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  • : Ath en Transition
  • : Et si notre réponse au pic du pétrole, aux changements climatiques et aux crises économiques ressemblait plus à une fête qu'à une marche de protestation ?
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logo-transition-network.gifAth en Transition fait partie du Transition Network, avec plus de 1100 villes et territoires dans le monde. C'est une progression extraordinaire que le mouvement citoyen et mondial de la transition connaît depuis la fin 2006.

Le mouvement se structure maintenant aussi chez nous avec le Réseau Transition Wallonie - Bruxelles.

Agenda

21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 08:00
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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 07:00

Open space communitybrainstorming-300x225 Si on oublie de développer une vision positive d'un avenir qui pourrait bien être préférable au présent, la réflexion sur les implications et les réponses aux enjeux du pic du pétrole, des changements climatiques et des crises du système économique peut être décourageante  ou même faire fuir certaines personnes. A Ath en transition, nous ne ferons pas cette erreur.

 

Pour y remédier et se mettre en action dans un esprit positif et libérateur, des outils tels que le forum ouvert (Open Space) et le café transition (World Cafe) sont des éléments essentiel. De plus, ils donnent le plus souvent naissance à un certain nombre de projets concrets.  

Le Défi à relever

Nous sommes devenus une société qui croit que la recherche de solution ne peut se faire sans la contribution d'experts et de spécialistes. C'est une approche qui est déresponsabilisante  et donc inefficace car les enjeux nous concernent tous. Aujourd'hui, nous avons besoin de redécouvrir comment libérer les connaissances et l'intelligence collective,la créativité et même le génie présent dans chacun de nous. Nous avons besoin de tout le monde face aux grands défis de notre temps.

 

Nous nous sommes donc habitués à l'idée que si nous voulons faire changer les choses, nous avons besoin de l'arrivée d'un convoi d'experts qui pose quelques questions et envoie un plan à mettre en œuvre, que nous trouvons ensuite le plus souvent irréaliste ou éloigné de notre réalité... Pourtant, beaucoup de ce dont nous avons besoin est déjà présent autour de nous. Ce qui nous manque le plus, ce sont les outils qui permettent de libérer le savoir et l'intelligence collective ainsi que les idées des personnes qui composent la communauté. Pour y parvenir, deux des approches les plus souvent utilisées dans la transition sont les Forum ouverts (Open Space) et les Cafés transition (World Café)

 

A partir du manuel de transition et du blog de Rob Hopkins, nous allons maintenant donner un aperçu synthétique de ce qu'est un forum ouvert.

La méthode du forum ouvert

Le forum ouvert est décrit comme un outil très efficace pour mener des réunions productives avec de cinq à 2000 personnes qui ont besoin d'explorer un enjeu majeur. Elle est aussi un puissant outil pour encadrer le changement.  
En théorie, cela ne devrait pas marcher. Un grand groupe de personnes qui se réunit pour explorer un sujet particulier, sans ordre du jour, sans échéancier, sans coordinateur désigné et sans preneur de notes...
Pourtant, nous avons constaté à la fin d'un forum ouvert auquel nous avons participé, que chacun avait dit ce qu'il avait à dire, des notes complètes avaient été prises, de nombreuses connexions avaient été mises en place et une énorme quantité d'idées et de visions avaient été énumérées et définies. Tout cela dans une ambiance très agréable et détendue.

Quatre règles et une loi

Selon son auteur, Harrison Owen, elle est basée sur quatre règles et une loi.
  1. Ceux qui viennent sont les bonnes personnes ;
  2. Quoi qu'il se passe, c'était la seule chose qui pouvait arriver ;
  3. Quel que soit le moment où cela démarre, c'est le bon moment ;
  4. Quand c'est fini, c'est fini.  
Ensuite, la loi des deux pieds : "Quand, pendant une réunion, des personnes sentent qu'elles n'apprennent rien et n'apportent rien, elles ne doivent pas hésiter à se servir de leurs pieds pour se rendre à un endroit plus productif".

Le forum ouvert, étape par étapeUn forum ouvert à Totnes

  • Les invités : Cette activité est ouverte à toute personne qui désire y participer. Veiller cependant à inviter plus personnellement les personnes qui, selon vous, devraient être présentes en fonction du sujet abordé.
  • Le lieu : une salle assez grande pour que les personnes présentes puissent être en mesure de s'asseoir en cercle, et un mur où afficher les résultats des discussions, ainsi qu'un certain nombre de lieux distincts (salles, tables, virages), où les conversations peuvent avoir lieu. Prévoir aussi des rafraichissements et du thé pour les participants ;
  • La question de départ : une question claire, qui a été annoncée à l'avance avec l'invitation à l'événement ;
  • Première étape : les participants s'asseyent dans un cercle. Au centre se trouve une pile de feuilles de papier A4 et des stylos, et sur le mur un "agenda" vierge, avec les timings des différentes sessions sur un seul axe, et les différents espaces de discussion sur l'autre ;
  • Enoncer les règles d'un forum ouvert et que la seule condition préalable pour proposer une question ou une thématique est de s'engager à accueillir cette discussion et prendre des notes lisibles de ce qui est dit ;
  • Donner le signal du départ ;
  • Les questions ou thématiques sont écrites sur une feuille de papier collées sur le calendrier qui est au mur. S'il y a plus de thématiques que de créneaux horaires disponibles, regrouper les thématiques qui sont proches ;
  • Lorsque l'agenda est complet, laisser quelques minutes aux personnes pour découvrir les thématiques et décider où ils veulent aller au départ. Ensuite, sonner une cloche, ou quelque chose de semblable, pour annoncer le début de la première séance ;
  • En théorie, le reste de la journée s'organise tout seul ! Chaque atelier doit disposer de tableaux, de feuilles et de crayons à volonté ;
  •  A la fin de chaque séance, une sonnette retenti. Rassembler les feuilles et les afficher au mur dans un lieu appelé "la place du marché", qui aura été identifié au préalable. Il est intéressant de retranscrire le contenu eu fur et à mesure et de le rendre disponible sur un site web en temps (presque) réel. Ce qui permet aux discussions et réflexions de continuer rapidement après la réunion.
  •  A la fin du forum, laisser 30 ou 40 minutes pour parler ensemble de la réunion et de la démarche, plutôt que sur les sujets abordés durant les séances. 

Quand et pourquoi utiliser le forum ouvert ?

En fait, presque toutes les situations sont appropriées à l'utilisation d'un Forum Ouvert : planification stratégique, définition d'un projet, d'une vision, situation conflictuelle ou problématique à résoudre, participation populaire, organisation interne à redéfinir, communication à améliorer, travail d'équipe, etc...On identifie tout de même quelques conditions pour qu'un Forum Ouvert soit une réussite :
  • L'existance d'un problème réel qui concerne les participants ;
  • Une complexité telle qu'on ne peut pas en venir à bout seul ou même en groupe restreint ;
  • Une diversité de compétences et de personnes nécessaires pour trouver des solutions ;
  • L'urgence de trouver des solutions.

Le seul moment où le Forum ouvert n'est pas adéquat c'est lorsque les organisateurs ou ceux qui détiennent le pouvoir de décision ont besoin de contrôler les résultats, c'est-à-dire qu'ils ne pourront pas respecter les orientations émises par les participants ou encore, qu'ils ont déjà déterminé les résultats escomptés.

L'impact d'un forum ouvert sur la mise en oeuvre de projets

Le forum ouvert fonctionne non seulement comme un outil pour recueillir un très grand nombre d'idées, mais a
Le livre Open Space Technology de Harrisson Owen explique en détail comment la formule peut être étendue à deux ou trois jours après lesquels tous les participants rentrent chez eux avec une transcription complète.
également un rôle puissant  conduisant à l'émergence de projets concrets. Le fait de se rencontrer, de partager ses idées et de recueillir l'avis d'autres personnes favorise en effet grandement la réalisation des projets.

Rob Hopkins prend pour exemple un Forum ouvert sur l'énergie appelée « Fournir Totnes en énergie après l'ère du pétrole bon marché - repenser l'approvisionnement en énergie de Totnes ». Quatre ans plus tard, il a été fasciné de voir combien les idées et les visions qui ont émergé pendant la journée ont par la suite été réalisées. Il expliquait qu'au minimum dix des idées émises, pour la plupart des projets d'envergure, étaient en cours de réalisation. Parfois, mais pas toujours, mises en place par les personnes qui les avaient initialement proposées lors du forum ouvert.

Comment se peut-il qu'un forum ouvert semble avoir conduit à l'émergence de ces nouvelles initiatives ? Selon Rob Hopkins, c'est en partie parce que ceux qui avaient des idées les ont amenées lors de l'événement et qu'ils y ont trouvé des personnes pour les réaliser avec eux. C'est aussi en partie parce que ces idées ont été éclairées par les principes de l'initiative de transition, et enfin  parce qu'avec la discussion de ces idées sur la place publique a démarré un processus d'exploration de leur faisabilité qui à son tour a attiré d'autres personnes.

Pour un premier forum ouvert, une personne expérimentée pourrait vous aider, mais après en avoir organisé un, vous serez émerveillé par la simplicité de cet outil.


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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 20:49

planete-agrocarburants.jpg

Après des débuts enthousiastes, les agrocarburants sont aujourd’hui la cible de très nombreuses critiques. Les politiques mises en œuvre ne semblent pourtant pas tenir compte de cette nouvelle réalité. Pourquoi... ?

Un article paru le 13 octobre 2011 sur www.iewonline.be

 

Rêve d’or vert

Le secteur des transports est extrêmement dépendant des énergies fossiles (à plus de 95 %). Il sera donc particulièrement affecté par le pic pétrolier et l’augmentation des prix [1]. C’est aussi le secteur pour lequel l’évolution des émissions de CO2 est la plus inquiétante : 30 % d’émissions en plus en 2009 par rapport à 1990 en Belgique [2].

Devant ces constats, la perspective de disposer de carburants synthétisés directement à partir de matières premières végétales qui absorbent le CO2 pendant leur croissance a été accueillie très favorablement par le monde politique. On allait pouvoir réduire la dépendance au pétrole, diminuer les émissions de CO2 et même, cerise sur le gâteau, offrir un nouveau débouché à l’agriculture.

Rapidement, des politiques ambitieuses de développement furent mises en place, et les moyens publics suivirent généreusement pour soutenir l’industrie naissante de l’or vert...

Retour sur Terre

Cependant, cette vision idyllique se heurte aujourd’hui à une réalité physique bien réelle : la photosynthèse – réaction par laquelle toute plante transforme l’énergie lumineuse du Soleil en énergie chimique contenue dans ses sucres – possède un rendement de transformation énergétique très faible.

Cette réalité est mise en avant dans le rapport « Agrocarburants et Environnement » publié par le Ministère de l’Écologie en 2008 en France [3] : « Les agrocarburants se situent dans la zone des rendements [surfaciques] les plus faibles, ils sont de fait limités par le rendement de la photosynthèse qui est très faible (<1%). La troisième génération [4], utilisant des algues, restera largement moins efficace que les solutions « électriques » quelles qu’elles soient, notamment l’utilisation de l’énergie solaire. (...) Même avec un rendement accru, la production d’huile par des microorganismes nécessitera des surfaces en compétition avec l’agriculture à vocation alimentaire ou la production d’électricité solaire. »

Les agrocarburants sont donc une des technologies les plus gourmandes en terme de surface nécessaire par unité d’énergie produite. Cette limite incontournable est à la base de tous les impacts négatifs observés depuis le lancement de la production en masse d’agrocarburants.

En Belgique, l’étude réalisée à la demande du Ministre de l’Environnement [5] ne dit pas autre chose : « Ce qui est déterminant pour l’impact de l’expansion des cultures pour agrocarburants est le besoin d’espace : ces cultures prennent inévitablement, soit sur des terres non cultivées (surtout des forêts), soit sur des terres cultivées (souvent des terres occupées par l’agriculture paysanne). (...) L’effet est le même, in fine, que les agrocarburants soient produits sur des terres défrichées à cet effet, ou qu’ils aient déplacé d’autres productions avec un effet induit de déforestation. Qu’ils aient déplacé l’agriculture paysanne, ou déplacé d’autres plantations qui déplacent ensuite l’agriculture paysanne. »

A titre d’exemple, la production de bioéthanol de maïs aux Etats-Unis a mobilisé l’an passé pas moins 40 % de la production de maïs du pays.

Le rêve vire au cauchemaragro-carburants.jpg

Depuis plusieurs années, les alertes et les rapports se multiplient : en 2007 déjà, Jean Ziegler, Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation s’inquiétait de l’extension des surfaces agricoles mobilisées pour la production massive d’agrocarburants au détriment des cultures vivrières et demandait un moratoire sur la production d’agrocarburants. Comme il l’a souligné, « il faut 232 kilos de maïs pour faire un plein de cinquante litres de bioéthanol, avec cette quantité de maïs, un enfant peut vivre pendant un an » [6].

L’étude belge déjà citée est également sans équivoque : « à ce jour, l’expansion des agrocarburants a eu des impacts essentiellement négatifs », et de répertorier les effets directs et indirects suivants : accaparement des terres, conflits fonciers, volatilité des prix agricoles, déforestation, perte de biodiversité, épuisement de nappes phréatiques, pollution des sols, des eaux et de l’atmosphère, violations graves des droits humains élémentaires, développement et exploitation d’une main-d’œuvre sous-payée en substitution de la petite paysannerie indépendante...

A ce sombre tableau, s’ajoute la remise en cause, de plus en plus documentée [7], d’une des motivations de base ayant mené au développement des agrocarburants : leur bilan carbone supposé neutre. En tenant compte de l’énergie consommée pour la production intensive, des intrants chimiques, des effets directs ou indirects de déforestation et de changement d’affectation des sols, du fait que la biomasse aurait capté du carbone même sans cultures spécifiquement destinées aux agrocarburants, le bilan carbone devient nettement moins favorable, voire même plus négatif encore que celui du pétrole conventionnel dans certains cas.

Des raisons d’être pessimiste

Ces éléments sont connus depuis plusieurs années. Cependant, les politiques de promotion des agrocarburants n’ont subi aucune inflexion. Depuis 2009, l’Europe impose même un objectif de minimum 10% d’énergie renouvelable dans les transports à l’horizon 2020 (Directive 2009/28/CE) et cet objectif sera principalement atteint à l’aide des agrocarburants. Aujourd’hui, la Commission refuse de publier les études sur l’impact des agrocarburants qu’elle a commanditées et reporte les ajustements promis au moment d’élaborer cette politique [8].

Alors pourquoi ?

Tout d’abord, les responsables politiques sont mal pris. Après avoir mis en place des législations et engagé des sommes importantes dans le but de développer rapidement les agrocarburants, ils peuvent difficilement faire machine arrière sans se désavouer et mettre à mal une industrie qu’ils ont fait naître.

Mais ce n’est pas le plus fondamental.ethanol-arton27.jpg

Les agrocarburants sont la seule alternative au pétrole pour l’aviation. Pour le transport routier, il existe une seconde alternative, à savoir la motorisation électrique (qui pose d’autres questions). Agrocarburants et voitures électriques présentent donc un immense avantage aux yeux de certains acteurs : celui de permettre de maintenir notre modèle de mobilité actuel.

Comme le souligne Eric Vindimian dans le rapport français précité, « Les agrocarburants n’ont donc pas d’autre justification que celle de fournir du carburant utilisable pour les transports en substitution des carburants d’origine fossile. Il s’agit de fait d’une solution de stockage d’une forte quantité d’énergie pour une masse relativement faible. (...) Une promotion irraisonnée des agrocarburants en tant que solution aux problèmes du changement climatique serait donc potentiellement source de confusion dans la population en lui laissant espérer un maintien du développement de la mobilité via le transport automobile individuel. »

Même si leur justification environnementale tombait complètement (ce qui est déjà partiellement le cas), la pression pour le développement des agrocarburants resterait très forte. Le véritable enjeu, pour les promoteurs actuels des agrocarburants, n’est pas la réduction des gaz à effet de serre, mais bien la recherche d’alternatives au pétrole qui permettraient de continuer à développer le modèle actuel de mobilité.

Ces derniers jours, c’est à un véritable feuilleton à rebondissements que l’on a assisté au niveau européen : la fédération des producteurs de biodiesel accusant les études de la Commission qui leur sont défavorables d’être « non-scientifiques » [9], le jour même où plus de 150 scientifiques se fendent d’une lettre ouverte à la Commission pour insister sur la nécessité d’enfin prendre en compte les changements indirects dans l’affectation des sols, « sans quoi l’objectif européen d’énergie renouvelable dans les transports serait incapable de mener à des réductions réelles ce CO2 et pourrait, au contraire, se résumer à un grand exercice de paperasserie dont le résultat final serait d’encourager la déforestation et l’augmentation des prix alimentaires ». [10]

Un réveil nécessaire

Pourtant, il existe une autre voie, compatible avec le développement durable. Cette voie implique de modifier quelque chose qui, en comparaison des carburants qui se trouvent dans nos voitures, est beaucoup plus éthéré, et cependant bien plus stable : nos habitudes de mobilité.

C’est pourtant là que se trouve – et de loin – le plus grand potentiel d’économies d’énergie et de réduction d’émissions. Ne soyons pas trop pessimistes, la stabilité de nos habitudes contraste avec la rapidité avec laquelle elles peuvent évoluer lorsque nous sommes prêts au changement : qui ne connaît pas une personne qui, après avoir essayé d’arrêter de fumer pendant des années, l’a fait finalement en un jour, quand elle était prête ?

Il peut largement en aller de même pour notre dépendance à la voiture individuelle : un jour, après nombre d’hésitations et d’essais, décider de ne plus aller au travail en voiture, mais plutôt en transports en commun, à vélo ou à pied.

Ce n’est pas toujours possible, diront certains. Et c’est vrai – même si cela ne doit pas servir à masquer le fait que, dans de très nombreux cas, c’est tout à fait possible. Les modifications individuelles de comportement ne suffiront pas, et il est nécessaire que les décideurs s’emparent de ces questions collectives : Comment réduire nos besoins de mobilité ? Comment développer les alternatives aux mobilités les plus polluantes que sont la voiture individuelle et l’avion ? Comment s’assurer que le report modal vers les transports en commun et les modes doux soit important ? [11]

Ce n’est pas la direction dans laquelle tous les acteurs veulent aller. Pour des raisons évidentes, de puissants lobbys industriels (automobile, aéronautique, logistique, etc.) veulent nous faire croire qu’il est possible de ronronner dans nos bonnes vieilles habitudes.

« L’optimisme technologique et l’attrait de solutions techniques garantissant la poursuite du développement actuel et de nos besoins de mobilité n’ont-ils pas pris le dessus sur l’objectivité de l’analyse ? » demande encore Eric Vindimian.

Poser la question, c’est y répondre.

Il est grand temps de se réveiller !


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[1] Voir à ce sujet l’article : Alternatives au pétrole, entre mythes et réalité

[2] Source : climat.be

[3] Voir en particulier le « message aux décideurs » rédigé par Eric Vindimian.

[4] On distingue les agrocarburants de première, deuxième ou troisième génération, respectivement issus de la transformation de produits agricoles principaux (grain ou fruit de la plante), de matière ligno-cellulosique (plante entière) ou de la culture d’algues microscopiques. Actuellement, seuls les agrocarburants de première génération sont en phase de production massive.

[5] Impact de l’expansion des cultures pour biocarburants dans les pays en développement, CETRI, Décembre 2010.

[6] Ce thème a été développé dans notre campagne « Manger ou conduire ».

[7] Récemment, une étude de l’Agence Européenne de l’Environnement a fait grand bruit à ce niveau :

 

[8] Exclusive : EU to delay action on biofuels’ indirect impact, Reuters, 8 septembre 2011.

[9] Biodiesel industry rejects EU land use impact study, Reuters, 7 octobre 2011.

[10] Scientists call for CO2 effects of biofuel to be calculated, European Voice, 7 octobre 2011.

[11] Selon le Conseil fédéral du Développement durable, la première des priorités en matière de mobilité durable est la maîtrise de la demande, la seconde est le report modal vers les modes moins polluants, la troisième est l’amélioration technique des performances environnementales des véhicules et, en quatrième position, vient la sensibilisation du grand public à ces enjeux.

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 14:33

Un article de Sabine Verhest mis en ligne le 11/10/2011 sur www.lalibre.be. Nous y avons ajouté quelques liens intéressants dans le texte.

 

Rob-pict_365697.jpgRob Hopkins est le père de la Transition, mouvement qui essaime dans le monde. L’avenir passe par la reconstruction d’une économie locale.

Imaginez une ville où l’on paie les produits du cru avec une monnaie purement locale; c’est à Totnes et bien d’autres encore. Imaginez une communauté où l’on gère sa propre centrale énergétique; c’est à Bath par exemple. Imaginez des tas d’autres initiatives qui pensent local pour dépasser les crises écologiques, énergétiques et économiques. Des tas d’idées pour réduire la consommation de pétrole et de gaz, reconstruire une économie locale solide et durable. Bienvenue dans le monde de la Transition, un mouvement né au Royaume-Uni en 2006 à l’initiative de Rob Hopkins, pour passer de la dépendance au pétrole à la résilience locale.

 

Rencontre avec un homme qui ne prend jamais l’avion, un père qui aime passer du temps avec ses enfants, un professeur en permaculture qui n’a rien d’un gourou.

 

Depuis le lancement de votre mouvement en 2006, de quoi êtes-vous le plus fier ?

Je suis fier du fait qu’il ait essaimé. Au départ, on ne savait pas si la mayonnaise allait prendre à Totnes (où le mouvement a commencé, NdlR) et, maintenant, il fonctionne dans 34 pays du monde (*) avec des centaines de projets. De petits projets individuels, on est passé à des projets de plus en plus importants, comme la création de monnaies locales.

La Transition serait une sorte d’Etat dans l’Etat ?

En quelque sorte. Le modèle actuel s’effondre rapidement, avec la crise économique, la dépendance pétrolière, etc. Nous avons vraiment besoin d’en sortir, mais cela ne peut se faire via des gouvernements qui continuent à dire que le pic pétrolier n’est pas un problème, que la croissance économique va revenir et que tout ira bien. On a besoin de quelque chose de différent et la Transition peut jouer un rôle très important à cet égard.

Comment cela s’exprime-t-il concrètement ?

A Bath, par exemple, ils ont créé une compagnie énergétique, la Bath & West Community Energy, dans laquelle ils totnes-pound-images.jpgmettent 11 millions de livres (13 millions d’euros) pour l’étendre à toute la ville en cinq ans. Cela va générer 350 000 livres par an, qui seront réinjectées dans des projets de communauté. A Totnes, nous avons des rues en Transition. Le gouvernement veut réduire les émissions de CO2 et donne de l’argent pour mettre des panneaux photovoltaïques sur le toit. Mais l’argent épargné est dépensé pour aller en vacances en avion et émettre plus de carbone encore. Avec les rues en Transition, on réfléchit ensemble entre voisins à la consommation d’énergie ou d’eau par exemple. Dans beaucoup d’endroits, on se penche aussi sur la nourriture, la manière de reconnecter les villes avec les terres des alentours. Dans une ville anglaise, ils ont installé une ferme pour fournir la nourriture à leurs commerces communautaires. Et à Brixton, ils ont mis en circulation des billets de banque qu’on ne peut dépenser que dans les commerces locaux. On peut même les utiliser pour payer ses taxes au Conseil municipal.

Voyez-vous un intérêt à l’euro, qui est un peu l’idée opposée ?

Il n’est pas en grande forme pour le moment Cela dit, nous avons besoin d’une devise nationale ou internationale forte, mais aussi d’une monnaie locale forte. Elles sont complémentaires. Beaucoup d’argent quitte les communautés et une monnaie locale permet à l’argent de rester et de circuler pour développer l’économie locale.

Voyez-vous quelque chose de positif dans la mondialisation ?

Bien sûr, en termes de découverte et de compréhension des cultures par exemple. C’est la mondialisation économique qui pose problème. Chaque année, le Royaume-Uni exporte un million et demi de kilos de patates vers l’Allemagne et importe un million et demi de kilos de patates d’Allemagne. Quelle différence y a-t-il entre ces patates qui circulent dans tous les sens ? Je ne vois pas. C’est l’énergie bon marché qui a rendu tout cela possible. Mais si l’on dépasse un certain seuil, la mondialisation commence à s’inverser. En 2008, quand les prix ont tellement augmenté, il était, pour la première fois en trente ans, moins cher pour les Etats-Unis de produire de l’acier que de l’importer de Chine. Les choses changent et nous devons nous y préparer.

Que signifie relocaliser l’économie concrètement ?

Il ne s’agit pas d’ériger de grandes barrières autour de nos villes. Ma ville, Totnes, compte 10 000 habitants. Nous ne sommes pas capables de produire des voitures ni des ordinateurs, mais bien notre nourriture, notre énergie, nos matériaux de construction. Cela implique de former les gens, de créer de nouvelles entreprises, de renforcer l’économie locale. On n’a en tout cas pas besoin d’exporter autant de patates qu’on en importe ! Imaginez l’économie locale comme un seau troué : tout l’argent fuit par les trous, mais nous pouvons les boucher et renforcer notre économie.

Dans vingt ans, où voyez-vous la Transition ?

Ces idées de résilience et de relocalisation seront peut-être devenues des lieux communs. Et peut-être que plus personne n’appellera cela Transition. J’espère que l’accent sera mis sur des politiques soutenant les économies locales et que celles-ci seront la source principale d’emplois. Je suis pour un processus qui permette de reconstruire les communautés, de revenir les uns vers les autres. Nous sommes devenus tellement indépendants et séparés les uns des autres Cette révolution-ci se passera beaucoup plus vite que la révolution agricole et la révolution industrielle. Ce sera une réalisation historique.

 

(*) Y compris en Belgique : voir sur www.entransition.be

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 10:07

ekovores-arton578-6b201.jpg Vous aimez votre assiette avec ou sans pétrole ? Les vidéos des Ekovores vous aident à choisir !!

 

Le projet des Ekovores part d’un rêve, celui de Faltazi, une agence nantaise de design industriel. Celle-ci veut construire un mode de vie durable, moins consumériste, moins dépendant des énergies fossiles et donnant une place plus importante à l’économie en circuit court.

 

Ce premier épisode compare de façon ludique deux modes de production et de consommation alimentaires très différents. Alors, vous êtes plutôt légumes ou pétro-légumes ?

 

 

Légume ou Pétro-légume / Les Ekovores from FALTAZI on Vimeo.

 

 

Un article de Anne Thibaut publié le 23 septembre 2011 sur logoIEW couleur suivantes

 

 

Pour plus d'informations sur l'agriculture, l'alimentation et la Transition :

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 07:00

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En neuf mois, les Terriens ont épuisé ce que la planète peut leur fournir en un an.

La date symbolique du 27 septembre a été fixée par le think tank Global Footprint Network.

 

Pour finir l’année, l’humanité en est donc réduite à vivre écologiquement à « découvert » et à puiser dans des « stocks » chaque année plus maigres. C’est-à-dire à pratiquer une pêche qui va entretenir la baisse des stocks de poissons dans les océans, à détruire plus d’arbres qu’elle n’en replante ou à rejeter plus de CO2 que ce que la planète ne peut absorber.

« C’est comme avoir dépensé son salaire annuel trois mois avant la fin de l’année, et grignoter ses économies année après année », explique dans un communiqué le président de Global Footprint Network, Mathis Wackernagel.

 

Une vie « à découvert » que les bientôt 7 milliards de Terriens – le cap devrait être franchi fin octobre selon les prévisions onusiennes – débutent chaque année un peu plus tôt : fin septembre, donc, en 2011, contre début novembre en 2000, en appliquant les calculs utilisés cette année.

Le « think tank » basé à Oakland (Californie) s’est fait une spécialité de calculer l’ « empreinte écologique » de l’humanité et la comparer avec ce que la Terre est en capacité de générer comme ressources renouvelables – sans toucher aux stocks – et d’absorber comme déchets.

Seuil critique franchi dans les années 70

Bilan de l’équation posée par l’organisation : si la Terre a été pendant très longtemps à même de répondre aux besoins des hommes sans s’épuiser, on a franchi un seuil « critique » au cours des années 70. Et depuis plus de 30 ans, l’humanité vit au-dessus de ses moyens et il faudrait en fait 1,2 à 1,5 Terre pour assumer aujourd’hui les besoins d’une population toujours croissante.

En 2010, un rapport du WWF avait mis en exergue les fortes disparités entre habitants de la Terre, qui consomment en fait 4,5 planètes et demie s’ils vivent aux Etats-Unis ou aux Emirats arabes unis mais moins d’une moitié s’ils vivent en Inde.

En arrêtant chaque année une date symbolique où l’humanité commence à puiser dans les ressources, le Global Footprint Network entend d’abord permettre de prendre conscience de cet écart grandissant.

« Mais il n’est pas possible, bien sûr, de déterminer avec une précision absolue le moment exact où nous dépassons notre budget. Ce jour où nous dépassons la capacité de la Terre est plus une date estimée qu’une date exacte », précise le think tank.

 

Même si l’application cette année de nouvelles méthodologies de calcul ne permet pas une comparaison directe avec les années précédentes, la tendance reste la même avec un épuisement croissant des ressources en dépit de la crise économique mondiale, selon l’organisation.

« Alors que nous cherchons à reconstruire nos économies, c’est le moment de se présenter avec des solutions qui resteront opérationnelles et pertinentes dans le futur », estime Mathis Wackernagel. « Une reconstruction à long terme ne peut réussir que si elle est conduite avec une réduction systématique à notre dépendance aux ressources. »

(AFP)

 

Un article paru le 27 septembre 2011 sur www.lesoir.be

 

 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 07:30

Nous vous partageons ici un article d'un journaliste indépendant, Mathieu Auzanneau, reconnu comme spécialiste des questions liées au pétrole.  L'article a été publié en deux partie, les 24 et 26 septembre 2011 sur un site à découvrir : http://petrole.blog.lemonde.fr/ .

 

oil-man-images.jpeg

 

"Shell : il faut quatre Arabie saoudite en plus d’ici dix ans !

J'ai d'abord cru qu'il y avait une énorme coquille dans cet article du Financial Times du 21 septembre. Mais non. Son auteur, Ed Crooks, chef du service industrie aux Etats-Unis, m'a fait part de son propre effarement. Pas d'erreur, son papier contient bien une très grosse bombe, sans doute à fragmentation. 

[FT] Shell chief warns of era of energy volatility, par Ed Crooks

Le PDG de Shell, Peter Voser, déclare :

« La production des champs existants décline de 5 % par an à mesure que les réserves s'épuisent, si bien qu'il faudrait que le monde ajoute l'équivalent de quatre Arabie saoudite (sic) ou de dix mers du Nord dans les dix prochaines années rien que pour maintenir l'offre à son niveau actuel, avant même un quelconque accroissement de la demande»

Quatre Arabie saoudite ? En dix ans ? 40 millions de barils par jour (Mb/j) à mettre en production, soit presque la moitié de la production mondiale actuelle... !?

Bien entendu, Shell ne fournit pas la moindre précision pour étayer cette surenchère... cataclysmique. Peter Voser se contente de rappeler qu'il faut « entre six et huit ans » pour développer tout nouveau projet pétrolier ou gazier important. Tout ça afin de poser que « nous allons vers une grande volatilité inévitable (...) des prix de l'énergie en général. » Peter, tu donnes l'heure.


peter-voser-Shell-300x191.jpgEt M. Voser d'enfoncer le clou : « Nous allons très probablement voir apparaître des difficultés dans l'équilibre offre-demande, et donc une hausse des prix de l'énergie sur le long terme. Je crois qu'il faut nous y faire. »  Là, las, le clou n'est qu'à moitié enfoncé : le patron de Shell ne donne certainement pas la pleine mesure de ce que risque d'imposer le besoin de remplacer... quatre Arabie saoudite en dix ans !

 

En novembre 2010, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) évoquait discrètement la nécessité de développer l'équivalent de la production de "seulement" deux Arabie saoudite avant 2020, juste pour compenser le déclin des champs existants. Déjà un défi fantastique, sans doute chimérique d'après de nombreux spécialistes (géologues, ingénieurs, militaires, financiers, etc.)


Voilà maintenant que Shell double la charge : presque la moitié des capacités de production mondiales à remplacer... en dix ans ! (Bon OK, je me calme avec la ponctuation.)

N'empêche : par quel tour de force inouï l'industrie serait-elle capable de compenser en si peu de temps le déclin apparemment plus rapide encore qu'annoncé de bon nombre des régions pétrolifères les plus anciennes et les plus généreuses, et cela avec du pétrole difficile d'accès et lent à produire (en eau très profonde au large du Brésil, avec les schistes fracturées aux Etats-Unis et les sables bitumineux canadiens, peut-être demain en Arctique, ou même avec les agrocarburants et la transformation de gaz naturel en carburant liquide) ?


Les propos tenus par le PDG de la Shell prouvent assez son propre manque d'optimisme...

* Le pourcentage de déclin annuel de la production mondiale existante mis en avant par Shell est bien plus lourd que les 2 % habituellement mentionnés. Mais 5 %, ce n'est pas un rythme invraisemblable : la production de brut européenne (essentiellement la mer du Nord) chute en moyenne de 6 % par an depuis dix ans.

* Avec un déclin de 5 % par an sur 10 ans, on arrive à un manque en 2021 de 33 ou 36 Mb/j, selon qu'on retient la production actuelle de brut, 82 Mb/j, ou la capacité maximale théorique "tous liquides" (pétroles + agrocarburants), 90 Mb/j. Cela fait bien grosso modo dix mers du Nord et un peu moins de quatre Arabie saoudite.

* [nouveaux paragraphes]

 

Le discours des compagnies pétrolières occidentales devient vraiment étrange et inquiétant.

 

A croire qu'après avoir feint pendant des années d'ignorer le sérieux du problème posé par le pic pétrolier, plusieurs majors jouent maintenant à qui sera la plus alarmiste.

Pourquoi un tel revirement ?

Les grandes compagnies occidentales sont désormais en manque chronique de réserves fraîches de pétrole. Y compris les firmes américaines, puisque la production des Etats-Unis, ancien premier exportateur et aujourd'hui premier importateur mondial, décroît depuis plus de quarante ans.

Les puissances coloniales ont projeté très loin leurs forces pour accéder à leur fix de brut : d'abord les Britanniques en Perse et en Irak, puis les Américains en Amérique Latine et en Arabie saoudite, la France, enfin, en Afrique de l'Ouest et du Nord.

Mais depuis une ou deux décennies, ça coince de plus en plus. Même le n°1 américain, Exxon, n'est parvenu à remplacer que 95 % du pétrole qu'il a pompé un peu partout dans le monde au cours des dix dernières années.  

Alors la com' change, de conserve avec la stratégie.

 

Comment dire l'inavouable[*] : état des lieux rapide et dubitatif de ce que racontent les grands du pétrole au sujet du pic pétrolier.


 

 

Notre petit géant national, Total, répète depuis 2008 que nous sommes plus ou moins dans la nasse, sur un ton patelin et dans une indifférence à peu près totale


Précurseur, l'américain Chevron s'est payé dès 2005 une campagne de publicité sur le pic pétrolier, avec 4x3 dans les aéroports, pleine page dans le Wall Street Journal et tout et tout. Phrase d'accroche du PDG de l'éternel outsider d'ExxonMobil : « Nous avons mis 125 ans à exploiter le premier billion de barils. Nous aurons consommé le prochain billion dans trente ans. » D'accord, 'prochain' n'est pas 'second', c'est habile mais dans les faits, cela revient au même.


Le PDG de Petrobras, la compagnie nationale brésilienne, est allé jusqu'à affirmer en février 2010 que les extractions mondiales sont d'ores et déjà sur la pente du déclin. Peut-être afin d'encourager les investisseurs à financer les très coûteuses installations nécessaires pour le brut offshore ultra-profond découvert en 2007 au large de Sao Paulo ?


Shell ? La compagnie hollando-britannique vient donc de dire qu'il va falloir en dix ans dénicher quatre nouvelles Arabie saoudite. Depuis la marée noire du golfe du Mexique, et malgré l'hostilité d'une partie de l'opinion publique américaine, Shell n'a pas cessé de mettre une solide pression sur Washington pour obtenir le champ libre au large de l'Alaska, dans l'océan Arctique. Ça paye, puisque l'agence fédérale de la protection de l'environnement vient d'autoriser Shell à franchir la porte de l'ultime zone pétrolifère inexploitée du territoire des Etats-Unis.

Shell cible aussi le « pétrole étroit » (« tight oil ») nord-américain, dont les taux de récupération sont très faibles et les coûts d'exploitation énormes. Supposition : quelle meilleure stratégie pour pousser un gouvernement à lâcher tous les permis nécessaires que de prédire l'apocalypse dans les colonnes du Financial Times ? Et je ne veux pas dire par là que le chiffre avancé par Shell de 5 % de déclin annuel de la production existante est invraisemblable (voir nouveau post).


Seul Exxon se tait. Dégageant au passage BP de cette partie de l'échiquier, la première compagnie occidentale se contente d'avancer tranquillement ses pièces dans l'océan Arctique russe, la plus vaste et la plus prometteuse des dernières zones pétrolifères encore intactes sur Terre. Jusqu'ici, les plus fidèles clients de la CIA et les héritiers du KGB s'entendent à merveille.


Le Kremlin serre les rangs autour de Vladimir Poutine, peut-être l'un des hommes les plus riches de la planète, grâce à la gabelle qu'il prélèverait sur les ventes de brut. Le ministre russe des finances s'apprête à quitter le gouvernement pour protester contre l'envolée des dépenses militaires. Dévoiler la moindre donnée confidentielle sur les réserves pétrolières russes est un crime d'Etat passible de sept ans de prison. La Russie a toujours aussi peu d'humour dès qu'il est question d'hydrocarbures. BP et même Exxon en ont fait déjà la dure expérience. Et le destin de l'ex-PDG de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, reste un totem dissuasif.

L'an dernier, la Russie a ravi d'un cheveu la place de premier producteur mondial à l'Arabie Saoudite. Mais faute de réserves fraîches assez vite exploitables, une baisse prochaine des extractions est redoutée, notamment au département américain de l'énergie (DoE). A moins que comme la cavalerie, les dirigeants texans d'Exxon n'arrivent au dernier moment et sauvent la mise avec le pétrole russe polaire ?


A Pékin, il existe un groupe d'études très pointu sur le pic pétrolier. Sa direction communique... peu, mais quand elle le fait, elle se montre aussi peu optimiste que beaucoup. La Chine reste un producteur pétrolier de premier plan, mais d'après le DoE, ses extractions menacent elles-aussi de ralentir. En l'an 2000, la Chine était encore quasi autosuffisante en pétrole. Mais sa soif de brut a presque doublé depuis, sans que ses extractions n'augmentent guère. 


Le roi d'Arabie saoudite a déclaré en juillet 2010 : « J'ai ordonné d'interrompre toute exploration pétrolière afin qu'une part de cette richesse soit préservée pour nos fils et nos successeurs, si Dieu le veut. » Le sens de cette déclaration a ensuite été quelque peu édulcoré par plusieurs officiels du ministère du pétrole saoudien, en off évidemment, excusez du peu. Riyad a toutefois prévenu depuis que les capacités d'exportation du royaume ont de fortes chances de diminuer dans les prochaines années.


A Paris, l'Agence internationale de l'énergie s'apprête à publier son nouveau rapport annuel, assez lénifiant  semble-t-il. Ceci après avoir ouvert la boîte de Pandore qui crie au loup dans son rapport précédent. Curieux, curieux


A Washington, l'administration Obama de l'énergie vient de sortir son propre rapport annuel prospectif. Plutôt apaisant, lui aussi. L'an dernier pourtant, l'ancien responsable de ce rapport au département de l'énergie a été muté au conseil national de sécurité de la Maison Blanche pour avoir évoqué sur ce blog la possibilité d'un déclin de la production mondiale de carburants liquides d'ici à 2015.

Allez savoir.


[*] "L'inavouable", parce que l'expression peak oil en elle-même demeure tabou dans la bouche des dirigeants du pétrole (même le patron de Total, Christophe De Margerie, ne l'emploie pas volontiers). Et puis "inavouable" surtout parce que la valeur d'une compagnie pétrolière découle directement du montant des réserves qu'elle contrôle, bien entendu."

 


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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 09:00

inondations-bel.jpg

 

Hausse des températures, fonte des glaces, sécheresse et désertification… Le discours sur les conséquences des changements climatiques fait figure de science-fiction quand il s’agit d’imaginer un scénario wallon.

 

Pourtant, des effets de la modification du climat, il y en aura bel et bien chez nous, en Wallonie. Autant les anticiper, s’y préparer pour, si possible, s’y adapter et les atténuer. En initiant une étude « L’adaptation au changement climatique en région wallonne », c’est ce que nos pouvoirs publics régionaux tentent de faire.

 


Une étude sur les changements climatiques en région wallonne

Juguler les causes du changement climatique (CC) amorcé, maintenir la hausse de température sous les 2°C, réduire drastiquement nos émissions de GES : fil conducteur de toute nouvelle politique, vœu pieux ou mission impossible ?

 

Tout le monde est d’accord sur le principe. Or, on rencontre peu de convergence sur les moyens. Chaque partie attend un consensus et des gestes forts des autres parties, que ce soit au sein de l’UE, entre pays industrialisés ou de la part des pays émergents. Mais il y a un terrain d’action où chaque territoire a un intérêt à agir, vite, et s’il le faut, de façon indépendante : la projection des changements qu’il encourt et le développement d’une stratégie pour s’y adapter.

La Wallonie, via les missions de l’Agence wallonne de l’air et du climat (AWAC) a fait réaliser une étude visant à élaborer des projections climatiques à son échelle, à décliner leurs impacts en termes de vulnérabilité, voire d’opportunités pour le territoire et à suggérer des pistes d’adaptation.

 

Et si le constat paraît presque « prévisible » tant il devient « commun » de parler de changements climatiques, il n’en reste pas moins alarmant ! Ces prévisions apparaissent encore plus sombres quand on sait que les adaptations souhaitées ont encore beaucoup de mal faire partie intégrante des politiques régionales et plus particulièrement d’une stratégie cohérente et ambitieuse de développement durable. Les modifications du climat à l’échelle régionale sont déjà amorcées, reste à espérer que les mentalités évolueront plus rapidement qu’elles, ce qui, sur base de ce qu’on l’on peut observer aujourd’hui est loin d’être le cas.

Tendances générales et secteurs impactés

Les sciences du climat ne délivrent pas de réponses exactes quant aux futures modifications climatiques, régionales ou mondiales. Beaucoup d’incertitudes demeurent relativement à l’amplitude des variations du climat mais aussi concernant la nature et l’intensité des impacts qui en découleront. Mais tout de même, des tendances se dessinent. Et celles-ci sont loin d’être réjouissantes.  Les 3 modèles retenus dans le rapport sont caractérisés comme étant : « projections humides », « projections sèches », et « projections moyennes ».

 

Rapide baromètre : 

  • Le mercure grimpe : entre + 1,3°C et 2,8C en 2050, entre +2°C er 4°C en 2085. Même avec les thermometre-images.jpgprojections humides, le seuil des +2°C sera atteint en 2085 !Parapluie ? non, peut-être ! : les projections étudiées divergent sur ce point. Dans les projections humides, les précipitations augmenteront constamment à l’horizon 2085 (+8,8%) tandis qu’elles diminuent avec les projections sèches (-4% en 2085). Une chose est sure, le régime devrait varier avec des contrastes régionaux plus marqués.
  • Tombe la neige… : jusqu’à +16,4% de précipitations hivernales en 2030 dans les projections humides. Les projections moyennes sont +7% (2030), +13,4% (2050) et +21.5% (2085). Tous les modèles prédisent une augmentation des températures : jusqu’à +2,6°C en 2050 et +3,3°C en 2085. 
  • L’été sera chaud : dans les projections sèches, la baisse de précipitations atteint -25% à l’horizon 2085 (-8% pour projections humides). Les températures augmentent de +1,8°C à +3,2°C en 2050 et +1,3 et 4,5°C en 2085. Jusqu’à +6°C pour des projections sèches. Les canicules [1] seront également plus fréquentes : pour 2050 + 2.3 jours caniculaires en moyenne, en 2085 de +9 jours à +28 jours.
  • Rien ne devrait nous être épargnés : très fortes précipitations [2] , tempêtes, canicules… les épisodes extrêmes seront plus fréquents.

 

Ces modifications climatiques auront des impacts sur différents aspects de notre territoire. L’étude caractérise ces impacts selon leur degré de probabilité, leur degré de gravité et leur étendue à l’échelle wallonne. Des critères comme l’urgence de la prise en charge de l’impact identifié, son niveau de prise en charge actuel ou le niveau de sensibilité des acteurs sont également des critères intéressant. Enfin, certaines variations du climat pourraient avoir des impacts positifs. Mais il convient de considérer ces « opportunités » annoncées avec la plus grande prudence car il faut bien avouer qu’il existe un manque de connaissance sur la manière dont les écosystèmes seront affectés par des changements aussi rapides et sur les réactions en chaîne qui pourraient survenir. Le rapport souligne l’absolue nécessité de promouvoir la recherche sur les impacts des CC et les effets des stratégies d’adaptation associées.

Impacts et vulnérabilité

Infrastructures et aménagement du territoire Inondations et tempêtes plus fréquentes endommageront les infrastructures. Les vagues de chaleur influenceront le sol (argile), perturberont certains services (rails dilatés, navigation en période d’étiage). L’amplification d’effet d’ilot de chaleur urbain impacteront sur la santé des habitants et les consommations d’énergie (besoin en climatisation).

 

erosion-2756785oyekx.jpgAgriculture et sylviculture

D’intenses précipitations accentueront l’érosion des sols. Des inondations plus fréquentes toucheront certaines zones. Si une augmentation des précipitations hivernales pourrait favoriser la recharge des nappes, des périodes de sécheresse et de canicules auront un impact négatif sur les cultures et l’élevage. Maladies, parasites et espèces invasives impacteront sur les rendements, même si ceux-ci devraient être favorisés par un allongement de la période de croissance végétative. Si la croissance forestière sera stimulée (+ de chaleur et + de CO2), les forêts devraient souffrir : sensibilité accrue aux maladies, pullulations de ravageurs, risque de chablis liés aux tempêtes, risque accru d’incendie…

 

Biodiversité

Les écosystèmes déjà fragilisés seront encore plus vulnérables de part des changements très rapides. Certains milieux comme les tourbières pourraient disparaître. Les cycles biologiques saisonniers (phénologie) seront perturbés. Les aires de répartition des espèces va évoluer avec comme corollaires des cortèges floristiques incapables de s’adapter et une présence accrue d’invasives. Certaines espèces seront plus sensibles aux ravageurs.

 

Ressources en eau

Un ruissellement accru favorisa la pollution des eaux de surfaces et un lessivage plus intense accentuera celle des nappes. Des débits d’étiage plus fréquent et des températures plus élevées conduiront à une dégradation de la qualité des eaux.

 

Energie

Si une diminution des besoins en chauffage est espérée, une hausse des consommations énergétiques liées au froid et à la climatisation est attendue. Les changements de régime pluviométrique et des périodes d’étiage plus fréquentes (ou plus longues) pourraient avoir une incidence sur les besoins en refroidissement des centrales thermiques (et nucléaires jusque 2025). Des effets des variations de climat sur la production d’énergies renouvelables (éoliennes, photovoltaïque, croissance biomasse) sont très probables mais encore mal cernés. Il est clair la gestion du réseau électrique devra tenir compte des effets des CC sur l’offre et la demande en électricité.

 

Santé

Les risques pour la santé sont d’une part liés aux canicules plus fréquentes ce qui pourrait augmenter la mortalité chez les personnes fragilisées. Des hausses de températures et une moins bonne qualité de l’air augmenteront les risques d’allergies et de problèmes respiratoires. Un risque de dégradation de la qualité de l’eau, de contamination ou d’intoxication alimentaire accru est à prévoir. Enfin, l’influence des variations climatiques sur le développement de maladies à vecteur est un champ qu’il conviendra d’étudier sérieusement.

Stratégie d’adaptation

Ce rapport n’est pas un plan d’adaptation mais il constitue toutefois un exercice indispensable en présentant des projections climatiques et les orientations que devront prendre une stratégie d’adaptation véritablement opérationnelle.

Il est crucial que la planification du territoire intègre dès à présent les enjeux de l’adaptation. L’urbanisation à outrance, l’imperméablisation des sols, l’implantation d’infrastructures en zones inondables ou la disparition des zones naturelles « tampon » doivent cesser. L’eau et le végétal doivent réintégrer les centres urbains pour contrer le phénomène d’ilot de chaleur. L’isolation du bâti doit être le maître-mot et des solutions de refroidissement passif doivent être préconisées pour éviter les systèmes de climatisation énergivores et préjudiciables pour la santé.

 

goutte_d_eau.jpg

La préservation de la qualité de l’eau devra être centrale et à ce titre, on regrette la faiblesse des recommandations en matière de planification urbanistique pour respecter cet objectif. Une approche globale sur différents niveaux (cours d’eau, bassin hydrographique, régional et transfrontalier) est indispensable. Mais c’est surtout vers une utilisation plus rationnelle des ressources en eau qu’il faudra transiter.

 

Les menaces pesant sur la biodiversité ne sont pas neuves mais elles seront exacerbées par les changements climatiques. Les mesures actuelles ne suffiront pas. Un réseau écologique étoffé impliquera de revoir le statut et les limites de zones protégées. La gestion de certains milieux naturels devra être adaptée. Un réseau de vigilance attentif aux espèces invasives devra être renforcé.

 

En agriculture, il faudrait revenir à des variétés naturellement plus résistantes aux pestes, trouver des alternatives aux cultures gourmandes en intrants (eau, énergie, engrais). Les techniques culturales devront évoluer pour préserver les sols de l’érosion. En foresterie, il faudra bannir la plantation d’espèces mal adaptées aux conditions pédo-climatiques de la station. C’est une sylviculture dynamique, attentive au fonctionnement naturel des forêts qui doit prévaloir.

 

Une meilleure gestion sanitaire lors d’épisodes caniculaires doit se développer notamment par une adaptation des bâtiments. Le rythme des activités, la mobilité devront être adaptés en conséquence. Il est en outre nécessaire de développer expertise et vigilance sur les effets des CC sur la santé (maladies à vecteurs, allergies, etc.).

 

Toutes ces recommandations ne sont pas foncièrement innovantes. Cela fait des années que le secteur environnemental préconise ce type de mesures. Les solutions sont sur la table depuis longtemps. Reste à espérer que toutes ces recommandations ne resteront pas lettre morte et que les changements climatiques seront reconnues comme une réalité qui dictera les orientations à prendre au niveau de toute planification globale et plan de gestion sectoriel.

Inflexions ou rupture ?

Si ce rapport se garde bien de faire des choix, il avertit le politique qu’il doit en faire, dès aujourd’hui, selon l’urgence et la gravité des impacts attendus. Quel niveau de risque la société est-elle prête à accepter ? Quel coût consent-on à payer pour faire face aux CC ? La question du financement des mesures devra également être soulevée rapidement ainsi que celle des leviers favorisant l’adaptation. La voie fiscale peut être un instrument puissant tandis que la voie normative et les dispositifs d’aides publiques doivent intégrer les enjeux liés au CC au plus tôt.

 

La question d’acceptabilité des mesures envisagées par la population est évoquée. Pour IEW, il ressort de la responsabilité politique de mettre tout en œuvre pour impulser des changements de comportements durables qui permettront aux citoyens de non seulement s’adapter aux CC mais surtout de les freiner (une vraie politique de mobilité durable par exemple…).

 

inegalites-sociales-images.jpg Les experts pointent également du doigt les inégalités sociales que les CC rendront plus profondes. Les personnes défavorisées auront plus de mal à adapter leur logement contre les aléas climatiques ou à faire face à des problèmes de santé récurrents.

 

Le rapport a le mérite d’attitrer l’attention sur un principe directeur qui doit guider les choix actuels et futurs : celui du contenu énergétique des mesures d’adaptation. Tout mesure, entre autres la rénovation d’infrastructures adaptées à la nouvelle donne climatique, mobilisera des ressources qui ont un coût environnemental et énergétique. Et de là, aller plus loin que le rapport en préconisant une généralisation des ACV [3] permettant d’orienter les politiques, mais aussi les entreprises et les citoyens, vers des choix aux impacts énergétiques et environnementaux minima.

 

Le rapport de l’AWAC prône l’adaptation surtout par des inflexions des dispositifs actuels. Pour IEW, la résilience aux CC ne peut se faire sans une rupture avec les systèmes actuels, qu’il s’agisse, entre autres, du système agricole conventionnel ou de l’étalement urbain continu !

 

En outre, le rapport n’évoque que très peu la nécessité de mettre en balance le coût des changements souhaitables (voire indispensables) avec le coût de l’inaction. L’internalisation des externalités découlant du laisser-faire (ou BAU) pourrait donner un sérieux coup de fouet à certaines politiques qui tardent à être mises en œuvre.

S’adapter, oui… mais est-il trop tard pour atténuer ?

Les changements climatiques estimés semblent inévitables. Est-il pour autant vain de lutter contre ces changements, d’atténuer leurs effets voire de renverser la tendance actuelle ? De nombreuses pistes existent pour lutter contre les changements climatiques. La maîtrise de la demande énergétique est une des pierres angulaires des stratégies d’atténuation. C’est dans tous les secteurs que ce leitmotiv doit être décliné. Réduire nos émissions de GES de 80 à 95 % d’ici 2050 implique des modifications profondes de nos modes production et de consommation. La transition climatique n’est pas qu’une affaire de scientifiques, elle doit être prise à bras le corps par les politiques bien sûr mais aussi par les économistes, les sociologues, les psychologues, etc, soit au moyen d’une approche pluridisciplinaire…. A l’échelle individuelle, il y a quantité d’actions à mettre en œuvre pour diminuer ses émissions de CO2.


---------

[1] Une canicule se définit comme une période d’au moins 5 jours consécutifs avec une température de 25°C ou + et comprenant au moins 3 jours avec 30°C ou +.

[2] On entend par « très fortes précipitations » le nombre de jours où le volume des précipitations est supérieur ou égal à 20mm.

[3] Analyse de cycle de vie

 

Un article de Gaëlle Warnant publié le 4 août 2011 sur logoIEW couleur suivantes

 

Pour en savoir plus sur le sujet
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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 11:38

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"Un trajet ridicule en voiture est un trajet que l’on pourrait aussi bien faire en vélo".

 

Dans la ville de Malmö (SE), la moitié des trajets en voiture sont des déplacements de moins de 5 kilomètres, selon un sondage réalisé en 2003.

 

La Ville est partie du principe que l’on a tout à gagner en laissant de côté la voiture pour des déplacements de moins de 5 kilomètres. Mais comment faire en sorte que les gens troquent leurs voitures contre des vélos ?

 

Malmö fait depuis longtemps la promotion de l’usage du vélo au lieu de la voiture, la Ville a rassemblé tous ses projets sous une campagne de communication très réussie appelée "Pas de trajets ridicules en voiture" - No ridiculous car trip. Dans une vidéo réalisée l’année dernière pour la campagne, la Coordinatrice du projet, Annika Hörlén, affirme : "Il était important pour nous de créer quelque chose qui sorte de l’ordinaire et qui soit remarqué."

Un homme pédalant sur une plateforme en plein coeur de Malmö, du personnel à vélo portant des vêtements oranges etenergy-cities-index.jpeg des casques argentés, des citoyens décrivant le trajet le plus ridicule qu’ils aient fait en voiture... Ce sont certaines des nombreuses initiatives de la campagne. Informer, motiver et récompenser, tels pourraient en être les maîtres mots.

En parallèle à la campagne de communication, Malmö développe ses infrastructures, en créant par exemple un réseau de routes cyclables et des installations facilitant les déplacements à vélo dans la ville.

Dans la vidéo, l’ingénieur Len Jönsson conclut : " En 1995, 20% des gens à Malmö utilisaient un vélo. Ce nombre a augmenté pour atteindre 30% aujourd’hui. C’est fantastique."

 

 

 

La Ville de Malmö est membre d’Energy Cities depuis 2002. Découvrez-en plus sur la ville sur son site officiel (en version anglaise).

 

Un article de  Floriane Bernardot paru le 19 juillet 2011 sur www.energy-cities.eu.

 

Des idées pour démarrer la transition...

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 20:00

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Un article paru sur http://www.rue89.com/planete89 le 18 mai 2011

 

En 2011, il n'est plus possible de dire que l'on ne sait pas. Cela fait des années que nous dénonçons les conséquences environnementales et sociales de la culture du palmier à huile. Les rapports s'accumulent.

En Indonésie et en Malaisie, les forêts tropicales, à la biodiversité exceptionnelle, ont fait place en quelques années à d'immenses monocultures de palmiers à huile.  Plus de 600 conflits opposent les entreprises de palmiers à huile aux communautés locales qui voient leurs forêts disparaître ou qui sont chassées de leurs terres.

 

C'est au prix de ce sacrifice que ces deux pays sont devenus les principaux producteurs mondiaux d'huile de palme. Pire, aujourd'hui, la culture du palmier à huile, l'une des plus rentables au monde, explose en Amérique du Sud et en Afrique. Les entreprises agroalimentaires s'accaparent les terres pour les convertir à cette monoculture et les cas d'expulsion de paysans et de communautés autochtones se multiplient aux quatre coins de l'hémisphère Sud.

C'est pourtant dans ce contexte que la région Languedoc-Roussillon, propriétaire du port de Port-la-Nouvelle, dans l'Aude (France) a décidé d'accueillir le groupe malaisien, Sime Darby, le plus grand producteur mondial d'huile de palme, pour construire une usine qui lui ouvrira en grand les portes du marché européen.

Le « durable » n'évite pas la déforestation

Pour faire taire les critiques, les arguments sont rodés : Sime Darby est une entreprise responsable et sa production sera bientôt intégralement certifiée « durable » selon les critères de la table ronde sur le palmier à huile durable. Une certification extrêmement controversée.

Il est, par exemple, possible d'utiliser dans les plantations de palmier à huile un pesticide neurotoxique, le paraquat, interdit en Europe. Logique, l'entreprise qui le commercialise, Syngenta, est membre de la Table Ronde sur le Palmier à Huile Durable. Surtout, cette certification ne garantit pas l'absence de déforestation.

Dans un nouveau rapport intitulé « Arnaque à l'huile de palme durable », les Amis de la Terre ont ainsi montré comment les entreprises PT Budidaya Agro Lestari et PT Sandika Nata Palma, deux filiales de Sime Darby en Indonésie, avaient rasé des forêts protégées sur plusieurs milliers d'hectares pour planter du palmier à huile.

Au Liberia, Sime Darby vient d'acquérir plus de 200 000 hectares dans un pays qui sort juste de la guerre civile et où les conflits fonciers sont nombreux. Déjà les plaintes s'accumulent pour dénoncer des conditions de travail indignes et des salaires dérisoires : 3 dollars par jour, complétés, pour les plus chanceux, par un sac de riz. Est-ce cela de l'huile de palme durable ?

Dans l'agroalimentaire ou comme agrocarburant

Des solutions à la portée de tous ?

Pour diminuer sa consommation d'huile de palme, et les très nombreux effets pervers liés à sa production, nous pouvons commencer par manger des aliments produits localement et qui ne contiennent pas cette huile.

Dans le même temps, cela favorisera l'économie locale en circuit court et cela soutiendra les agriculteurs et maraîchers locaux qui en ont bien besoin.

Ensuite, pour diminuer nos besoins en carburant, commençons par utiliser des modes de transport doux pour les trajets de moins de 5 km (vélo, marche à pieds). Ensuite, pensont aux transports en commun, etc...

Ces solutions simples sont à la portée de tou(te)s et sont en même temps un premier pas dans la transition vers la société de l'après-pétrole que nous avons avantage à mettre en place dès aujourd'hui pour construire un futur qui pourrait bien être plus agréable et plus juste que le présent.

Au-delà de la lutte contre l'implantation de cette usine, nous appelons à avoir un débat plus large sur les politiques qui ont conduit, depuis une dizaine d'années, à une hausse importante des importations d'huile de palme en Europe.

L'huile de palme est un ingrédient discret que l'on trouve dans de nombreux produits de consommation courante comme les biscuits, les pâtes à tartiner, les plats préparés, les lessives ou encore le rouge à lèvre.

Mais c'est surtout l'émergence du marché des agrocarburants qui explique l'explosion des importations de cette huile : entre 1999 et 2009, la consommation européenne d'huile végétale a doublé, passant d'environ 11 à 22 millions de tonnes.

Inexistants il y a dix ans, les agrocarburants absorbent aujourd'hui plus de 9 millions de tonnes d'huile végétale et constituent donc le principal moteur de cette hausse.

L'huile de palme peut être utilisée directement, en mélange, pour faire rouler les voitures ou voler les avions mais l'impact est surtout indirect : par un effet de vase communicant, les industriels de l'agroalimentaire qui ne trouvent plus d'huile de colza ou de tournesol, utilisées comme agrocarburants, importent davantage d'huile de palme.

Que l'usine de Port la Nouvelle ait une vocation à produire des agrocarburants ou de l'huile de palme alimentaire est donc un faux débat.

Concurrence aux agriculteurs européens

Le vrai enjeu est de réduire globalement notre consommation d'huile végétale, et en priorité nos besoins en carburants. La lutte contre le gaspillage énergétique et la relocalisation doivent devenir des priorités des politiques publiques pour qu'aucune usine d'huile de palme ne se construise, à Port la Nouvelle ou ailleurs.

Il est temps de porter un regard lucide sur les dérives de l'agro-business : loin de contribuer au développement économique, les importations croissantes d'huile de palme constituent un accaparement de l'espace écologique des pays du Sud par l'Europe et empêchent les communautés de répondre à leurs besoins vitaux comme celui de cultiver la terre pour se nourrir ou de vivre dans un environnement préservé.

Par ricochet, ces importations d'huile bon marché pénalisent les agriculteurs européens qui ne peuvent vivre dignement de leur travail. Et si l'avenir, dans l'Aude, était de miser sur la production locale et biologique d'huile d'olive pour l'alimentation plutôt que de construire des usines d'huile de palme ?

 

Photo : A l'intérieur d'une pépinière de palmier à huile, en Indonésie (Amis de la Terre).

 

Par Sylvain Angerand et José Bové | Amis de la Terre et EELV | Paru sur www.rue89.com/planete89 le 18/05/2011

 

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