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  • : Ath en Transition
  • : Et si notre réponse au pic du pétrole, aux changements climatiques et aux crises économiques ressemblait plus à une fête qu'à une marche de protestation ?
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logo-transition-network.gifAth en Transition fait partie du Transition Network, avec plus de 1100 villes et territoires dans le monde. C'est une progression extraordinaire que le mouvement citoyen et mondial de la transition connaît depuis la fin 2006.

Le mouvement se structure maintenant aussi chez nous avec le Réseau Transition Wallonie - Bruxelles.

Agenda

10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 12:19

nature_espaces_verts_gestion_differencier_inside.jpg

Un article de Coraline Bertrand, paru initialement le 9/04/2011 sur www.rue89.com.

 

L'urbanisation croissante et l'intensité de l'activité humaine entravent la libre-circulation des espèces animales et végétales. Les communes tiennent à conserver des espaces verts, mais elles les gèrent souvent de manière systématique et peu écologique. Ce qui nuit à la qualité de l'eau, appauvrit la biodiversité et tend à uniformiser les paysages.

La gestion différenciée

Pour gérer « durablement » les espaces verts, un concept d'écologie urbaine a poussé : la gestion différenciée.

Initiée en France il y a une dizaine d'années, cette gestion douce favorise des modes d'entretien plus adaptés à l'environnement : associations des cultures, emploi limité des phytosanitaires (herbicides, insecticides), transformation des déchets en compost, tolérance aux herbes folles…

La gestion différenciée valorise les espaces verts et permet d'améliorer la qualité de l'eau, de la faune et de la flore.

Comment la mettre en pratique

Partout dans l'Hexagone fleurissent des initiatives. Les régions Bretagne et Nord-Pas-de-Calais sont, dans ce domaine, particulièrement dynamiques.

Dans le Nord, Grande-Synthe (25 000 habitants) fait figure d'élève modèle. Capitale de la biodiversité 2010, la ville a adopté la gestion différenciée dès les années 1990.

Edith Dhainne, technicienne au service espaces publics et nature, fait le point :

« On est passé de 250 à 400 hectares à gérer avec le même nombre d'agents. D'où la recherche d'autres méthodes d'entretien. Aujourd'hui, la commune compte plusieurs zones naturelles d'intérêt écologique, floristique et faunistique : le Puythouck, le Prédembourg, les salines, le jardin public et la ceinture Boisée. »

La commune adapte l'entretien de chaque espace vert à sa fonction. Pour les entrées de ville, les services techniques ne fauchent plus que deux fois par an, laissant à ces espaces un aspect champêtre. Pour les parcs et jardins de prestige, les horticulteurs choisissent avec précision des espèces adaptées au climat et aux sols. Enfin, ils interviennent le moins possible sur les massifs, prairies et sous-bois. C'est une révolution : on laisse, ici et là, la nature libre de reprendre ses droits !

Cette approche a un impact concret sur la biodiversité. Grande-Synthe compte six espèces florales protégées et 26 espèces de papillons de jour. « Cela peut paraître modeste mais à notre niveau, c'est énorme. » se réjouit Edith Dhainne.

 

Autre fleuron de cette nouvelle approche : Rennes, capitale de la Bretagne, pratique la gestion différenciée depuis 1983. Dans ce domaine, la ville montre l'exemple. Proche de l'objectif « zéro phyto », la ville a banni les insecticides sur les voiries. Et les agents communaux n'utilisent plus aucun herbicide, excepté dans les cimetières.

La ville a également tenu à associer ses habitants avec l'opération « embellissons nos murs ». Les Rennais sont autorisés à développer leur petit coin de verdure, en plantant devant chez eux, sur le trottoir. Mais attention : il est interdit d'utiliser désherbant et autres produits chimiques.

Cyrille Lomet, directeur des jardins, suit cette expérience avec attention :

« On recense près de 200 foyers concernés. Cela sensibilise le grand public et l'habitue à la végétation en ville. »

Mais pour l'instant, cela n'a qu'un impact très limité sur la qualité de l'eau. « Les produits phytosanitaires sont encore très utilisés par les particuliers, les copropriétés, les agriculteurs… La ville ne peut agir seule. ». Cyrille Lomet espérait de meilleurs résultats. Il sait qu'il doit continuer de travailler à la prise de conscience de la population.

(NDR : voir aussi le Plan climat-énergie de la ville de Rennes).

 

 

Ce qu'il reste à faire...

Pour diffuser les bonnes pratiques, l'association Plante & Cité s'est associée à neuf municipalités (Besançon, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Orléans, Paris et Rennes). Ensemble, elles élaborent un référentiel commun afin de lancer, courant 2011, un label Gestion écologique des espaces verts.

 

Le passage à la gestion différenciée nécessite une forte implication des élus et des jardiniers : formation, achat de matériel, élaboration de plans d'entretien et communication auprès des habitants… Cela représente forcément un investissement et un changement radical des pratiques comme des mentalités. Certaines communes hésitent à s'engager dans cette « révolution verte ».

 

Mais pour les convaincre, les partisans de la gestion différenciée ont un argument de taille. Contrairement aux idées reçues, cette gestion ne coûte pas plus cher qu'une gestion classique. Elle permet une meilleure répartition du travail et valorise le personnel communal. L'heure de la réconciliation entre la ville et la nature a sonné !

 

Photo : la roseraie du parc du Thabor à Rennes, en septembre 2009 (Lucile Sourdès/Rue89).

 

 Pour voir l'article sur le site : rue89_logo.gif

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 12:18

En-Transition-pochette-300x269.jpg

 

Nous vous proposons depuis quelques mois de regarder sur ce site le film "In Transition 1.0" en version française sous-titrée.

 

Voilà que ce chouette film sur les initiatives de transition a été doublé en français par des citoyens de la région autour de l'Initiative de TSR en Transition, au Québec. Il peut être regardé en français ici et maintenant.


Nous ne pouvons que remercier ces personnes pour avoir effectué ce travail qui sera utile à l'ensemble de la communauté francophone des initiatives de Transition :

Pierre Beaulieu, Stéfan Beaulieu, Chantal Bédard (Csur la télé), Léa Bédard-Beaulieu, Josée Benoit, Marc-Antoine Benoit, Suzanne Cadieux, Cécile Dessureault, Anabelle Guichard, Jérémie Guichard, Julie Henrie, Jean-Luc Henry, Arielle Henrie-Gagnon, Étienne Henrie-Gouin, Rachel Henrie-Gouin, Jean-Marc Lavigne, Fanny de Montvalon, Zoé Saucier-Bariteau, Réjean Sauvé et Charles St-Pierre.

 

Vous trouverez une présentation plus détaillée du film ici : Film "In Transition 1.0" (sous-titres Fr).

Vous trouverez ici quelques photos du doublage.

Regarder le film "En Transition - de la dépendance au pétrole à la résilience locale" en version française

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 07:00

Ray-Kurzweil.jpgPrésentation de Ray Kurzweil

Ingénieur reconnu pour ses réalisations en intelligence artificielle et dans la conception de logiciels, Ray Kurzweil est un expert écouté du futur des technologies - même si son optimisme déconcerte . Brillant étudiant du MIT de Boston, il a mis au point en 1974 un appareil pour les aveugles capable de lire un livre à haute voix. Il a inventé pour la star du soul Stevie Wonder un clavier capable de reproduire les instruments de tout un orchestre - dont le synthétiseur s’est inspiré. Il a beaucoup travaillé sur la reconnaissance vocale par ordinateur comme celle des lettres et du langage et conçu un traducteur simultané de l’anglais à l’allemand de haute qualité.

 

Depuis, fortune faite, rompu à l’étude des univers virtuels et des nanotechnologies, après avoir reçu la National Medal of Technology  et le prix Lemelson-PIT pour l’innovation, Ray Kurzweil s’est fait connaître dans le monde entier par ses prédictions à contre-courant sur notre avenir technologique.

 

Dès 1986, il annonçait que l’ordinateur allait battre l’homme aux échecs, l’effondrement d’une URSS technologiquement obsolète, la miniaturisation de l’informatique ou encore l’arrivée des téléphones portables. Il a aussi prévu le développement fulgurant du Web et le séquençage rapide du génome humain. Bill Gates le présente comme un des rares futurologues crédibles sur les hautes technologies.

 

Ray Kurzweil a fait sensation fin février aux Etats-Unis,(...), juste avant le tremblement de terre au Japon qui a mis fin aux rêves prométhéens du nucléaire, en déclarant qu’il ne se montrait « pas du tout inquiet » de la crise annoncée de l’énergie, ni du réchauffement planétaire. À l’entendre, les technologies solaires seront capables de pouvoir 100% des énergies dont le monde à besoin d’ici 20 ans. Le nucléaire et les énergies fossiles sont obsolètes.

 

Si son interview donne de l'espoir, et c'est bien, il faudra remarquer qu'il ne semble, par exemple, pas (peu) prendre en compte la question de la disponibilité de certaines ressources. C'est pourquoi nous émettrons quelques réserves après la retranscription de l'entretien

Entretien avec Ray KURZWEIL

Entretien paru dans le Monde Magazine, le 25 mars 2011.

solaire.jpgPourquoi êtes-vous si sûr du succès de l’énergie solaire sur les autres sources d’énergie ?

Quand l’étude du génome humain a commencé, les sceptiques prétendaient qu’il faudrait des siècles pour l’explorer en utilisant les technologies dominantes. Je leur ai répondu qu’ils se trompaient. De fait, grâce aux progrès rapides accomplis dans la technologie séquentielle, cela a abouti en 15 ans…

 

On a assisté à la même progression irrésistible des

Un téléphone portable, c'est :

75 kg de matériaux au long de son cycle de vie, production et utilisation comprises. 13,5 kg d'émisions de CO2.

 

Plus d'une quarantaine de substances différentes, du lithium au baryum, en passant par le cobalt et l'or, dont les conditions d'extraction sont souvent désastreuses humainement et écologiquement, et les réserves limitées.

(Chiffres compilés par Bruxelles Environnement)

technologies de l’information. Elles ont gagné en puissance de façon exponentielle, tout en devenant de plus en plus sophistiquées et de moins en moins chères. Si vous achetez un I-phone aujourd’hui, il  sera beaucoup plus élaboré que celui acheté deux ans auparavant, et coûtera 2 fois moins…

 

Or, nous assistons au même processus d’accélération avec l’énergie solaire. Elle se multiplie par 2 tous les 2 ans, et cela depuis 20 ans. Il suffit de regarder les courbes montrant la quantité d’énergie solaire produite. Elles doublent chaque année. Ensuite, si vous consultez celles des coûts du solaire par watt depuis 20 ans, vous verrez qu’elles baissent de plusieurs points tous les ans. Ces tendances encouragent déjà de nombreuses entreprises, des start-up qui espèrent en tirer des bénéfices futurs, tout en investissant dans la recherche de nouvelles techniques meilleur marché. Pour l’instant, l’énergie solaire a encore besoin de subventions gouvernementales, ou de régimes spéciaux, et la plupart des états les encouragent. Mais nous sommes à quelques années de la parité avec les autres sources d’énergie. Bientôt, beaucoup d’entrepreneurs s’y rallieront, même plus par souci de l’environnement, mais parce que cette énergie sera moins chère…

Vous pensez qu’elle obéit à « la loi de la croissance exponentielle » repérée dans l’informatique par Gordon  Moore ?

Je dirais plutôt à « la loi des retours accélérés ». Des laboratoires de recherche sur le solaire travaillent tout autour du monde, s’échangent leurs découvertes, mais le secteur profite aussi des retombées des recherches dans d’autres domaines, les nanotechnologies par exemple. C’est un phénomène irréversible.

 

Vous remarquerez que la croissance exponentielle de l’informatique n’a pas été affectée par la Grand Dépression de 1929, IBM a été créé en 1924, ni par la dernière crise financière, Apple n’a jamais autant vendu d’I.Phone et d’I.Pad… La croissance de l’énergie solaire poursuit le même cours irrésistible. Le coût par watt de l’énergie solaire diminue de manière significative quelque soit la situation économique mondiale, et il va encore se réduire avec l’arrivée des nanotechnologies…

 

solaire-1896937994.jpgVous dites que le remplacement des autres sources d’énergie par le solaire prendra 20 ans. Cela semble rapide…

Dans les vingt années qui viennent, nous allons augmenter notre consommation d’électricité, et nous allons avoir encore plus besoin d’énergie solaire, surtout avec la crise annoncée du nucléaire suite à la catastrophe japonaise.

 

Au lieu de doubler chaque année, sa production va se multiplier encore par 2 les années à venir, tandis que des nouvelles technologies moins coûteuses vont être développées, des nouveaux producteurs se lancer, etc…  D’ici 15 ans, nous aurons une multiplication par 8 chaque année. Voilà pourquoi je pense que d’ici 20 ans, nous pourrons alors satisfaire 100% de nos besoins en énergie grâce au solaire.

 

L’opinion et les décideurs se désintéressent des technologies quand elles démarrent et n’apportent qu’un faible pourcentage de solution. Ils refusent de voir leur potentiel et leur croissance exponentielle. Sur le solaire, beaucoup d’experts disent qu’on manque et manquera d’énergie. Ce serait vrai en s’en tenant aux technologies du XIXe siècle. Mais le soleil nous inonde ! Quand j’ai exposé cette idée au premier ministre d’Israël, il m’a demandé « Aura-t-on assez de soleil ? ». Je lui ai répondu : «Mais nous en avons 10 000 fois plus que nous en avons besoin ». L’énergie du soleil  nous est donnée gratuitement, elle est plus propre que toutes les autres, nous savons comment la convertir, rien n’arrêtera ce processus.

Pensez-vous que le tragique accident nucléaire au Japon annonce une nouvelle ère ?

La production d’énergie nucléaire apparaît aujourd’hui comme une vieille technique industrielle ultra-centralisée, obsolète, et surtout très dangereuse. Si elle ne pollue pas à la façon des énergies fossiles, en émettant du CO2, elle présente le risque permanent de tourner au désastre comme hier à Three Mile Island, et aujourd’hui au Japon.

 

Je déconseille à quiconque d’investir dans les nouvelles implantations nucléaires, qui, en plus d’être à haut risque, prennent beaucoup de temps à mettre en place. L’arrivée de l’énergie solaire va être beaucoup plus rapide, elle peut être mise en œuvre de façon décentralisée, propre, efficace, sans danger, renouvelable. Nous entrons dans une période d’intérim, où nous allons encore dépendre du pétrole, du charbon et du nucléaire, mais l’arrivée des énergies renouvelables, et d’abord du solaire, jusqu’à couvrir 100% des nos besoins ne prendra pas plus de 20 ans.

Analyse critique des thèses de Ray Kurzweil

  • Il ne parle pas de la disponibilité des matières premières nécessaires à la fabrication des panneaux solaires (notamment des métaux lourds, polluants et rares), ni de l'empreinte écologique de ces panneaux (l'extraction des matières premières et la pollution qu'elle engendre, la fabrication des panneaux solaires qui nécessite de grandes quantités d'énergie, le recyclage des panneaux en fin de vie...). Son analyse a donc besoin d'être approfondie sur ce point ;
  • Il n'aborde pas le fait qu'il n'y a de soleil que pendant la journée, et que les jours sans soleil, il faut recourir à d'autres formes d'énergies renouvelables (biomasse, éolien, hydraulique), c'est ce que l'on appelle le "mix énergétique renouvelable".
  • Il ne parle pas du fait que la première piste à investiguer concerne les économies d'énergie : développer l'efficacité énergétique, stopper le gaspillage et s'habituer à utiliser moins d'énergie.
    Il donne en exemple les technologies de l'information qui deviennent de plus en plus sophistiquées et de moins en moins chères (ce qui est vrai). Cependant, son analyse ne tient pas compte des coûts environnementaux (émissions de CO2 liées au transport, à la fabrication au recyclage et aux déchets) et sociaux liés à cette fabrication, ni des déchets générés par cette course à l'innovation qui produit des objets à haute empreinte écologique et à durée de vie courte (ex : voir l'encadré dans l'article, voir aussi l'Ipad, qui, emblématique de notre société du gaspillage, est programmé pour devenir très rapidement obsolète. Voir à ce sujet de rapport des Amis de la Terre qui parle aussi d'un énorme gaspillage d'un groupe d'éléments métalliques nécessaires à la fabrication d'ordinateurs, de téléphones portables, d'écrans plats et désormais de l'iPad, exploitées pour l'essentiel en Chine "dans des conditions environnementales et sociales désastreuses).
  • Il considère que la production d'énergie nucléaire n'émet pas de CO2, ce qui est faux. Lorsqu'on considère le cycle de vie de l'énergie nucléaire  dans son entièreté (extraction de l'uranium, traitement, enrichissement, construction des centrales, elur entretien, leur démontage, la dépollution des sites, le traitement des déchets, leur stockage pendant des milliers d'années...), il a un rendement énergétique faible et des émissions de CO2 importantes.
  • ...

En conclusion, si les thèses de Ray Kurzweil sont optimistes, que nous partageons certains de ces constats (notamment sur le côté obsolète du nucléaire) et que cela donne un certain espoir concernant l'avenir énergétique de la planète, son raisonnement ne prend pas en compte la nécessaire remise en question du système socioéconomique basé sur la (sur)consommation, la (sur)production de déchets... qui, comme le démontre Tim Jackson ne prend pas en compte le caractère limité des ressources, qui ne procure pas de bien-être à la majorité de la population et qui n'est pas durable. Ce même système qui pollue énormément et fonctionne grâce aux déséquilibres sociaux et environnementaux à l'échelle planétaire. Rappellons nous que moins de 20% de la population mondiale (les occidentaux) en profitent largement en consommant 80% des ressources de la planète.

Ray Kurzweil, aussi brilliant soit-il, ferait bien d'intégrer cette réalité dans son raisonnement pour que ses analyses et prédictions gagnent en pertinence.

 

 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 07:00

petrole.jpg« Cher pétrole, Trop cher pétrole », et ce n’est probablement qu’un début !

Devant cette situation, comment prendre conscience et entamer une transition ?

 

Dans cet article publié dans le magazine "Ici & Maintenant" (n°26 Janvier-avril 2011), Ezio Gandin, un docteur en sciences membre de l'ASPO Belgique (Association pour l'étude du pic du pétrole et du gaz) et président des Amis de la Terre - Belgique met en lumière la hausse des prix du pétrole et l’utopie des pétroles non conventionnels, et nous invite à une prise de conscience qui peut devenir porteuse d’actions concrètes au quotidien pour entamer une démarche de transition vers l’« après-pétrole-bon-marché ».

 

Nous ne résistons pas à la tentation de vous proposer un extrait de ce très bon article disponible dans son intégralité en cliquant ici :

"Prendre conscience, entamer une transition ! Devenir moins dépendant du pétrole individuellement et collectivement : entamer une transition ?

Lorsque l’on prend conscience que nous n’avons pas de plan « B » pour remplacer le pétrole au niveau mondial ; lorsque l’on prend conscience des impasses dans lesquelles cette disponibilité d’une énergie facile, très bon marché et presque illimitée nous place; lorsque l’on examine les chiffres les plus réalistes des réserves mondiales d’énergie fossile mais aussi de matières premières aussi essentielles que le cuivre ; lorsque l’on prend conscience des énormes inégalités dans la répartition de cette énergie ; lorsque, lorsque ...

On peut déprimer, mettre la tête dans la sable ou réagir individuellement et collectivement pour se préparer à des jours moins sombres qu’annoncés.

Au niveau individuel, il existe mille et une façons de réduire sa dépendance directe et indirecte au pétrole : de l’isolation de son habitation à l’abandon progressif de l’usage de la voiture en passant par la réduction de toutes ses (sur)consommations dont celle vestimentaire et plus encore alimentaire. Ainsi faire preuve de frugalité, réduire sa consommation de viande, manger de saison des aliments de proximité sont des actions individuelles fortes pour
contribuer à réduire cette pression sur le pétrole. Et cela nous pouvons toutes et tous le faire sans aucun investissement financier en ayant, en plus, la satisfaction d’aller une étape plus loin dans le respect du 5ème entraînement (transformation et guérison / consommation juste).


Au niveau collectif, il faut mettre en évidence les initiatives de transition qui fleurissent un peu partout dans le monde occidental depuis 2-3 ans (4)."

(...)

Reconnaître la réalité du pic pétrolier

La vidéo suivante, issue de la chaîne du sitre Transition-énergie qui informe sur la fin du pétrole bon marché, présente des experts qui s'expriment sur ASPO TV au sujet du pic pétrolier, de ses conséquences sur nos vies et de l'importance de se mettre en action tout de suite.

 

 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 21:45

chevaux-poubelles-media_xl_4110721.jpg

Depuis plusieurs mois déjà, un projet atypique prend forme à Schaerbeek :

des chevaux de trait pour collecter les déchets, arroser les parterres ou promener les enfants…

Depuis le 21 mars , les deux hongres sont installés dans leurs nouveaux box au parc Josaphat.

Comme un retour aux sources

Aux côtés de Gribouille et Camille, les ânes qui arpentent déjà les allées du parc, les chevaux Taram et Vouziers – après avoir trouvé leurs marques – remplaceront l’un des trois camions poubelles pour le ramassage des déchets. Quatre agents communaux ont suivi une formation qui leur permettra d’accompagner les chevaux et de manipuler les véhicules « propres » nouvellement acquis. Ainsi, la voiture de collecte permettra de récolter les déchets des poubelles publiques. Et la voiture de transport de personnes, quant à elle, pourra conduire les enfants à la piscine communale ou transporter des personnes à mobilité réduite. Pour croiser les deux chevaux dans les rues schaerbeekoises il faudra attendre quelque peu: leur période de rodage s’étend jusqu’au mois d’août, afin que le projet soit pleinement opérationnel pour le mois de septembre. Voir des chevaux dans la ville nous renvoie au temps où – au milieu du 16e siècle – Schaerbeek comptait à peine 600 habitants répartis en 112 maisons. C’était un village presque exclusivement agricole, fort peu industriel.

Une réelle économie

Il va de soi que l’utilisation du cheval dans les activités d’entretien de la commune a un très faible impact environnemental. De plus, acquérir un nouvea véhicule à moteur aurait été plus onéreux et aurait occasionné davantage de frais (carburant, entretien, assurance).

Le cheval, pour se rencontrer

Ce projet comporte également une dimension sociale très importante. C’est ce qui a été constaté lors d’expériences similaires en France : les gens viennent plus facilement au contact du personnel quand celui-ci travaille avec des chevaux. Cela crée un lien social essentiel entre les citoyens et les agents du service propreté qui ne sont pas toujours reconnus pour le travail qu’ils font.

 

 

 

Un autre article publié le 21/03/2011 sur www.7sur7.be.

 

Deux chevaux de trait ardennais seront bientôt à l'ouvrage en soutien au service Propreté & Espaces Verts de la commune de Schaerbeek.

 

Les chevaux Taram et Vouziers, âgés de 5 et 7 ans, remplaceront l'un des trois camions-poubelles pour le ramassage des déchets. Il s'agit d'une première en Belgique.

 

Le projet, qui prend forme depuis plusieurs mois, sera complètement opérationnel à partir de septembre. Quatre agents communaux ont suivi une formation pour accompagner les chevaux et manipuler les véhicules nouvellement acquis, qui permettront d'accomplir plusieurs missions: la voiture de collecte sera utilisée pour récolter les déchets des poubelles publiques, tandis que la voiture de transport de personnes pourra conduire les enfants à la piscine communale ou transporter des personnes à mobilité réduite.

Outre un avantage écologique, l'utilisation de chevaux présente un avantage économique: acquérir un nouveau véhicule à moteur aurait été plus onéreux et aurait engendré plus de frais à long terme, avec l'assurance et le carburant, notamment.

(...)

 

Retrouver l'article original en cliquant ici :  7s7 logo2

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 12:07

japon_seisme_gens_nucleaire.jpg

 

Un texte du journaliste Michel Bernard issu de la "S!berlettre n°32 bis - 16 mars 2011" de la revue S!lence.

Je suis en colère

Je suis en colère parce que l'accident de Tchernobyl n'a pas servi de leçon. Et que l'on continue à entendre et lire les mêmes mensonges sur le nucléaire dans les médias.

Je suis en colère quand j'entend à la radio, un haut responsable du nucléaire français nous dire qu'on ne peut remettre en cause le nucléaire : "personne n'a envie de revenir à la bougie". Que je sache, dans les pays européens qui n'ont pas de centrales nucléaires (Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Portugal…), y-en-t-il où l'on s'éclaire à la bougie ? Il n'y a que 441 réacteurs nucléaires dans le monde (dont 58 en France, 55 au Japon)… dans seulement 31 pays, tous les autres pays s'en passent.

Je suis en colère quand en 1979, après l'accident nucléaire de Three-Mile Island, on nous a dit que c'était parce que les Américains étaient moins forts que nous ; quand en 1986, après l'accident de Tchernobyl, on nous a dit que les Russes étaient moins fort que nous… et que je lis aujourd'hui que les Japonais sont moins forts que nous… De qui se moque-t-on ?

677479_japon-nucleaire-fukushima.jpgJe suis en colère quand on me dit que l'on peut continuer à exploiter encore des vieux réacteurs comme Fessenheim en Alsace (qui a trente ans) parce que "plus il est vieux, mieux on connait un réacteur". Ce n'est pas parce que vous connaissez bien les défauts de votre vieille voiture qu'elle tombe moins souvent en panne et moins gravement. (Le réacteur Fukushima-Daiichi 1, qui vient d'exploser avait 40 ans et a été autorisé à continuer de fonction ner pour dix ans en février 2011 !).

Je suis en colère quand on nous dit que l'on ne peut se passer du nucléaire en France, parce que cette énergie fournit près de 80 % de notre électricité. C'est oublier que l'électricité n'est pas la principale source d'énergie (c'est le pétrole) et que le nucléaire ne représente que 17 % de notre énergie. Si l'on voulait s'arrêter, on pourrait s'appuyer sur une solidarité au niveau de l'Europe : là, le nucléaire ne représente que 35 % de l'électricité et seulement 9 % de l'énergie ! Il suffirait donc d'économiser 9 % pour s'en passer !

Je suis en colère parce qu'au nom de la défense de la croissance économique, les programmes énergétiques français ou européens, négligent toujours plus ou moins le potentiel des économies d'énergies, préférant la surconsommation, éventuellement alimentée par le recours aux énergies renouvelables. Or l'énergie la plus propre reste celle que l'on ne consomme pas. En adoptant les meilleures techniques disponibles et en évitant les comportements énergivores, nous pourrions diviser par 4 notre consommation en une vingtaine d'années.

Je suis en colère parce que les discours économiques nous polluent : on nous dit qu'arrêter un réacteur nucléaire, ce serait de l'argent gaspillé… mais les 1000 milliards d'euros déjà dépensé en 25 ans pour la gestion de la catastrophe de Tchernobyl (et c'est loin d'être terminé), ce n'est pas un gaspillage encore plus grand ? Mille milliards d'euros, c'est sensiblement le coût qu'il a fallut dépenser pour const ruire l'ensemble des 441 réacteurs actuellement en fonctionnement.

Au-Japon-apres-le-seisme-meurtrier-la-peur-d-un-accident-nu.jpgJe suis en colère parce que je sais que l'on peut arrêter relativement rapidement le programme nucléaire français, qu'il existe de multiples scénarios de sortie sur le sujet (de 2 à 30 ans selon les efforts qu'on veut bien consentir).

Je suis en colère quand j'entends mon gendre, 25 ans, ingénieur dans le photovoltaïque, me dire qu'il cherche un nouveau travail car la profession est sinistrée suite aux récentes décisions du gouvernement.

Je suis en colère quand mon fils, 20 ans, me dit : "à quoi ça sert de faire des études si dans cinq ans on a tous un cancer" (et il ne pense pas qu'au nucléaire, mais aussi à la pollution atmosphérique, aux pesticides…).

Alors j'agis

Alors j'agis, je me suis investi depuis une trentaine d'années dans les médias écologistes pour faire circuler une information moins déloyale et j'incite les journalistes et les lecteurs à prendre le temps d'eux aussi chercher où est la vérité. Comment peut-on encore minorer l'importance de la pollution radioactive au Japon alors que les images sur internet nous montrent les réacteurs en flamme ?

Alors j'agis et je m'engage dans l'une des 875 associations qui animent le Réseau Sortir du nucléaire pour demander à nos élus de faire pression pour un changement de politique dans le domaine de l'énergie. (www.sortirdunucleaire.org)

Alors j'agis au niveau local en rejoignant les nombreux groupes locaux qui travaillent à des plans de descente énergétique qui nous permettront de diminuer la menace nucléaire, mais aussi notre dépendance à un pétrole qui va être de plus en plus rare. (www.transitionfrance.fr)

Alors j'agis car aujourd'hui si le lobby nucléaire arrive à manipuler élus et médias, c'est parce que nous ne nous indignons pas assez !

Michel Bernard
Journaliste à la revue Silence

 

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 11:57

ishibashi.jpg

 

"A moins que des mesures radicales ne soient prises pour réduire la vulnérabilité des centrales aux tremblements de terre, le Japon pourrait vivre une vraie catastrophe nucléaire dans un futur proche".


Cet avertissement est tiré d'un article paru le 11 août 2007 dans le quotidien International Herald Tribune/Asahi Shimbun.

 

Son auteur est le sismologue Ishibashi Katsuhiko, professeur à l'université de Kobe. Ishibashi Katsuhiko faisait partie du comité d'experts chargé d'établir les normes sismiques des centrales nucléaires japonaises. Il en avait démissionné pour protester contre la position du comité. Il estimait que les recommandations fixées par le comité étaient beaucoup trop laxistes.

 

Une information issue de la "S!berlettre n°32 bis - 16 mars 2011" de la revue S!lence.

 

 

 

 

Voici le texte de présentation de ce numéro supplémentaire de la S!berlettre :

 

Un Tchernobyl japonais !

Bonjour,

de manière tout à fait exceptionnelle, l'équipe de Silence a décidé d'utiliser cette liste de s!berlettre mensuelle pour vous envoyer les informations qui suivent.

Conformément à notre vocation de média indépendant, nous vous envoyons des informations destinées à éclairer la compréhension de la catastrophe nucléaire qui se déroule actuellement au Japon.

Vous trouverez également une tribune de Michel Bernard, "Je suis en colère", ainsi qu'un texte envoyé par un membre d'Attac-Japon, et le lien vers l'agenda des manifestations prévues.

Merci de faire circuler cette lettre aussi largement que possible.

Anti-nucléairement vôtre,

L'équipe de Silence.

 

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 18:35

De-Schutter-arton16193-29d48.jpgSources multiples, dont une interview du mardi 8 mars 2011 par TerraEco.net et le site ecolorama.fr.

Le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter a présenté ce mardi 8 mars à l'ONU une étude montrant que l’agro-écologie peut aider à nourrir la planète de manière durable.

Il a également déclaré qu'une agriculture dépendant du pétrole, qui est donc dépendante des cours et de la disponibilité du pétrole sur le marché, va droit dans le mur.

 

Terra eco : L’indice FAO des prix alimentaires et les prix du pétrole sont en très nette hausse depuis plusieurs mois. Y-a-t-il un risque de crise alimentaire, comme en 2008 ?

 

Olivier De Schutter : Nous sommes en plein dans une crise alimentaire majeure. L’augmentation des cours du blé, du soja et du maïs ont été spectaculaires depuis le début du mois d’août à la suite de chocs météorologiques qui sont survenus dans de nombreux pays producteurs comme la Russie, le Kazakhstan, et dans une moindre mesure le Lesotho et l’Afrique du Sud.

 

Contrairement à l’année 2008, il existe cette année vrais problèmes de production sur plusieurs denrées comme les céréales et le cacao. Sommes-nous face à un réel déficit de nourriture ou est-ce le marché qui est toujours aussi peu efficient ?

 

"Nous ne sommes pas dans une situation où l'agriculture peut seulement consister à augmenter la production. Le sujet doit aussi être de limiter notre impact sur les éco-systèmes (...) et d'augmenter les revenus des agriculteurs", estime M. De Schutter.

Il n’y a pas de pénurie au sens physique du terme. Mais la tension est toujours plus grande entre l’offre et la demande,

et les stocks sont opaques et restreints. Dès qu’une mauvaise nouvelle arrive, les marchés s’affolent. La Jordanie, par exemple, a récemment importé du blé. Si tout le monde fait ça, cela peut devenir intenable, avec une rareté artificielle, qui produit les mêmes effets qu’une pénurie. La situation est donc à mon sens encore plus inquiétante qu’en 2008, et je suis très pessimiste et inquiet sur l’évolution des prix qui devraient rester élevés jusqu’au mois de septembre 2011.

 

Quelle part de responsabilité peut-on attribuer à la spéculation agricole dans l’augmentation des prix ?

 

Des acteurs financiers attirés par le profit immédiat sont arrivés sur les marchés agricoles, en jouant sur les contrats à terme. Ils représentent aujourd’hui la majeure partie des échanges. C’est ce phénomène qui a beaucoup joué dans l’accélération de la hausse des prix en 2008. On ne peut pas chiffrer la part de responsabilité, mais ce qui est sûr c’est que la spéculation aggrave la volatilité des prix. Si notre système de production agricole fonctionnait mieux, la spéculation n’aurait pas d’effet. La spéculation prospère sur l’incertitude. Je tiens à préciser que l’on ne peut pas résoudre l’un des problèmes sans s’attaquer à l’autre.

"Développer l'agroécologie, méthode basée sur le renouvellement des sols en bannissant les engrais chimiques, peut permettre d'améliorer les rendements dans les régions les plus pauvres tout en étant plus adaptée au changement climatique"  estime le rapport de l'ONU publié le mardi 8 mars 2011.

Dans votre rapport, vous avancez une solution qui peut à la fois permettre d’assurer la sécurité alimentaire et un mode de développement propre. Expliquez-nous...

  tracteur pulverisation

Il existe une solution pour augmenter la productivité de l’agriculture de manière durable, c’est l’agro-écologie. Elle peut nourrir la planète. Aujourd’hui, les agriculteurs utilisent principalement des pesticides et engrais pour augmenter leur productivité. Or ces produits sont importés, c’est extrêmement périlleux. De plus, leurs prix dépendent du cours du pétrole et ont augmenté beaucoup plus vite que ceux des denrées alimentaires. Malheureusement, une agriculture qui dépend d’énergies fossiles est une agriculture qui va dans le mur. Au contraire, l’agro-écologie est un mode de production qui mise sur les cycles de la nature pour augmenter la productivité. C’est beaucoup moins onéreux pour les producteurs et plus durable. Ils n’ont pas besoin de s’endetter par exemple pour acheter des tracteurs ou des intrants.

 

Quelles sont ces méthodes qui permettent d’augmenter la productivité ?

 

Selon M. De Schutter, "les rendements ont déjà augmenté de 1 t/ha à 2 à 3 t/ha avec de telles pratiques".

L'agroécologie permet par ailleurs une meilleure adaptation au changement climatique, les terres supportant mieux les phénomènes de sécheresse ou d'inondations, mais une réduction des émissions de gaz à effet de serre notamment car la gestion des sols permet un meilleur stockage du carbone.

L'agroécologie, si elle apparaît dans un premier temps judicieuse dans les pays en développement, gagne aussi du terrain dans les pays développés comme les Etats-Unis, l'Allemagne et la France, précise l'auteur.

Globalement, toutefois, la méthode "est encore insuffisamment appuyée par des politiques publiques ambitieuses et va donc rarement eu-delà du stade expérimental", regrette M. de Schutter, qui appelle les Etats à faire plus de place à l'agroécologie dans leurs stratégies de développement.

Typiquement, la méthode dites du « push-pull » est très efficace et durable. En plaçant des plantes qui repoussent les insectes entre les lignes de maïs et en en plantant d’autres qui les attirent en dehors de champs, on parvient à jouer la nature contre la nature pour augmenter les productions. Et au lieu de reproduire le processus industriel destructeur, on a un système cyclique qui produit ses propres intrants. J’aime parler d’une usine à pesticides au milieu du champ. On s’est aussi rendu compte qu’il est beaucoup plus efficace de placer des canards et des poissons dans les rizières, d’abord parce qu’ils mangent les larves qui réduisent les rendements, mais en plus ils fertilisent les champs et ils représentent une source de protéines pour l’agriculture et sa famille.

 

Quelle chance ce modèle a-t-il de réussir ? Jusqu’ici, le modèle de développement et d’investissement voulait que pour produire plus il fallait plus d’intrants, des exploitations toujours plus grandes...

 

Il sera très difficile d’opérer cette transition mais le pic pétrolier nous condamne à le faire avant qu’elle s’impose à nous. C’est une question cruciale aujourd’hui, alors que de nombreux pays se sont engagés à investir à nouveau dans l’agriculture. Et la grande question à se poser est : est-ce que ces investissements vont être faits de manière intelligente ? Les plus grands obstacles sont dans les têtes. Il faut lutter contre les préjugés négatifs qui entourent l’agriculture. On ne voit la modernisation que dans un sens, celui des pays développés. Mais il ne faut plus seulement se demander combien l’on produit mais aussi qui produit, où et comment. Les révolutions vertes n’ont fait qu’augmenter les quantités produites, mais de nombreux pays n’en ont pas bénéficié, et jamais on ne s’est soucié des impacts environnementaux. A quoi bon développer des cultures massives et uniformes destinées à être exportées dans un marché très concurrentiel et subventionné si cela sert juste à obtenir des devises étrangères avec lesquelles on achètera des intrants ?

 

Mais la transition que vous préconisez peut-elle se faire à moindre coût ?

 

L’agro-écologie permet non seulement d’augmenter la productivité, mais en plus elle réduit les coûts de production. C’est donc beaucoup plus efficace pour lutter contre la pauvreté et cela peut permettre de lutter contre la désertification rurale. Et en produisant des produits issus de l’agro-écologie, moins uniformes, on produit à destination des marchés locaux ou régionaux. Le problème c’est que ce discours s’oppose à beaucoup d’intérêts établis. Ne serait-ce que parce que si les investissements sont faits dans les savoirs et plus dans les intrants, il y aura moins de produits brevetés commercialisés...

 

 

"A ce jour, les projets agroécologiques ont montré une augmentation moyenne des rendements de 80% dans 57 pays en développement, avec une augmentation moyenne de 116% pour tous les projets africains", affirme-t-il.

Le rapport présenté mardi au Haut-commissariat aux droits de l'homme, à Genève, suggère que les petits agriculteurs, dans certaines régions du monde, pourraient doubler leur production d'ici à dix ans avec une telle méthode.

 

 

Cliquer ici pour trouver le rapport présenté à l'ONU et le communiqué de presse.

 


Pour en savoir concernant l'agriculture, l'alimentation, la permaculture et la Transition:


 

 


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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 17:37

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La Direction générale Statistique et information économique a publié le 3 mars 2011 l'information suivante :

 

"En 2009, notre pays a produit 91.222 GWh d’électricité, soit une hausse de 7% par rapport à l’année précédente.

  •  
    • Les centrales nucléaires en ont généré un peu plus de la moitié (51,8%). Vingt ans plus tôt, leur part s’élevait encore à 60,2%.  
    • La production a surtout augmenté dans les centrales à combustibles fossiles. En 2009, 44,9% de notre production d’électricité provenait des combustibles classiques, le gaz, le charbon et le pétrole, contre seulement 38,5% en 1990.
    • L'énergie hydraulique arrive en troisième position et assure 1,9% de notre production d’électricité (pour seulement 1,3% en 1990). 
    •  L’énergie verte a elle aussi progressé. En un an, les panneaux photovoltaïques ont produit quatre fois plus d’électricité. La quantité d’électricité issue des éoliennes s’est accrue de plus de la moitié (+ 56%).
       

Les hausses de production d'énergie verte peuvent sembler spectaculaires mais il faut garder à l’esprit que l’électricité photovoltaïque et l’énergie éolienne réunies ne représentent encore que 1,3% de notre production totale d’électricité."

 

production d'électricité en résuméComme le montre ce tableau résumé publié par La Direction générale Statistique et information économique dans sa newsletter du 3 mars 2011, la part de production des énergies renouvelables reste très faible en Belgique.

 

Quand on sait que la production a surtout augmenté dans les centrales à combustible fossiles, on est en droit de se demander ce que font les autorités alors que ces mêmes énergies fossiles, ainsi que l'uranium, sont des ressources limitées qui deviendrons très rare ou seront épuisées dans le courant de ce siècle. Comment pourrons-nous nous fournir en électricité à un prix abordable lorsque ces sources d'énergie seront devenues rares si presque rien n'est fait dès aujourd'hui pour que notre économie puisse s'en passer ? Comment notre population pourra-t-elle s'en sortir si rien n'est fait ?

 

On comprend également mieux pourquoi certains fournisseurs d'énergie verte bien connus mentent aux citoyens en leur vendant de l'électricité renouvelable, qui en fait ne l'est pas vraiment...

 

Une autre question que l'on est en droit de se poser en voyant que la production a encore augmenté cette année, et surtout à partir d'énergies fossiles, c'est la question de la justice climatique. Avons-nous, en Belgique,  le droit de continuer à émettre encore plus de gaz à effets de serre qui vont empirer les effets des changements climatiques, qui sont surtout ressentis dans d'autres régions du globe où l'on émet beaucoup moins de CO2 ?

 

Il est grand temps d'envisager l'avenir à partir d'un plan de diminution de la consommation d'énergie couplé avec une diminution des émissions de CO2 et une augmentation de la résilience locale. C'est cela que le mouvement des villes en transition veut promouvoir à partir du niveau local.

Plus d'informations sur la production brute d'électricité en Belgique

Production-brute-d-electricite-statbel-copie-1.JPG

 

production brute d'électricité Tableau statbel

 

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J.D. 

 

Pour en savoir plus sur l'énergie et la Transition


 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 20:00

Logo_TTDeventer1.jpg"Les visionnaires du « Mouvement des villes en transition » planifient pour demain une ville capable de se passer des énergies fossiles."

 

C'est avec cette phrase qu'arte présente son reportage de 5 minutes (diffusé le 28 mars 2010) sur le Mouvement des villes en transition à Deventer, aux Pays Bas.

 

Il s'agit d'une ville de 85 000 habitants, où le projet de ville en transition a commencé à la fin de l'année 2008. On y découvre qu'il y avait déjà plus de 60 villes en transition aux Pays Bas en 2008.

 

La famille que le reportage présente a pris des décisions assez radicales concernant son mode de vie. Que l'on veuille aller aussi loin qu'eux ou non n'est pas la question du reportage. Dans le mouvement de la transition, chaque personne est libre de prendre le chemin qu'elle souhaite emprunter. Le point commun entre les trajectoires de chacun étant la volonté de diminuer sa dépendance aux énergies fossiles et donc en même temps ses émissions de gaz à effet de serre.

Il est plus que probable dans notre contexte, qu'on le veuille ou non, qu'une augmentation de la résilience par la relocalisation de tout ce qui peut l'être sera nécessaire. Cette relocalisation sera également bénéfique au niveau économique, car notre système mondialisé spéculatif actuel va de crise en crise. Dans un système économique relocalisé, la crise d'un secteur, quel qu'il soit, ne se transmettrait pas aussi rapidement, et souvent pas du tout, partout autour du globe. La crise resterait d'une taille plus réduite, plus locale, et serait donc beaucoup moins grave.

Le scénario de la transition consiste à faire le choix d'un mode de vie futur qui pourrait bien être beaucoup plus agréable à vivre que le présent. Nos choix d'aujourd'hui peuvent donc nous procurer demain plus de bien être que la société de compétition et de consommation, qui est essentiellement génératrice d'angoisses. Ces angoisses, amplifiées par la publicité, sont le moteur des achats : "si je n'ai pas le gadget dernier cri, je suis angoissé car les autres l'ont ou vont l'avoir".

 

C'est dans ce sens que ce reportage apporte un plus. Le développement d'initiatives collectives comme les villes en Transition apporte un élan et de l'optimisme, des idées, du courage et une vision de l'avenir plus positive...

 

Le reportage termine sur cette phrase : "Le mouvement ville en transition veut que l'écologie frappe à toutes les portes. Ce rêve peut paraître un peu naïf, mais c'est bien plus efficace que de ne rien faire, et d'attendre la prochaine conférence sur le climat".

 

Vous pouvez découvrir ce reportage ici et maintenant !

 

 

 

Pour en savoir plus sur la Transition


 

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