuple s’étendra sur toute cette terre, le nôtre ne cesse de diminuer. Le dieu de l’homme blanc ne doit pas aimer notre peuple, sinon il le protégerait. Comment, dans ce cas, serions-nous frères ? Comment votre dieu pourrait-il devenir le nôtre, nous rendre la prospérité et les rêves de grandeur ? Non, nous sommes deux races distinctes, avec des origines et des destins différents. Il y a peu de choses en commun entre nos peuples. Nous allons examiner votre offre d’acheter notre terre, mais cela ne sera pas facile car cette terre nous est sacrée.

 

L’eau étincelante qui court dans les torrents et les rivières n’est pas juste de l’eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous souvenir qu’elle est sacrée et que chaque reflet de l’eau limpide des lacs parle des événements et des traditions qui ont marqué la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père. Les rivières sont nos sœurs, elles étanchent notre soif, elles portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, il faudra vous souvenir et enseigner à vos enfants que les rivières sont vos sœurs, à qui vous devez donner la tendresse que l’on accorde à toute sœur.

 

Nous voyons bien que l’Homme Blanc ne comprend pas notre façon de vivre. Pour lui, un lopin de terre en vaut un autre, il est pareil à l’étranger qui se glisse dans la nuit pour voler à la terre ce qu’il désire. Pour lui, le sol n’est pas un frère mais son adversaire, et dès qu’il l’a asservie, il va plus loin. Il abandonne derrière lui la tombe de son père et n’en a cure. Il vole la terre à ses enfants et s’en moque. Les tombeaux de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère la terre et son frère le ciel comme des choses pillables, corvéables et vendables au même titre qu’un mouton ou de la verroterie. Son appétit dévorera le monde, ne laissant derrière lui qu’un désert.

 

Je ne sais pas !

Notre chemin est trop différent du vôtre. Le spectacle de vos villes blesse les yeux de l’homme rouge. Peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et que je ne comprends pas… Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Nul part on ne peut écouter bruire le feuillage du printemps ou le froissement d’ailes des insectes. Peut-être le vacarme de la ville offense-t-il mes oreilles parce que je suis un sauvage et que je ne comprends pas. Mais que vaut la vie quand l’homme ne peut plus entendre le cri solitaire d’un engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang, la nuit ?

 

Je suis un homme rouge et je ne comprends pas : l’Indien préfère le bruit subtil du vent qui ride la surface d’un étang et l’odeur du vent purifié par la pluie de midi ou parfumé par le pin pignon. L’air est précieux à l’homme rouge, car il sait que toutes choses partagent le même souffle. La bête, l’arbre, l’homme partagent tous le même souffle. L’homme blanc ne semble pas remarquer l’air qu’il respire. Comme un homme agonisant depuis de longs jours, son odorat semble engourdi par sa propre puanteur. Mais si nous vous vendons nos terres, vous devez savoir que l’air nous est précieux, et qu’il partage son âme entre toutes les vies qu’il porte. Le vent qui a donné son premier souffle à notre grand-père a recueilli aussi son dernier soupir, et il doit donner l’esprit de la vie à nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, il faudra que vous la gardiez à part, sacrée, comme un lieu où même l’homme blanc pourra goûter le vent adouci par les fleurs des prés.

 

Donc, nous allons examiner votre offre d’acheter notre terre, mais si nous décidons d’accepter, je poserai une condition, que l’homme blanc traite désormais les animaux de cette terre comme ses frères. Je suis un sauvage et je ne comprends pas d’autre règle. J’ai vu mille bisons pourrir sur la prairie, abandonnés là par l’homme blanc qui les avait abattus au fusil par les fenêtres d’un train en marche. Je suis un sauvage et je ne comprends pas comment le cheval d’acier fumant peut-être plus important qu’un bison que nous ne tuons que pour subsister.

Qu’est-ce que l’homme sans les animaux ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourait d’une grande solitude de l’âme, car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes les choses sont liées. Il faut apprendre à vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait des cendres de nos ancêtres. Afin qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants que le sol est riche des vies de notre peuple. Apprenez à vos enfants ce que nous avons toujours appris aux nôtres, que la terre est notre mère et que ce qui advient à la terre, advient aux fils de la terre.

 

Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.

 

Chef-Seattle_ILV.jpgNous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme, mais l’homme appartient à la terre. Ceci nous le savons.

 

Toutes les choses se tiennent, comme liées par le sang qui unit une même famille. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie, il en est seulement un fil. Les dégâts qu’il fait à la trame, c’est à lui-même qu’il les fait.

 

Mais nous allons examiner votre offre d’aller dans la réserve que vous avez prévue pour mon peuple. Nous irons y vivre à l’écart, en paix. Peu importe d’ailleurs où nous passerons le reste de notre vie. Nos enfants ont vu humilier leurs pères vaincus, nos guerriers ont ressenti la honte et depuis la défaite ils passent leur temps à paresser, contaminant leurs corps avec des mets sucrés et des boissons alcoolisées. Peu importe où nous finirons nos jours, il n’en reste que bien peu. La nuit de l’Indien promet d’être sombre. Pas une seule étoile d’espoir ne brille à l’horizon, les vents aux accents funèbres gémissent au loin. Quelques heures de plus, quelques hivers de plus, et aucun des fils des grandes tribus qui ont vécu sur cette terre et qui errent aujourd’hui par petites bandes dans les bois, ne restera pour se lamenter sur le souvenir d’un peuple autrefois aussi puissant et plein d’espoir que le vôtre .

 

Pourquoi d’ailleurs, pourquoi devrais-je pleurer la fin de mon peuple ? Une tribu suit l’autre, une nation succède l’autre, comme les vagues de l’océan. Telle est la loi de la nature et tout regret paraît inutile. Le temps de votre chute est peut être encore lointain, mais il viendra sûrement. Même l’homme blanc dont le dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble ne peut échapper au sort commun. Nous serons peut-être frères après tout, nous verrons bien.

 

Nous savons en tout cas ceci, et l’homme blanc le découvrira peut-être un jour. Le grand mystère est le même pour tous. Vous pouvez croire aujourd’hui qu’il est votre propriété exclusive, comme vous voulez que la terre soit votre propriété, mais ce n’est pas possible. Il est le grand mystère et sa bonté envers l’homme rouge ou blanc est la même. Cette terre, ce monde lui sont précieux, et nuire à la terre, c’est mépriser son créateur. Les blancs aussi disparaîtront, peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Continuez à contaminer votre vie et un jour vous suffoquerez dans vos propres déjections. Mais en mourant, vous brillerez avec l’éclat du pouvoir qui vous a amené sur cette terre, et qui pour des raisons inconnues vous permet de dominer cette terre et l’homme rouge.

 

Ceci est un mystère pour nous, nous ne comprenons plus rien, lorsque nous voyons les bisons assassinés, les derniers chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt salis par l’odeur de trop nombreux hommes et la douce courbe des collines souillées par des fils qui parlent.

Où est le bosquet ? Disparu.

Où est l’aigle ? Disparu.

Et que signifie l’adieu au cheval rapide et à la chasse ?

La fin de la vie et le début de la survivance.

 

Nous allons examiner votre offre d’acheter notre terre. Si nous acceptons, ce sera pour obtenir de vous la réserve que vous nous avez promise. Là, peut-être, nous pourrons terminer notre brève existence comme il nous plaira. Quand le dernier homme rouge aura disparu de cette terre et que son souvenir ne sera plus que l’ombre d’un nuage courant sur la prairie, ses rives et ses forêts retiendront encore les esprits de mon peuple car mon peuple aime cette terre comme le nouveau-né aime les battements du cœur de sa mère. Les rivages grouilleront des morts invisibles de ma tribu, et lorsque les enfants de vos enfants se croiront seuls dans les champs, ils ne le seront pas. Sur toute la terre, il n’y a pas d’endroit où la solitude soit possible. La nuit, quand les rues de vos villes seront silencieuses et que vous les croirez désertes, elles seront pleines de la foule des revenants qui occupaient autrefois cette belle contrée et qui continuent de l’aimer. L’homme blanc ne sera jamais seul. Qu’il soit juste et qu’il traite mon peuple avec égard, car les morts ne sont pas dénués de pouvoir. Les morts, ais-je dis ? Il n’y a pas de mort. Seulement un changement de forme.

 

Alors si nous vous vendons cette terre, aimez-la, aimez-la comme nous l’avons aimée. Soignez-la bien comme nous l’avons soignée. Gardez présente à vos yeux l’image de cette terre quand vous l’avez prise, et de toutes vos forces et de tout votre esprit, de tout votre cœur, protégez-la pour vos enfants, aimez-la comme le grand mystère nous aime tous. Nous sommes sûrs d’une chose : notre dieu est le même que le vôtre. Ce monde lui est cher, et même l’homme blanc ne peut échapper au sort commun.

Peut-être, peut-être serons-nous frères, après tout…

Nous verrons. »  

 

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 07:30

krisperma.jpg Réinventer la nature pour se nourrir durablement, tel est le défi que relève une nouvelle génération d’agriculteurs et de jardiniers.

 

Et si l’agriculture de demain n’était ni biotech ni biologique mais permaculturelle ? La création en France d’une université populaire de la permaculture et la multiplication de collectifs autour de ce sujet montrent en tout cas que cette approche séduit. En Languedoc-Roussillon, SudMed vient de fêter ses un an. Fort de ses soixante-dix membres, ce réseau méridional compte des jardiniers, des agriculteurs et des paysagistes qui veulent en savoir plus sur la permaculture. Les Montpelliérains du réseau appliquent déjà ses principes dans le verger partagé VerPoPa de Malbosc.

 

« Travailler avec la nature au lieu de travailler contre elle »

 

Mais de quoi s’agit-il ? Le mot permaculture est une contraction de « permanent agriculture ». Elle a été élaborée dans les années 1970 en réaction à l’industrialisation de l’agriculture, à peu près en même temps au Japon et en Australie. L’idée est de créer des écosystèmes productifs et durables grâce à une observation attentive des écosystèmes naturels. Cette approche holiste utilise la méthode du « design », qui consiste à concevoir et à aménager un système efficace à tous les points de vue : rendements élevés, consommation énergétique minimale, recyclage naturel des différents éléments…

 

Pour l’agronome François Léger, la permaculture repose en particulier sur « la construction d’un sol qui va assurer une agriculture permanente, c’est-à-dire des rendements réguliers sans avoir à apporter autre chose que de la matière organique « . La culture sur buttes, qui consiste à cultiver sur des bandes de terre surélevées, est la technique phare de cette agriculture. Elle permet de créer un sol profond dont l’amélioration prendra ensuite plusieurs années. La biodiversité a aussi la part belle dans ces designs car la complémentarité entre les différentes espèces est une des sources de la performance du système. Céline Garcia Navio, une agricultrice du Gard à l’initiative de SudMed, cite un des adages retenus d’un cours de permaculture : « C’est travailler avec la nature au lieu de travailler contre elle. »

 

Mais les permaculteurs français n’ont que peu de ressources à leur disposition. Développés par des Australiens, les manuels en anglais n’ont pas été traduits. Les formations se développent à peine. En France, les exploitations agricoles en permaculture se comptent sur les doigts d’une main. L’éco-centre de la ferme du Bec Hellouin en Haute-Normandie est une des rares expériences. Un de ses élèves, Jérôme Dehondt, s’installe aujourd’hui sur 12 hectares en polyculture élevage. Son objectif est de créer un système le plus autonome possible en associant maraîchage, agroforesterie, élevage…

 

Quant à la viabilité de sa ferme, Jérome Dehondt y croit. Il participe même à une étude avec l’Institut national de recherche agronomique (Inra) sur la performance économique de son système. François Léger, qui conduit ce programme de recherche, souligne l’absence de connaissances sur ce type d’exploitations, parce qu’elles sont rares mais aussi parce que les indicateurs économiques classiques ne permettent pas de mesurer des systèmes autonomes. Jérôme Dehondt lance également cette année l’association Terra Vitae pour accompagner les porteurs de projets en permaculture.

 

L’utilisation des façades, des toits et des terrasses

 

La permaculture s’approche d’autres expériences d’agricultures durables et autonomes, comme le travail de Pierre Rabhi. Mais son aura touche surtout les citadins. Cette approche résonne en effet avec la prise de conscience des limites d’une société du gaspillage, dépendante d’une énergie fossile qui se raréfie. Les principes d’efficacité, de précaution et de sobriété défendus par la permaculture ont en particulier inspiré le mouvement Villes en transition, lancé par le professeur de permaculture anglais Rob Hopkins au milieu des années 2000.

 

Pratiquement, les techniques utilisées en permaculture permettent d’augmenter la productivité sur des petites surfaces. Cette densification répond à la volonté des quartiers ou des villes en transition de relocaliser la production alimentaire. En milieu urbain, la culture sur buttes, l’utilisation des façades, des toits et des terrasses permettent par exemple d’étendre significativement les surfaces cultivées.

 

Le terme « design » concourt probablement à séduire des citadins en quête de réappropriation de l’espace urbain. La dimension artistique du design n’est pourtant pas revendiquée par les permaculteurs, le terme étant utilisé dans son sens anglais de concevoir, créer et aménager. On est donc loin des démarches du type Land-art par exemple. Mais force est de constater la place de l’esthétique dans les jardins permaculturels. Peut-être parce que justement la per­maculture rejoint l’origine du mouvement artistique du Design qui revendiquait son inspiration d’une observation et d’une com­pré­­hension des processus évolutionnistes de la nature.

 

Kris French a créé le collectif Montpellier en transition. Cette passionnée de permaculture urbaine a également engagé le verger partagé VerPoPa vers la permaculture. Cette année, les trente-cinq jardiniers ont aménagé aux pieds des arbres les buttes qui devront permettre à leur potager de fructifier. « Nos principales limites étaient l’érosion sur un terrain en pente et l’eau. On a donc cultivé selon les courbes de niveau, en dégageant la terre en aval pour que l’eau de ruissellement irrigue », explique Kris French qui résume : « La permaculture fait appel à l’observation et à l’inventivité. » Dans le cadre de son soutien aux jardins partagés, la mairie de Montpellier a mis à disposition de VerPoPa un terrain de 2 300 m2 et a planté soixante arbres fruitiers. Cette collaboration a permis d’attirer l’attention du service des espaces verts : « Des techniques de récupération des eaux de pluie utilisées par Verpopa pourraient être appliquées par nos techniciens », confirme Sébastien Bancarel, responsable des quartiers nord et ouest.

 

Un transfert de connaissance du Sud vers le Nord

 

En Europe, la permaculture inspire finalement surtout des expériences de jardinage urbain. Mais dans l’hémisphère sud, ses techniques sont répandues dans une grande variété de projets agricoles. Les principes d’efficacité et d’autonomie répondent aux préoccupations des paysans qui n’ont pas les moyens de se payer une agriculture industrielle. Les forêts comestibles développées en milieux tropicaux en sont, par exemple, une des applications les plus abouties. Considérant la rareté des expériences d’agriculteurs français face à celles de leurs confrères indiens ou latino-américains, François Léger conclut : « Finalement, pour une fois, on est dans un transfert de connaissance du Sud vers le Nord ».

 

Ecrit Par Magali Reinert

 

Source : http://www.chicxulub.fr/?p=2187

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 07:30

Forzee-en-transition-spw-energie4-20.jpgInterview : Forzée entre "en transition"

Le numéro 20 (décembre 2011) du magasine trimestriel d'information de la Wallonie, "Energie4" , contient un bel article sur Forzée en transition (Rochefort), avec une interview d'une des fondatrices, Nicole Willem.

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir ou téléchargez le numéro entier en cliquant ici (l'article est en page 7).

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 10:27

RobHopkins-2009G.embed_thumbnail.jpgTransition et résilience

Rob Hopkins, initiateur du mouvement mondial des Initiatives de Transition, nous présente dans la vidéo les raisons principales qui l’ont poussé à étudier et développer le concept de résilience.

 

La première raison est l’imminence du pic pétrolier (qui aurait déjà eu lieu en 2006 selon l’Agence Internationale de l’Energie dans son rapport WEO de 2010) qui va sonner la fin de l’ère de l’énergie bon marché et ainsi nous obliger à revoir les fondements de notre société de croissance économique et matérielle. La deuxième raison est le changement climatique contre lequel nos sociétés se montrent bien impuissantes.

 

L’élément central de l’approche d’Hopkins est la résilience, c'est à dire la capacité d’un système à absorber et à résister à un choc extérieur. Le manque de résilience de nos communautés actuelles combiné aux chocs à venir (énergétiques, économiques, climatiques, sociaux, écologiques, sanitaires, …) a motivé Rob Hopkins à développer une véritable méthode, très pragmatique, qui fait de plus en plus d’émules à travers le monde. Cette méthode est présentée dans le “Manuel de Transition” et plus récemment dans le "Transition Companion".

 

Un des apports de la transition et le fait que le travail ne se centre ni sur l’individu, ni sur la nation, mais sur la collectivité locale. Ce point précis est très innovateur par rapport aux démarches plus traditionnelles. Un autre point fort est le ton très positif du discours, utilisant au minimum la corde alarmiste pour centrer l’attention sur le potentiel créatif des collectifs d’individus.

 

Rob Hopkins :

 

Personnellement, je suis extrêmement reconnaissant d’avoir vécu l’ère du pétrole bon marché. J’ai été incroyablement chanceux, nous avons tous été incroyablement chanceux. Mais reconnaissons ce qu’elle nous a apporté et allons de l’avant. Si nous nous accrochons à elle et si nous continuons à supposer qu’elle pourra être à la base de nos choix, l’avenir qu’elle nous présente est totalement ingérable. Et en appréciant et abandonnant tout ce que le pétrole a fait pour nous, tout ce que l’ère du pétrole a fait pour nous, nous pourrons commencer à créer un monde plus résilient, plus nourrissant, et dans lequel nous nous trouverons plus capables, plus talentueux et plus proches les uns des autres.

 

Rob Hopkins: Transition vers un monde sans pétrole

 

 

Voir la vidéo sur le site  TED

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 22:00

Bouchon-phpThumb_generated_thumbnailjpg.jpg"Le covoiturage a la cote. Au sud du pays, ce système économique et écologique est devenu, en quelques années à peine, le deuxième moyen de transport le plus utilisé entre domicile et lieu de travail. Depuis le début de l'année 2011, le nombre d'inscrits a déjà augmenté de 180%.

 

1,524€ le litre de diesel. 1,593€ le litre de Super95. 1,613€ le litre de Super98. Malgré une (très) légère baisse des prix ce samedi, remplir son réservoir coûte cher. Très cher. Et nombreux sont donc ceux qui préfèrent laisser leur voiture au garage et cherchent d’autres solutions plus économiques. À côté des trains et des bus, les services de covoiturage font désormais mieux que se débrouiller.

 

"On estime que 4% des Belges utilisent ce système de covoiturage entre leur domicile et leur lieu de travail", explique Benoît Minet, responsable de projet chez Taxistop. "Avec ses 4,8% d’utilisateurs, la Wallonie est donc un très bon élève. Au sud du pays, le covoiturage est même devenu le deuxième moyen de transport le plus populaire pour se rendre au boulot, devant les transports en commun."

 

Depuis quelques années, les chiffres du covoiturage ont augmenté de manière significative. "En 2008, lorsque les prix du carburant ont explosé, le nombre d’inscriptions a grimpé de près de 200%", poursuit Benoît Minet.

 

Plus de 2000€ économisés en un an

 

Et 2011 devrait également battre certains records. Ainsi, sur les dix premiers mois de l’année, Taxistop constate une hausse de 180% du nombre d’utilisateurs inscrits dans la base de données, forte aujourd’hui de quelque 57 000 noms.

 

"Il y a un lien net et évident entre la hausse des prix du carburant et le succès du covoiturage", reprend le responsable de projet. "Il faut dire que les avantages sont nombreux : c’est facile, pratique, écologique et, surtout, pas cher."

 

Benoît Minet prend l’exemple d’un passager effectuant, en covoiturage, 25 kilomètres par jour entre son domicile et son lieu de travail et ce, quatre fois par semaine. S’il paie 8 centimes du kilomètre, il aura économisé 2244€ au bout de douze mois. "Et je ne vous parle pas des avantages fiscaux…"

 

Un article initialement paru le 18 novembre 2011 sur : rtbef-info-logo.png

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 11:47

transition-companion-newcover1.jpgNouvelle vision pour le mouvement de transition?

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