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  • : Ath en Transition
  • : Et si notre réponse au pic du pétrole, aux changements climatiques et aux crises économiques ressemblait plus à une fête qu'à une marche de protestation ?
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logo-transition-network.gifAth en Transition fait partie du Transition Network, avec plus de 1100 villes et territoires dans le monde. C'est une progression extraordinaire que le mouvement citoyen et mondial de la transition connaît depuis la fin 2006.

Le mouvement se structure maintenant aussi chez nous avec le Réseau Transition Wallonie - Bruxelles.

Agenda

17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 08:00

ensemble-cest-mieux.jpg« Sois le changement que tu veux dans le monde » (Gandhi)

L’écologie pratique, cela se pratique au quotidien... Mais il faut bien dire que ce n’est pas toujours simple. La société de consommation est diablement efficace, elle nous écarte de la remise en question nécessaire qui doit nous mener à une société plus soutenable, plus juste et plus heureuse. 

Si seuls, on va parfois plus vite, ensemble, on va plus loin...

Dans les initiatives de Transition, on se regroupe afin d'avancer en additionnant les forces de chacun, en annonçant ses besoins, en partageant ses projets, ses expériences, ses difficultés, ses réussites, ses joies...

Le défi que nous relevons est parvenir à "vivre ensemble sur une même planète", alors que nous sommes si différents (et en même temps tellement pareils).

Il n’est donc pas étonnant que des résistances, des questions et des difficultés apparaissent... et que des conflits éclatent parfois. Mais nous voulons que ces conflits deviennent des moments qui permettent d'avancer ensemble.

L’écoute active, les jeux de rôles, les cercles de parole, les principes de la prise de parole, la méthode du consensus, l'outil n°9 du manuel de transition "organiser des réunions productives", la sociocratie, l'intelligence collective... sont des moyen de favoriser l'avancée du groupe, la participation de tous, une communication non violente, une meilleure connaissance de soi-même et des autres, et de dépasser les obstacles. Cet article présente un de ces outils qui permettent aux membres d’un groupe de progresser ensemble dans leur démarche et vers leur objectif, de manière non violente, coopérative et autonomisante.

Quelques principes de base de la démocratie participative au consensus

La démocratie participative au consensus est basé sur une organisation de groupe "horizontale", non-hiérarchique. Au sein du groupe, il n'y a pas de "chef". La parole de l'un a autant de poids que la parole d'un autre. Quelle que soit l'expertise, le diplôme, l'âge, la fonction, etc... Seul le groupe décide de ce qui est pertinent et à retenir, ou pas.

Ce système, quand il est appliqué, a pour avantage de laisser une place à chacun pour s'exprimer, sans que le groupe ne porte de jugement sur ce qui est dit. On y tiens compte de tous les avis pour les prises de décision, et on les intègre autant que possible au consensus, par la création collective d'une solution neuve et innovante. Il n'y a donc pas de lutte pour imposer ses idées au reste du groupe, pas de clivages et de prises de pouvoir entre les défenseurs de la solution "A" et ceux de la solution "B". Au contraire, le groupe intègre les objections comme étant celles de tout le groupe, et de l'intelligence collective naît une solution originale, intégrant les dissensus à la propositon de départ qui deviendra une solution "AB".

Ce système implique aussi le respect des principes de la communication non-violente.

000consensus157201.jpgQuelques règles pour la disposition du groupe

Idéalement, on se dispose tous en cercle pour être physiquement sur un pied d'égalité. La psychologie sociale a en effet mis en évidence que la positon physique a une énorme influence sur la position hiérarchique au sein du groupe. Par exemple, si une personne est debout et les autres assises, la personne qui est debout aura un leadership sur la réunion de par sa position.

De même, une table rectangulaire ou allongée donne une position de « chef de la tablée », il s'agit de la personne qui se trouve sur le petit coté de la table, et qui de cette manière voit et est vu de tous. Il faut également éviter les dispositions en plusieurs rangées. Car dans ce cas ceux qui sont derrière auront moins de chances de se faire entendre. De même, si une personne se met à l'écart du groupe, elle ne participera pas à sa dynamique, elle s'exclut physiquement, et risque aussi de ne pas être porteuse des décisions du groupe.

La prise de parole

On demande la parole en levant la main, et on attend que le donneur de parole nous la donne.

Les fonctions tournantes

On désignera dès le début de la réunion : un animateur, un donneur de parole, un rapporteur et un maître du temps. Ces postes seront occupés par des personnes différentes, car il est difficile d'occuper plusieurs postes, surtout si le nombre de participants dépasse cinq ou six. De plus, certains postes visent à en modérer d'autres, il est donc important de respecter la répartition des tâches.

Ces fonctions sont désignées pour le temps de la réunion, et sont donc tournantes d'une réunion à l'autre en respectant les souhaits de chacun (il n'y a donc pas d'obligation à animer, par exemple). Elles peuvent changer de personne en cours de réunion. Les membres du groupe peuvent, uniquement si nécessaire, donner un « coup de main » à un animateur débutant, ou s'ils remarquent que quelque chose lui a échappé, mais doivent tenir compte de ses remarques, pour le bien et le bon fonctionnement du groupe (par exemple : demande de respecter les règles du groupe, etc). Le groupe peut et doit également s'assurer que l'animateur respecte lui-même les règles du groupe, et demander un recadrage au besoin, voire un remplacement si cela ne se passe pas bien.

  • L'animateur : il présente l'ordre du jour, assure le passage en revue et le traitement de chaque point, reformule afin de faire avancer le débat, propose les consensus dès qu'il les sent proches et les « acte ».
  • Le rapporteur : il réalise un rapport documenté et décisionnel de la réunion. C'est à dire qu'on ne recopie pas tout ce qui a été dit, qui l'a dit, etc. On y note les arguments et les informations importants car ils ont mené à une décision, sans préciser qui du groupe a porté cette idée. Le rapport acte les décisions prises, les listes de chose à faire, etc.
  • Le maitre du temps : il est le gardien du timing. Il signale quand on dépasse le temps imparti pour traiter tel point, et quand il reste 5 minutes pour ce point. Il signale l'heure des pauses, l'heure de reprise, etc.
  • Le donneur de parole : il note les demandes de parole, les acte à la personne demanderesse par un petit signe de tête, distribue la parole en fonction des priorités (ordre dans lequel elle a été demandée). Il y a également d'autres règles pour déterminer la priorité : 1.point technique, 2.brève, 3. proposition ou main levée d'une personne n'ayant pas encore pris la parole ou ayant très peu parlé (« usager faible »), 4. main levée d'une personne ayant déjà beaucoup pris la parole.

03-17-reunion.gif

Comment débuter la réunion ?

Avant de commencer quoi que ce soit, on réparti les rôles. Ensuite, on approuve le rapport de la fois dernière. On rassemble les dernières objections, les dernières demandes de modification. Le rapport une fois acté et/ou modifié sera rendu public ou envoyé à tous les membres du groupe.

  • On décide de l'ordre du jour ensemble, en étant attentif à ce qu'il soit réaliste. On reporte les points rejetés à la réunion suivante. Ceci est à indiquer dans le rapport.
  • On discute en groupe du temps imparti à chaque point de l'ordre du jour. Ce timing sera ensuite à faire respecter par le maitre du temps.

 

 

Les prises de décision au consensus

  • Les prises de décision se font au consensus : dès qu'une proposition est émise, on fait un sondage pour voir ce que le groupe en pense, puis on fait un tour de table, ou on demande s'il y a des objections (*). Si aucune objection n'est soumise, il y a consensus (tout le monde est d'accord). Si quelqu'un objecte, ou a une remarque à formuler, une demande de précision, etc, celles-ci sont écoutées et prises en compte par le groupe. Le groupe essaie de voir, en proposant des ajustements successifs s'il est possible d'intégrer les objections à travers la création d'une solution adaptée et originale.
  • Faute de consensus franc, on passe alors au consentement (personne n'est contre, personne ne s'oppose fermement et définitivement, et ceux qui ne sont pas emballés peuvent tout de meme « vivre » avec cette solution).
  • En extrême recours seulement, ou pour des questions sur lesquelles il n'est pas possible de trouver un consensus (questions ouvertement oui/non, ou trop idéologiquement connotées par exemple), on passe alors au vote à main levée. Mais cela reste et doit rester exceptionnel, quand la cohésion du groupe en dépend, par exemple, et qu'on se retrouve dans une impasse après avoir tout tenté pour arriver à un consensus-consentement.

(*) Les objections doivent être argumentées. Il ne s'agit pas d'uniquement critiquer en disant « je ne suis pas d'accord, je m'y oppose », mais d'expliquer pourquoi on fait une objection. Elle doit donc être constructive et que le groupe puisse en tenir compte. C'est le « pourquoi » qui est important, et non le fait d'être contre, car c'est lui qui permettra de créer la solution originale.

mains.jpgLes gestes de communication non-violente

  • Demander la parole : lever la main, attendre le signe du donneur de parole (oui, je t'ai vu, j'ai noté ton tour), et ensuite baisser la main.
  • Une brève : deux doigts levés, un de chaque main : quand on a quelque chose à rajouter, pour éclaircir le débat, et qui ne prend pas plus de 20 secondes : poser une question, proposer un très bref éclaircissement, etc. En aucun cas ce signe ne peut être utilisé pour demander une parole normale pour donner son avis. Ce geste est prioritaire.
  • Point technique : on place ses 2 mains en forme de T. Pour régler un point urgent qui nécessite d'interrompre la discussion, et qui n'a rien à voir avec le débat en cours, mais est de l'ordre de la gestion d'éléments extérieurs. Ex: il pleut et il faut se mettre à l'abri ; le barman est là pour prendre commande ; le maitre du temps veut donner le timing. Ce geste est prioritaire.
  • Proposition : faire un P avec ses mains. On a une proposition concrète à faire, qui peut faire avancer le schmilblick, et sur laquelle le groupe peut alors se positionner clairement (consensus-objections-amendement). Ce geste est prioritaire car permet de faciliter et de faire avancer le débat, et d'aboutir à une prise de décision, ce qui est le but.
  • Dire « je suis d'accord » : on agite les mains en l'air (applaudissement dans le langage des sourds muets).
  • Pour les sondages uniquement, dire « je ne suis pas d'accord » : on agite les mains vers le bas. On essaie d'éviter ce feed-back autant que possible quand quelqu'un parle car cela contrevient à la règle qui demande qu'on explique pourquoi on est pas d'accord. Si on n'est pas d'accord avec ce qu'une personne vient de dire, on demande la parole, on le dit et on explique pourquoi.
  • Pour les sondages uniquement, dire « bof bof, moyen » ou « je ne sais trop qu'en penser » : agiter les mains devant soi dans un mouvement ondulatoire. Cela sera traité également par l'animateur comme une objection.

Entre les réunions, pour préparer les suivantes

Autant que possible, on fixe en groupe la date et le lieu de la prochaine réunion. On discute du prochain lieu, si nécessaire. On désigne un responsable de la réunion suivante. Il sera chargé de créer et gérer le sondage pour la prochaine réunion (si la date n'a pas été fixée en réunion), d'annoncer au groupe la date et le lieu. Il envoie, quelques jours avant la réunion un mail de rappel avec la date, le lieu.

Le rapport, une fois rédigé par le rapporteur, est envoyé à tous les membres présents à la réunion pour amendement. Le rapporteur récolte les amendements, les intègre au rapport, et renvoie ce rapport amendé au groupe. Les amendements doivent être directement insérables dans le texte, sur base de la règle des objections constructives (un petit mot en bas du rapport qui dit : « c'est n'importe quoi », ou « je ne suis pas d'accord avec telle décision  » n'est pas considéré comme une objection constructive ). Si nécessaire, un deuxième tour d'amendement peut avoir lieu, afin de s'assurer que le rapport rencontre un consensus. Si d'autres amendements sont proposés, le rapporteur les intègre à nouveau, et renvoie aux membres présents.

Il est préférable que le rapporteur donne une date limite pas trop serrée mais suffisante pour l'amendement des rapports (Ex: une à deux semaines), afin que le rapport définitif soit prêt pour la prochaine réunion et que ça ne traine pas des lustres, au risque de finir aux oubliettes. 

Remarque : les amendements doivent uniquement servir à acter de manière la plus objective et complète possible ce qui s'est passé à la réunion. On ne peut pas amender un rapport pour modifier une décision qui a été prise par le groupe, ou pour essayer d'influencer une décision.

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 00:01

permajardin.jpgArticle de Virginie Hess complété de nouveaux liens, initialement paru sur www.iewonline.be le 5 mai 2011.

 

La permaculture est une démarche qui a pour but la conception, la planification et la réalisation de sociétés humaines écologiquement soutenables, socialement équitables et économiquement viables . Elle se fonde sur trois aspects éthiques fondamentaux : prendre soin de la terre, prendre soin de l’Humain et partager équitablement les ressources.

 

Apparue dans la foulée du choc pétrolier de 1973, la notion de permaculture est née de la réflexion de Bill Mollison et David Holmgren, deux écologistes australiens préoccupés par les problèmes environnementaux naissants et désireux de créer un nouveau système agricole qui soit durable. Ils s’inspirent pour cela des travaux d’un agriculteur japonais, Masanobu Fukuoka, qui expérimente l’agriculture « sauvage ». Selon ce dernier, « la raison pour laquelle les techniques perfectionnées semblent nécessaires est que l’équilibre naturel a été tellement bouleversé par ces mêmes techniques que la terre en est devenue dépendante ».

 

Selon Mollison et Holmgren, il faut quitter le système agricole industriel qui perturbe l’équilibre naturel et renforcer ce dernier, le faire fructifier. L’idée est donc de développer une agriculture qui prenne la nature pour modèle en intégrant les activités humaines dans les écosystèmes. Cela passe par la mise en œuvre d’une production soutenable, très économe en énergie, respectueuse des êtes vivants et de leurs relations réciproques, et qui laisse le plus de place possible à la nature sauvage.

permaculture-il-01_biodynamic.jpgSimplicité potagère

Concrètement, la démarche permaculturelle consiste à cultiver la terre en veillant à respecter le rythme des saisons, à favoriser la vie du sol, à ne pas employer de pesticides ni d’engrais de synthèse, à utiliser le moins d’énergies fossiles possible, à assurer une production locale et abondante. Ce qui implique, entre autre, d’utiliser tout ce qui existe comme ressources sur place : les éléments naturels (vents, eaux, reliefs, bois et bosquets) sont des ‘outils’ à utiliser dans le projet d’un ‘permaculteur’ . On veille à récupérer l’eau de pluie, à valoriser les déchets par un système de compostage, à stocker les graines, à aménager l’espace à l’aide de matériaux naturels locaux, etc.

 

En permaculture, chaque élément constitutif d’un système assure plusieurs fonctions et interagit avec les autres éléments, comme dans les écosystèmes naturels. Ainsi, la plantation d’arbres fruitiers de variété locale va jouer un rôle à plusieurs niveaux : bienfait esthétique, production de nourriture, protection et amélioration de la biodiversité, apport d’ombre et d’humidité, point d’attraction pour les insectes pollinisateurs, etc.

 

La mission de l’humain consiste donc à favoriser au maximum les liens utiles entre chaque composante du système. L’observation de la nature lui permet de déceler les spécificités, notamment de son sol . Les potagers en permaculture ont d’avantage l’aspect de jardins où se côtoient fleurs, arbres et légumes, plutôt que de parcelles alignées en bon ordre géométrique.

 

Dans une optique de relocalisation et de partage des ressources, l’écoulement du surplus de production est distribué en priorité au voisinage. Une manière aussi de recréer des réseaux de solidarité.

Bien plus qu’une pratique agricole

Outre la reconnexion au vivant, la redécouverte du lien immémorial entre l’humain et sa terre nourricière, le retour des connaissances en production alimentaire, la permaculture permet également de sortir de l’exclusion et d’apprendre à mener un projet ensemble. Les valeurs de solidarité, de tolérance et de bonne entente entre les jardiniers sous-tendent la démarche.

 

La permaculture est de plus en plus pratiquée. Diverses initiatives apparaissent ça et là, portées le plus souvent par des collectifs d’habitants volontaires qui se partagent un terrain. Citons notamment les potagers partagés de Schaerbeek ou de Tour-et-Taxis à Bruxelles, ou encore le projet Graines de Vie à Nethen qui a notamment participé, en collaboration avec Grez en Transition, à l’organisation du festival de permaculture installé à Grez-Doiceau du 20 au 22 août 2010, un festival qui a rassemblé un millier de personnes. D’autres projets sont déjà plus avancés, comme le potager des fraternités ouvrières à Mouscron où la permaculture est pratiquée depuis 30 ans.

 

images.jpegCertaines friches urbaines sont ainsi reconquises et aménagées par les habitants de quartiers denses à la recherche d’un coin de nature, d’un lieu de rencontre et de convivialité. La plupart des villes et communes disposent de terrains abandonnés qu’elles pourraient mettre à disposition des citoyens afin de favoriser les initiatives du genre. Repenser l’aménagement des quartiers dans cette perspective déboucherait sur des cités plus vertes, plus conviviales, donc viables.

 

Bien qu’elle ait démarré d’une réflexion sur les pratiques agricoles, la permaculture s’inscrit aujourd’hui dans une démarche plus globale pour un développement durable, basée sur une approche nouvelle et originale de la relation entre les sociétés et leur environnement. En reposant sur la persistance d’une culture de l’autonomie, des valeurs communautaires et sur la mémoire de certains savoir-faire, elle est capable de contribuer à l’évolution d’une culture populaire de la durabilité, et ceci à travers l’adoption de solutions très pratiques permettant aux gens de se prendre en main. Ce faisant, elle invite chacun à anticiper de manière positive et avec créativité les grands bouleversements écologiques et énergétiques de demain.

 


 

En savoir plus  :

 

 

 

La permaculture
- Bill Mollison, David Holmgren, Permaculture 1, une agriculture pérenne pour l’autosuffisance et les exploitations de toutes tailles, Debard, 1978 en anglais, 1986 en français.
- David Holmgren, L’essence de la permaculture. En téléchargement libre sur http://www.permacultureprinciples.com/fr
- Patrick Whitefield, Graines de permaculture, édité et traduit par Passerelle Eco, 96p.

 

Sources :

- Wikipédia
- FUKUOKA, M., La révolution d’un seul brin de paille : une introduction à l’agriculture sauvage, Paris, Guy Trédaniel, 2009, p.45
- Graines de vie

 

Article paru dans La lettre des CCATM n°61 du 29 avril 2011 que vous pouvez télécharger en cliquant ici !

Pour en savoir plus...

Plus d'informations sur la permaculture, l'agroécologie, l'agroforesterie :

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 14:51

NurseJodyMobileMedicine.jpg

 

En 2005, l’hôpital Frederiksberg à Copenhague a lancé un projet pour le moins original : un système de soins infirmiers à domicile, à vélo, à destination des personnes âgées. Une formule gagnante, tant sur le plan humain que financier, qui pourrait bien inspirer d’autres établissements hospitaliers.

 

Lorsque du personnel médical fait appel à l’hôpital pour des personnes âgées, les infirmières se déplacent à vélo jusqu’à leur domicile. Elles sont chargées d’évaluer l’opportunité d’une hospitalisation et, si cela ne s’avère pas nécessaire, elles sont habilitées à pratiquer les soins requis directement au domicile des patients.

Eviter le stress de l'hospitalisation

L’un des avantages majeurs de ce système est que les personnes âgées ne doivent pas souffrir inutilement le stress d’un séjour – ni même d’un déplacement – à l’hôpital. Ces visites à vélo auraient permis dans 82% des cas d’éviter l’hospitalisation !

Un avantage financierMobile Medicine10

Le second avantage est d’ordre financier, car cette organisation permet d’éviter de nombreux frais. Un jour d’hospitalisation coûte 460 €, et l’on estime qu’un patient est hospitalisé en moyenne durant trois jours. Les deux infirmières qui effectuent ces déplacements à vélo ont ainsi permis d’épargner 220 visites à l’hôpital, soit une économie de 305 000 €, à laquelle il faut encore ajouter les économies réalisées sur les frais d’ambulance (60 000 €).

 

Face aux résultats très positifs engrangés par le projet, d’autres hôpitaux envisageraient la possibilité de développer un système similaire au sein de leur propre établissement.

 

Florine Cuignet sur www.gracq.be

Source : Berlingske via Copenhagenize.

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 22:39

parlement_wallon-741013.jpgDans le cadre de la conférence internationale sur le pic du pétrole, organisée cette année à Bruxelles par l'Association pour l'étude du pic du pétrole et du gaz (ASPO), un colloque a été organisé par l'ASPO et par le comité du Parlement wallon sur les pics de pétrole et de gaz.

Retrouvez l’article de la libre Belgique sur ce sujet.

Enregistrement du colloque

Retrouvez l’enregistrement en ligne du Colloque qui s’est tenu le mardi 26 avril au Parlement wallon.  La version audio ainsi que  la version video sont disponibles : Colloque du Parlement wallon

Les diaporamas présentés durant le colloque

Les présentations suivantes sont disponibles en v.o. et en PDF :

"Un choc pétrolier se traduirait en Wallonie par une baisse de 2,2 % du PIB"

Une des conclusions du colloque est qu'un choc pétrolier - qui ferait doubler le prix du baril - se traduirait, en Région parlement_wallon.gifwallonne, par une réduction du PIB de 2,2 % après 10 ans, ce qui équivaudrait à perdre, étalé sur une décennie, une année de croissance économique, selon des chiffres du Bureau du Plan présentés dans le cadre d’un colloque organisé le 26 avril au Parlement wallon par le Comité “pics de pétrole et de gaz”.


Ce colloque, consacré notamment au rôle de la recherche dans l’atténuation des effets du pic pétrolier, précédait d’un jour le Congrès mondial de l’ASPO, l’”Association for the study of the peak oil”, qui se tient cette année du 27 au 29 avril en Belgique.


Il en est notamment ressorti qu’un choc pétrolier à l’horizon 2025 toucherait en particulier les communes les plus rurales, dont les atouts seraient réduits à néant par la hausse des prix du carburant. Les villes, elles, offriraient une meilleure résistance à l’augmentation des prix énergétiques et pourraient voir se renverser en leur faveur le mouvement d’exode urbain entamé il y a un demi-siècle, selon une étude menée par 6 universitaires et publiée par la Conférence permanente du développement territorial en région wallonne (CPDT).


Par ailleurs, à plus long terme, une réduction des déplacements entre les lieux de résidence et de travail devrait être favorisée - notamment par des mesures fiscales - afin de réduire sensiblement la consommation de pétrole.


Enfin, tant à court qu’à plus long terme, “le mouvement de dispersion de l’habitat devrait s’inverser au fur et à mesure que les prix pétroliers augmenteront, ce qui pourrait se produire de manière progressive ou plus brutale”, concluent les chercheurs qui prévoient dans la foulée “des bouleversements importants dans l’utilisation de l’espace”.

 

Pour en savoir plus sur l'énergie et la Transition

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 10:23

pyramide-alimentaire.jpgSelon un rapport présenté mercredi 12 janvier 2011 par des chercheurs français, les pays riches devront mettre moins de viande dans leur assiette et en finir avec le gâchis pour nourrir neuf milliards d'individus en 2050, tout en préservant les ressources de la planète.

 

Examinant la question de la subsistance alimentaire des êtres humains à l'horizon 2050, le rapport "Agrimonde", fruit de travaux lancés en 2006, répond par deux scénarios : l'un privilégie le bien-être immédiat et l'autre, le développement durable. Et ce dernier suppose "une vraie rupture", souligne cette étude réalisée par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

 

"Evidemment, ce n'est pas parce que je vais moins manger que quelqu'un du Sahel va mieux manger", nuance Sandrine Paillard, responsable de l'unité prospective de l'INRA. "Mais il est clair que si toute la planète mange comme on mange, et notamment autant de viande, la pression sur les ressources naturelles ne sera pas tenable". En moyenne, un individu a à sa disposition 3 000 kilocalories par jour. Mais les disparités sont fortes : on atteint les 4 000 dans les pays riches de l'OCDE, et même 4 500 aux Etats-Unis, contre seulement 2 300 en Afrique sub-saharienne.

DIMINUER LA CONSOMMATION DE VIANDE

Dans le scénario axé sur le développement durable, les chercheurs estiment que les 3 000 kilocalories quotidiennes doivent être réparties de façon plus équitable dans le monde. Un postulat qui permet de "ne pas augmenter la pression sur les ressources naturelles par rapport à aujourd'hui". Pour les pays du Nord, cela impliquerait de réduire la disponibilité en calories de 25 %. "Ce qui est assez énorme", commente Sandrine Paillard.

 

Les moyens d'y parvenir sont multiples et impliquent toute le chaîne de production et de consommation. D'abord, il s'agit de réduire "les pertes à la consommation" qui peuvent s'élever jusqu'à 30 % dans les pays riches. Dans la ligne de mire : le gaspillage, notamment celui causé par les aliments jetés après la date de consommation optimale, souvent confondue avec la date de péremption. "L'industrie agroalimentaire aussi se protège, les dates de péremption ne reflètent pas forcément la réalité de la sécurité des aliments", avance la chercheuse.

 

Ce scénario suppose également des politiques de santé publique "plus ambitieuses" pour lutter contre la suralimentation et les maladies associées, écrit le rapport. En 2003, 1,3 milliard d'adultes dans le monde étaient en surpoids, dont 400 millions d'obèses. Il ne s'agit donc pas seulement de moins manger mais de manger différemment, et notamment de limiter la viande : la production de ruminants a augmenté de 40 % entre 1970 et 1995. Le scénario durable suppose que la part des calories végétales représente 2 500 kilocalories sur les 3 000 journaliers. "Dès que le régime alimentaire est caractérisé par une forte part de calories animales, la pression sur les ressources naturelles est beaucoup plus importante", rappelle Mme Paillard. Pour l'eau par exemple, le rapport souligne que, quand 100 litres d'eau sont nécessaires pour produire un kilo de pommes de terre, la quantité s'élève à 13 000 litres pour un kilo de viande de bœuf.

Olivier de Schutter à propos de la consommation de viande

Olivier de Schutter est le rapporteur de l'ONU sur le droit à l'alimentation. Il nous explique pourquoi les occidentaux doivent diminuer la part des protéines animales dans la nourriture.

 

 

Une partie des efforts pourrait être faite sans s'en rendre compte. En 2050, les plus de 60 ans représenteront 20 % de la population, contre 10 % aujourd'hui. "Les besoins caloriques de ces personnes étant moindres, le vieillissement de la population mondiale pourrait aussi contribuer à rendre plausible la diminution des consommations alimentaires moyennes dans les pays riches", écrit le rapport.

 

Source de l'article : www.lemonde.fr, publié le 27/01/2011

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 10:16
Brocorens-pict.aspx.jpegSelon l'Association pour l'étude du pic pétrolier (Aspo), le pic pétrolier est atteint. les gisements futurs ne suffiront pas à remplacer le déclin des puits en activité. Les gouvernements doivent s'y préparer.

Avec un baril à près de 125 dollars en mer du Nord, la question se pose à nouveau, comme en 2008, de savoir où s’arrêtera sa course et si un retour à un prix raisonnable est possible. "Ce qui est clair, constate Patrick Brocorens, c’est que depuis les années 2000, le pétrole a définitivement quitté le couloir des 20 dollars le baril dans lequel il s’est maintenu au cours des années 80 et 90. "

Une époque où même une crise comme la 1ère du Golfe de 1991, qui avait paralysé 6% de la production mondiale, n’a pas fait augmenter les prix. " A l’époque, d’autres pays comme l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et la Norvège avaient pu augmenter leur production pour rétablir l’équilibre ", observe-t-il.

 

Spécialiste de la chimie des nouveaux matériaux à l’université de Mons, Patrick Brocorens est aussi le président de la branche belge d’Aspo, l’association internationale d’étude du pic pétrolier. Avec ses partenaires internationaux, il tente depuis de nombreuses années d’alerter les décideurs sur les risques de voir la production pétrolière ne plus pouvoir augmenter.

L'aveuglement des gouvernements

Un problème sous-estimé notamment par les gouvernements, aveuglés par les chiffres des réserves et la récente volatilité des prix du baril. " Les politiques énergétiques restent généralement basées sur les niveaux de réserves prouvées, note le responsable belge d’Aspo. Le problème, c’est que depuis 30 ans on nous dit qu’il reste pour 40 années de pétrole. Mais ces chiffres n’indiquent en rien ce que les compagnies sont capables d’extraire quotidiennement. A terme, cet excès d’optimisme peut mener à des catastrophes. "

 

Le but de l’Aspo n’est pas de marteler qu’il y a moins de pétrole que ce qu’on imagine mais d’alerter sur le fait qu’on ne pourra pas l’extraire à la vitesse nécessaire pour suivre la croissance attendue de la demande dans les prochaines décennies. En parlant de " pic ", elle exprime le fait que les découvertes et les nouveaux gisements en exploitation deviennent insuffisants pour compenser le déclin des gisements les plus anciens.

 

" Au niveau des pays de l’OCDE, la production est déjà en déclin, note Patrick Brocorens. Les Etats-Unis ont atteint leur pic en 1970, la Grande-Bretagne en 1999 et la Norvège en 2001. Il n’y a que le Canada qui parvient à encore croître légèrement par l’alternative des sables bitumineux. "

 

9dbcfb7a435d018b9694ec36347b63df.jpg

Plutôt que d’un pic " aigu ", Aspo préfère parler d’un " plateau ". Un sommet de production qui peut s’étendre sur une période plus ou moins longue avec des variations au gré de crises. " Selon moi, la production mondiale a atteint ce plateau en 2004, poursuit le responsable. Mais la volatilité actuelle des prix rend cette vision très compliquée. En 2008, le baril a chuté de 145 à 30 dollars en quelques mois. Comment croire à ce moment-là qu’il y a un problème structurel au niveau de la production? Mais dès que l’économie repart, la demande atteint à nouveau le plafond de production et les prix se mettent à nouveau à flamber. " Surtout quand comme actuellement des éléments géopolitiques accentuent le problème.

Le recul des exportations

Le futur ne sera donc pas simple. Il risque d’ailleurs encore de se compliquer. Selon les prévisions de cette association, les exportations mondiales ont aussi atteint leur maximum et vont commencer à reculer. Et leur déclin sera plus rapide que celui de la production. " Ces pays consomment de plus en plus d’énergie et ne peuvent pas décevoir leur population. Certains comme l’Egypte et la Tunisie sont déjà devenus importateurs nets. La Syrie et le Yémen suivront dans 6 ou 7 ans. "

 

Un signal d’alarme qui doit pousser nos pays à se préparer un futur moins accro à l’or noir.

 

 

Reconnaître la réalité du pic pétrolier

Cette vidéo d'ASPO TV présente une série d'experts qui s'expriment au sujet du pic du pétrole.

 

 

Pour en savoir plus sur l'énergie et la Transition

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 18:00

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Le modèle de l’économie citoyenne – Les 15 piliers

1. Valeur de base de l’économie citoyenne
2. Inversion du cadre incitatif
3. Convention économique
4. Bilan citoyen
5. Récompense des efforts en faveur du bien commun
6. Utilisation des excédents
7. Fin de l’obsession de la croissance et de la consommation à tout prix
8. Limitation des écarts de revenus et de fortune
9. Démocratisation et socialisation des grandes entreprises
10. Biens communs démocratiques
11. Banque démocratique
12. Développer la démocratie
13. Conventions démocratiques
14. Cinq nouveaux devoirs
15. Qualités de direction sociale

 

L’économie citoyenne est, sur le principe, une forme d’économie de marché, mais au sein de laquelle on a modifié les centres de motivations et les objectifs de l’activité économique privée : recherche du profit et concurrence sont transformées en recherche du bien commun et en coopération. Ces 15 principes et le modèle sont détaillés dans le livre "L’économie citoyenne : un nouveau mouvement a vu le jour".

 

Voici déjà un peu plus d'explications les 15 piliers...

1. Valeur de base de l’économie citoyenne

L’économie citoyenne repose sur les valeurs majoritaires qui permettent la réussite de nos relations : confiance, coopération, estime, solidarité. (Les données scientifiques actuelles montrent que les relations réussies sont ce qui rend les hommes les plus heureux et les motive le plus.)

 

2. Inversion du cadre incitatif

Le cadre incitatif légal de l’économie, aujourd’hui axé sur le profit et la concurrence, est recentré sur le bien commun et la coopération. La réussite d’une entreprise est redéfinie : l’essentiel n’est plus le profit, mais le bien commun.

 

3. Convention économique

Le bien commun est prédéfini au cours d’un large processus démocratique, puis confié à une convention économique élue au suffrage direct, et ancré dans la Constitution par votation populaire.

 

4. Bilan citoyen

Le bien commun est évalué dans le nouveau bilan central de toutes les entreprises : le bilan citoyen. Plus les entreprises ont une action et une organisation sociales, écologiques, démocratiques et solidaires, plus leurs résultats au bilan sont bons et plus ils atteignent des paliers supérieurs sur l’échelle du bien commun: on peut obtenir un maximum de 1000 points citoyens.

Vous pouvez télécharger ici la matrice du bien commun, base de l’établissement du bilan citoyen.

 

5. Récompense des efforts en faveur du bien commun

Les entreprises ayant le meilleur bilan citoyen bénéficient d’avantages légaux. Impôts et taxes douanières réduits, crédits à des taux préférentiels, priorité pour les achats publics et les programmes de recherche : autant d’éléments qui leur permettent de couvrir la hausse de leurs coûts.

 

6. Utilisation des excédents

Le bilan financier devient un bilan secondaire. Le capital n’est plus une fin, mais un moyen. Il ne sert plus qu’à atteindre le nouvel objectif de l’entreprise (contribution au bien commun). Les bénéfices peuvent être utilisés aux fins suivantes : Investissements (avec plus-value sociale et écologique), remboursement de crédits, provisions dans une mesure limitée ; redistribution aux collaborateurs (jusqu’à vingt fois le salaire minimum) et crédits sans intérêts aux entreprises partenaires ; les bénéfices ne peuvent pas être utilisés aux fins suivantes : distribution à des personnes qui ne collaborent pas à l’entreprise ; achats hostiles d’autres entreprises, investissements sur les marchés financiers (ceux-ci n’existent plus).

 

7. Fin de l’obsession de la croissance et de la consommation à tout prix

Le profit n’étant plus qu’un moyen, et non une fin, les entreprises peuvent s’efforcer d’atteindre leur taille optimale. Elles n’ont plus à redouter d’être absorbées par une autre et ne sont plus forcées de se développer pour devenir plus grandes, plus fortes ou plus rentables que d’autres. Toutes les entreprises sont libérées de la contrainte générale de croissance et de rachat des concurrents.

 

8. Limitation des écarts de revenus et de fortune

Les inégalités de revenus et de fortune sont limitées : le revenu maximal ne peut pas dépasser vingt fois le salaire minimum légal ; la fortune privée est limitée à dix millions d’euros ; le droit de donation et d’héritage à 500 000 euros par personne ; pour les entreprises familiales, à dix millions par personne. Toute la part de l’héritage dépassant cette somme est distribuée sous forme de « dot démocratique » à tous les descendants de la génération suivante : un « capital de départ » identique, c’est une meilleure égalité des chances.

 

9. Démocratisation et socialisation des grandes entreprises  

Les grandes entreprises de plus  de 250 employés, passent partiellement et, d’abord, par paliers, entre les mains des employés et de la collectivité ; pour les grandes entreprises, ce transfert de propriété atteint les 100%. Le public est représenté par le biais de « parlements économiques régionaux » délégués à cette fin. Le gouvernement n’a pas d’emprise sur les entreprises publiques.

 

10. Biens communs démocratiques

Cela vaut aussi pour les « biens communs démocratiques », la troisième catégorie de propriétaire à côté de la grande majorité de (petites) entreprises privées et d’une petite partie de grandes entreprises mixtes. Les « biens communs démocratiques » sont des entreprises assurant des services de base dans le domaine de l’éducation, de la santé, du social, de la mobilité, de l’énergie et des communications.

 

11. Banque démocratique

Parmi ces biens communs démocratiques, la Banque démocratique joue un rôle important. Comme toutes les entreprises, elle est au service du bien commun ; et comme tous les biens communs démocratiques, elle est contrôlée par le souverain démocratique et non par le gouvernement. Ses prestations de base sont des capacités d’épargne garanties, des crédits à bas prix, des crédits-risque écologique et sociaux, ainsi que la mise à disposition gratuite de comptes courants. Elle peut en outre émettre de la monnaie régionale. Les marchés financiers n’existeront plus sous leur forme actuelle.

 

12. Développer la démocratie

La démocratie représentative est complétée par la démocratie directe et la démocratie participative. Le peuple souverain doit pouvoir corriger ses délégués, lancer lui-même des lois et les voter, et contrôler d’importants secteurs de l’économie – par exemple les banques.

 

13. Conventions démocratiques

Outre la Convention Démocratique de l’Économie ou du Bien commun, d’autres conventions sont nommées pour approfondir la démocratie : Convention de l’éducation, convention des médias, convention de la prévoyance.

 

14. Cinq nouveaux devoirs

Pour ancrer dans l’esprit de la jeune génération les valeurs de l’économie citoyenne aussi profondément que l’est aujourd’hui l’image de l’homme forgée par le darwinisme social et le capitalisme, je propose cinq nouvelles matières d’enseignement obligatoires : science des sentiments, science des valeurs, sciences de la communication, sciences de la démocratie, science de l’expérience de la nature ou de la vie sauvage.


15. Qualités de direction sociale

Puisque, dans l’économie citoyenne, le succès d’une entreprise aura une tout autre signification qu’aujourd’hui et que l’on demandera donc de tout autres qualités de direction, on aura plutôt tendance à faire appel aux personnes les plus responsables socialement et les plus compétentes, celles capables de sympathie et d’empathie, celles qui auront en outre une réflexion et une sensibilité sociale et écologique – et à les prendre comme modèles.

 

Visitez le site de l'économie citoyenne et rejoignez le mouvement en cliquant ici.

 

Pour en savoir plus sur l'économie et la Transition

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 12:30

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Le système économique actuel est régulièrement identifié comme une des causes importantes des problèmes sociaux, environnementaux et climatiques. Selon Bernard Liétaer, le système contient en lui-même les causes structurelle des multiples crises économiques observées dans le monde.

Même si la réflexion de Tim Jackson sur la "prospérité sans croissance" est un élément de remise en cause salutaire qui contient des propositions concrètes, le système est pourtant peu remis en cause par les décideurs.

 

L'article qui suit présente un livre qui contient des propositions concrètes pour une autre économie, une économie citoyenne au service de l'intérêt général.

L’économie citoyenne – ou quand l’intérêt général s’invite dans le bilan des entreprises.

Conçu avec le soutien de nombreuses PME et le mouvement ATTAC, un nouveau modèle économique a vu le jour en Autriche - ni communiste, ni capitaliste. Christian Felber prône une troisième voie indépendante et démocratique dont les principaux acteurs sont les citoyens eux-mêmes. Comment s’y prendre pour entraver l’engrenage catastrophique des crises économiques à répétition ?

Soutenu par de nombreux économistes alternatifs en Europe, ce nouveau modèle convainc de plus en plus de personnes.

Christian Felber, membre d’ATTAC (Autriche), écrivain considéré comme l’une des voix essentielles de la critique altermondialiste en Autriche et chargé de cours à l'université, il intervient très souvent en public pour prôner un changement radical de l'économie. Il a fondé un mouvement incitant les entreprises à faire, chaque année, le bilan de leurs efforts citoyens (écologiques, sociales, solidaires, démocratiques).

Comment transformer l’économie en évitant les écueils du communisme et d’autres totalitarismes

Dans ce livre publié en France aux éditions Actes Sud, porté par les expériences concrètes et diverses d’une centaine d’entreprises, nous apprend donc comment transformer l’économie en évitant les écueils du communisme et d’autres totalitarismes. L’économie citoyenne repose sur des valeurs susceptibles de réunir l’adhésion d’un grand nombre de personnes, puisque ce sont les mêmes que celles qui font la réussite de nos relations sociales : confiance, coopération, respect, démocratie, solidarité (selon des études scientifiques récentes, il apparaît que ce qui satisfait et motive le plus l’être humain, c’est l’établissement de bonnes relations sociales).

Quel est cet "intérêt général" que l’entreprise citoyenne s’engage à favoriser ?

Sa définition serait établie au cours d’une convention démocratique et ancrée dans la Constitution. Les entreprises en rendraient donc compte dans un nouveau type de "bilan" qu’elles devraient présenter chaque année, en plus du bilan financier : le bilan citoyen. Y apparaissent seulement des critères qu’on peut concrètement évaluer selon des valeurs fondamentales : responsabilité sociale, durabilité écologique, cogestion démocratique, solidarité envers tous les acteurs concernés (les salariés, mais aussi les fournisseurs, les acheteurs, les clients…). Grâce à des "points citoyens", ce bilan rend exactement compte des actions en faveur de l’intérêt général. Les entreprises qui ont cumulé, dans leur bilan citoyen, le plus de "points citoyens", se verraient attribué, par la loi, des avantages - ce qui leur permet de couvrir plus facilement leurs frais (parfois plus élevés) : imposition et droits de douane plus faibles, crédits plus avantageux, priorité pour les marchés publics et les programmes de recherche…

En pratique ?

Découvrez ici les 15 piliers du modèle de l'économie citoyenne

Un cadre juridique devrait ensuite inciter l’intérêt général, les biens collectifs, et la coopération. Les enjeux de la réussite au sein de l’entreprise seraient donc redéfinis. Jusqu’à présent perçu comme un objectif à atteindre, le capital devient, dans ce nouveau modèle économique, un simple moyen. Il ne sert plus qu’à réaliser le but que l’entreprise s’est fixé(la production de biens, les services, l’agriculture, etc.). Garantir le revenu de tous les employés est l’un de ces buts. Un revenu maximal est instauré (par exemple 20 fois le salaire minimum légal).

 

Les bénéfices de l’entreprise peuvent être utilisés pour des investissements (à valeur ajoutée sociale et écologique), le remboursement de crédits, redistribués aux salariés ou utilisés pour des crédits sans intérêts aux entreprises associées. En revanche, il n’est pas prévu que les bénéfices soient distribués à des personnes qui ne travaillent pas dans l’entreprise, ni utilisés pour l’achat hostile (OPA) d’autres entreprises, ni pour l’investissement sur des marchés financiers (ces marchés n’existent plus).

 

Grâce à ce modèle, les inégalités de revenus et de patrimoines seront réduites. En même temps que le revenu, le patrimoine de chacun et la possibilité de transmettre un héritage seront limités, sans pourtant tomber dans l’austérité communiste.

 

Les grandes entreprises de plus de 250 salariés deviennent partiellement la propriété des salariés et de la communauté et, au-delà de 5.000 salariés, à 100 %. Les citoyens sont représentés par les députés élus dans les "parlements économiques régionaux". Le gouvernement n’exerce aucune main mise sur les entreprises publiques. Ceci vaut également pour la troisième catégorie juridique de propriété que le modèle propose. A côté d’une grande majorité de (petites) entreprises privées et quelques grandes entreprises de propriété mixte, il existerait des "coopératives de service public" – entreprises du domaine de l’éducation, de la santé, du social, de la mobilité, de l’énergie et de la communication.

La "banque" est, elle aussi, une coopérative et sa gestion se fait de façon démocratique.

Elle aussi est au service de l’intérêt général et, comme les autres coopératives de service public, elle est contrôlée par la souveraineté démocratique et non par le gouvernement. Ses principaux services sont les suivants : l’épargne sécurisée, des crédits bons marchés, des crédits à risque de caractère écologique ou social, ainsi que des comptes courants gratuits.

 

La démocratie représentative sera ainsi complétée par la démocratie directe participative. De nouvelles matières seront étudiées dans les écoles pour préparer les citoyens à leur implication dans les affaires économiques et sociales.

Plus de 150 entreprises soutiennent déjà le modèle

Lors de la parution du livre, une page Internet traduite en français a été mise en ligne sur laquelle figurent tous les entreprises soutenant le modèle – actuellement plus de 150 entreprises de six pays ("pour signifier que ce modèle n’a pas été élaboré seulement dans une tour d’ivoire visionnaire, mais également par la pratique entrepreneuriale", précise l’auteur) : www.gemeinwohl-oekonomie.org (site en français).

 

Vu l’actuel débat sur les aspects pervers du système économique, ce livre constitue une denrée rare de nos jours : une utopie "réaliste". Basée sur d’authentiques expériences, elle invite à l’engagement de tous les acteurs de la vie économique et sociale pour sortir de la situation catastrophique dans laquelle se trouve actuellement l’économie occidentale.

felber_portrait.jpgL’AUTEUR

Christian Felber, né en 1972 à Salzbourg, a étudié les langues romanes, les sciences politiques, la sociologie et la psychologie à Vienne et à Madrid. Considéré comme l’une des voix essentielles de la critique anti-mondialiste en Autriche, où il fut l’un des co-fondateurs d’Attac, il combat le néo-libéralisme en proposant des modes d’actions démocratiques. Ecrivain, chargé de cours à l’Université, il intervient très souvent publiquement au sujet d’un changement radical de l’économie. Par ailleurs, il est danseur contemporain. Auteur de plusieurs ouvrages traduit dans plusieurs langues, son dernier essai L’économie citoyenne est le premier à être traduit en français.

RÉFÉRENCES

L’économie citoyenne : un nouveau mouvement a vu le jour de Christian Felber - Éditeur : Actes Sud - Date de publication : Avril 2011 - 224 pages - Traduit de l’allemand par : Olivier MANNONI - ISBN 978-2-7427-9698-4

 

Un article largement inspiré de www.cdurable.info : cdurable.jpg

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 18:15

retour-terre-0804dm-Grece-A.jpgLe retour à la terre, version grecque

En raison de la crise et du plan de rigueur imposé au pays, de nombreux Grecs quittent les grandes villes pour se lancer dans l’agriculture. Une tendance qui concerne toutes les générations, note I Kathimerini.

 

“Je voyais ça comme un cauchemar, comme la pire des choses qui puisse m’arriver.” C’est ce que Kostas pensait de la vie à la campagne il y a encore quelques années. Cet enfant de la ville se voyait davantage en train de débattre du futur de la peinture moderne dans une galerie d’art plutôt qu’à la taverne du village à discuter du prix des engrais. Et pourtant, voilà près de deux ans maintenant qu’il a décidé, pour ses 45 ans, de tout changer. Son travail, son domicile – et, surtout, de quitter Athènes. “Dans le secteur de la publicité, où je travaillais, les budgets ont été divisés par trois. Aujourd’hui, je ne roule pas sur l’or, mais je vois les choses venir, tranquillement.” Depuis deux ans, Kostas est à la tête d’une petite exploitation agricole de plantes aromatiques à Fthiotida, dans le centre du pays. Pour cela, il a suivi une formation, il a appris à travailler la terre, à s’occuper des plantes et à surveiller les bulletins météo des journaux télévisés.

Les emplois dans l’agriculture ont augmenté de 7 % en Grèce entre 2008 et 2009

Kostas n’est pas un cas isolé. Les emplois dans l’agriculture ont augmenté de 7 % en Grèce entre 2008 et 2009, selon un récent sondage réalisé en Europe par l’organisme Paseges pour le développement de la main-d’œuvre agricole. Cela signifie concrètement que 38 000 Grecs ont décidé d’une manière ou d’une autre de se consacrer à la production agricole et de changer de mode de vie. Des dizaines d’e-mails de ces “nouveaux agriculteurs” arrivent chaque jour dans les bureaux de cet organisme. Leurs questions sont souvent les mêmes : ils veulent apprendre comment on plante, sème, récolte… Et surtout quoi. Avec la crise économique qui s’installe durablement dans le pays, ces demandes se multiplient.

Cette décision n’est pas prise à la légère

Si l’on en croit les statistiques, cette décision n’est pas prise à la légère ; la tendance concerne surtout des personnes d’âge mur (dans la catégorie des 45-64 ans) et surtout dans l’ouest du pays et en Thessalie [nord-est de la Grèce]. Pour les analystes, c’est un cas d’école, la mobilité étant le propre des moins de 40 ans. Mais la plupart de ces nouveaux agriculteurs ne voient pas d’avenir dans leur carrière actuelle ; ils cherchent un complément de revenus ou veulent améliorer leur retraite.

C’est le cas de Manolis, retraité depuis 2009, qui habite près de Sparte, dans le Péloponnèse. A cause du plan de rigueur imposé à la Grèce depuis un an par l’Union européenne et le Fonds monétaire international, sa retraite a été sérieusement diminuée. Il a donc décidé de s’occuper des olives et des oranges qui poussent sur les terres familiales. “L’activité ne rapporte pas des masses, dit-il. Mais, au moins, ça nous aide à payer la fac pour notre fille.”

 


Traditionnellement, l’activité agricole était classée dans la catégorie des emplois précaires. Mais, en temps de crise, tout change. Xenofontas Ktenas l’a bien compris. Depuis un an, cet ancien commerçant s’est reconverti lui aussi dans la production de romarin, dans la région d’Agrinion [dans l’ouest du pays], où il a loué dix hectares. “Les affaires marchent bien, je ne me plains pas”, témoigne-t-il.

Les jeunes comme le reste de la société se reconvertissent

Mais la crise touche aussi de plus en plus durement les générations plus jeunes. Résultat, les jeunes comme le reste de la société se reconvertissent. Dans le nord de la mer Egée et dans les îles Ioniennes, par exemple, ils sont de plus en plus nombreux à se consacrer à l’agrotourisme. De fait, le choix de l’agriculture n’est pas anodin. Pour la première fois en Grèce, le “paysan” n’est plus étiqueté comme un inculte, un grossier personnage aux capacités intellectuelles limitées. Aujourd’hui, c’est un professionnel sérieux qui sait ce qu’il veut. “Par mon nouveau travail, j’ai rencontré plein d’agriculteurs instruits, des gens qui parlent plusieurs langues et voyagent à l’étranger pour s’informer”, reprend Kostas. “J’ai réalisé que les gens, sur la place du village ou dans une ville de province, ont les mêmes informations que dans la capitale. Alors, je suis en train de tourner définitivement la page de ma vie athénienne”, conclut-il.

 

Article de Tania Giorgopoulou, publié le 08.04.2011 sur www.courrierinternational.com.

 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 16:18

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Ces informations sur les utilisations du marc de café au jardin sont issues du site http://jardinonssolvivant.fr, article du 13 avril 2011. Nous vous conseillons la visite de ce site.

 

L'auteur du site avait fait un appel aux contributions de ses lecteurs au sujet des possibilités de valorisation du marc de café au jardin.Une réflexion cohérente avec la permaculture, dont un des principes nous dit que tout "déchet" issu d'un système doit servir de ressource directement utilisable dans le système.

 

Voici pour vous une synthèse revisitée de ces contributions.

Effet répulsif

Les limaces ne semblent pas apprécier, le marc fait fuir ou empêche l’installation des pucerons. Il faut en mettre au pied des végétaux concernés. Eric Petiot (auteur du livre « les soins naturels aux arbres », 2010) signale l’infusion de café en pulvérisation comme un bon répulsif à limaces. Possibilité de pulvériser dans ce but du café au lait, le lait permettant une meilleure adhérence du café sur la végétation à protéger.

 

D’après Hollingsworth R. G. et Al. (Annals of applied Ecology 142: 91-97, 2005), la caféine agit à la fois comme répulsif et comme produit toxique contre les escargots et limaces.

Remarque : l’extrait de piment de Cayenne est aussi un bon répulsif!

Semis

Il favoriserait la floraison. Bien sec, il se mélange aux graines fines pour bien répartir les semis

Paillage

Le Marc de café peut être utilisé comme paillage de protection du sol.

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Le marc de café est très bon pour l’élevage des lombrics, notamment lorsque l'on utilise le lombricompostage pour composter ses déchets alimentaires ménagers. Voir le livre « lombricompost pour tous » de Jean Paul Collaert. Pour cet usage, il faut mélanger le café avec de la cellulose (carton, papier) et ajouter du calcaire (coquilles d’oeuf…).

Engrais

Composition:

  • Azote: 2.28 % 
  • Phosphore: 0.06 % 
  • Potassium: 0.6 %

Rapport C/N = 24 correct pour engager les processus de décomposition et d’incorporation au sol. Pour info, l’herbe est autour de 15 et le fumier entre 15 et 30. PH: 6.2.

220 kg de matière organique au m3 (442 lbs. organic matter per cubic yard)

Source : http://www.sunset.com/garden/earth-friendly/starbucks-coffee-compost-test-00400000016986/

 

L’intérêt du marc de café réside d’abord dans sa teneur importante en potassium et magnésium immédiatement assimilables, puis dans celle également importante de phosphore et de cuivre qui sont pour moitié immédiatement assimilable. En revanche, il est trop pauvre en calcium, zinc, manganèse et fer pour compenser des carences de ces éléments.

Il contient pas mal d’azote, mais non immédiatement assimilable. Cet azote n’est libéré que progressivement, lors de la dégradation. A noter : seul 0.09% est directement disponible! Le reste est « lié ».

Il représente enfin une source importante de matière organique à court et long terme.

 

Il peut être utilisé comme d’autres amendements organiques en quantité comparables, soit des apports de 25 à 35 %.

Plantes carnivores

Les américains ont eu beaucoup de succès ces derniers temps en fertilisant des espèces du genre Nepenthes avec du café, peut être en raison de la richesse nutritive de cet amendement.

Conclusion

  • Le Marc de café présente de nombreux atouts en jardinage en tant qu’ingrédient pour le compostage, ou pour le lombricompostage. Sa richesse en élément nutritifs est intéressante (azote 3%, potassium…).
  • Il peut servir pour réaliser les semis de petites graines, avec l’avantage d’avoir une densité (rapport poids/volume) sensiblement identique aux graines d’où un bon mélange des graines avec le marc.
  • Il peut avoir des propriétés répulsives face aux limaces et escargots.

Au final, une matière organique qu’il conviendrait de collecter….

 

N'hésitez pas à nous signaler d'autres atouts ou utilisations possibles du marc de café...

 

Découvrez le site Jardinons sol vivant en cliquant ici.

 

 

Pour en savoir concernant l'agriculture, l'alimentation, la permaculture et la Transition:

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